Un responsable iranien avertit : « Une attaque contre l’Iran mènera à une guerre totale » ; Trump : « L’armada est en route »

La tension entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil critique. Alors qu’une imposante force navale et aérienne américaine se déploie vers le Moyen-Orient, un haut responsable iranien a averti que toute attaque contre la République islamique serait désormais considérée comme une « guerre totale », appelant une riposte d’une ampleur maximale. En parallèle, le président américain Donald Trump a confirmé l’envoi d’une « armada » vers la région, tout en affirmant espérer ne pas avoir à s’en servir.

Dans une déclaration rapportée vendredi par l’agence Reuters, un responsable iranien de haut rang a affirmé que Téhéran se trouvait en état d’alerte élevé face au renforcement militaire américain. « L’accumulation des forces militaires – nous espérons qu’elle n’est pas destinée à une confrontation réelle – mais notre armée est prête au pire scénario », a-t-il déclaré. Selon lui, l’Iran ne fera plus de distinction entre une frappe limitée, ponctuelle ou de grande envergure. « Cette fois, toute attaque – quelle que soit la manière dont on la qualifie – sera considérée comme une guerre totale contre nous, et nous répondrons de la manière la plus sévère possible. »

Le responsable a ajouté que toute violation de la souveraineté iranienne ou de son intégrité territoriale entraînerait une réponse ferme, sans toutefois en préciser la nature. Cette rhétorique marque un durcissement notable du discours officiel iranien, dans un contexte où les mouvements militaires américains sont de plus en plus visibles et difficilement interprétables comme de simples exercices de dissuasion.

Selon plusieurs sources concordantes, une force navale américaine de grande ampleur est actuellement en route vers le Moyen-Orient. Elle comprend une porte-avions, plusieurs navires de guerre et plus de cent avions de combat, destinés à renforcer la posture militaire américaine dans la région. Le symbole central de ce déploiement est la porte-avions USS Abraham Lincoln, déjà mentionnée dans plusieurs rapports de presse comme devant rejoindre la zone de responsabilité du CENTCOM.

Dans ce contexte tendu, le commandant du CENTCOM, le général Brad Cooper, est attendu en Israël pour une série de réunions avec de hauts responsables sécuritaires israéliens. L’information a été rapportée par la chaîne publique israélienne Kan 11. Selon la même source, des responsables israéliens ont tenu à rassurer la population en indiquant qu’aucune attaque iranienne imminente n’était identifiée à ce stade et que, le cas échéant, une alerte suffisante serait donnée aux civils.

Les déclarations de Donald Trump sont venues renforcer le climat d’incertitude. Jeudi, alors qu’il rentrait aux États-Unis depuis le Forum économique mondial à Davos, le président américain a reconnu publiquement l’ampleur du déploiement militaire. « Nous avons envoyé une armada dans cette direction, et j’espère que nous n’aurons pas à l’utiliser », a-t-il déclaré. « Je préfère que rien ne se produise, mais quoi qu’il arrive, nous avons beaucoup de navires en route. »

Trump a également fait référence à des événements récents en Iran, affirmant que des menaces américaines avaient conduit Téhéran à reculer sur certaines exécutions. « J’ai dit : si vous pendez ces gens, vous serez frappés plus durement que jamais, et ils ont annulé », a-t-il affirmé, sans fournir de détails supplémentaires. Ces propos, fidèles à son style direct et dissuasif, ont été largement relayés par les médias internationaux.

Le vice-président américain J. D. Vance a lui aussi commenté le renforcement militaire. Selon lui, il s’agit avant tout de s’assurer que Washington dispose d’options crédibles. « Des forces américaines sont déjà présentes dans la région et pourraient être mises en danger », a-t-il expliqué. « Le président veut s’assurer que si l’Iran faisait quelque chose de très imprudent, les États-Unis aient les moyens nécessaires pour réagir. »

Parallèlement au volet militaire, les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions visant des entités liées à l’Iran. Plus tôt vendredi, le département du Trésor américain a indiqué que des mesures restrictives seraient imposées à des entreprises associées à Téhéran, dans un contexte marqué à la fois par la répression violente des manifestations en Iran et par la coupure quasi totale d’Internet dans le pays. Dans un message publié sur le réseau X, le Trésor a précisé que les sanctions ciblaient neuf navires, ainsi que leurs propriétaires ou sociétés de gestion, accusés d’avoir transporté pour des centaines de millions de dollars de pétrole et de produits pétroliers iraniens vers des marchés étrangers.

Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie de pression maximale assumée par l’administration Trump, combinant dissuasion militaire et asphyxie économique. À Washington, les responsables insistent sur le fait que ces mesures visent à limiter la capacité du régime iranien à financer ses activités régionales et à réprimer sa population. À Téhéran, en revanche, elles sont perçues comme un acte d’hostilité supplémentaire, renforçant le sentiment d’encerclement.

Pour les observateurs internationaux, la situation actuelle rappelle les moments les plus tendus des relations irano-américaines de ces dernières décennies. La présence simultanée d’une force navale massive, de déclarations présidentielles explicites et de menaces directes de la part de responsables iraniens accroît le risque de mauvais calcul ou d’escalade involontaire. Même si aucune des parties n’affirme rechercher un conflit ouvert, chacune se prépare manifestement au pire.

En Israël, ces développements sont suivis de très près. Le pays, régulièrement ciblé par les déclarations iraniennes et considéré comme un acteur central de la confrontation régionale, se trouve en première ligne d’un éventuel embrasement. La visite du général Brad Cooper souligne l’étroite coordination entre Washington et Jérusalem, dans un contexte où toute évolution rapide pourrait avoir des répercussions immédiates sur la sécurité régionale.

À ce stade, aucune attaque n’a été déclenchée et aucun calendrier précis n’est évoqué publiquement. Mais les mots employés de part et d’autre, tout comme les mouvements militaires observés, traduisent une réalité claire : le Moyen-Orient entre dans une phase de tension extrême, où la frontière entre dissuasion et confrontation devient de plus en plus ténue. Comme l’a résumé le responsable iranien cité par Reuters, « l’Iran est prêt au pire scénario ». Reste à savoir si la diplomatie parviendra, une fois encore, à empêcher que cette armada ne soit réellement utilisée.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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