Le nom de la seconde victime de l’accident mortel survenu dans la nuit de jeudi à vendredi sur la route 65, dans le nord d’Israël, a été autorisé à la publication. Il s’agit d’Ayelet Granit, quadragénaire, instructrice en équitation thérapeutique, résidente du moshav Merhavia. Elle a perdu la vie alors qu’elle tentait de porter secours à des blessés impliqués dans un premier accident sur le bas-côté de la route. Le drame a également coûté la vie à Barak Bar, 22 ans, récemment démobilisé de la police des frontières (Magav).
Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs membres de la famille de Barak Bar circulaient en direction d’Afula lorsqu’ils ont remarqué un accident de la route survenu sur le côté de la chaussée, près du carrefour HaSargel. Ils se sont arrêtés pour aider les personnes impliquées. C’est à ce moment-là qu’un troisième véhicule est arrivé sur les lieux et a violemment percuté les personnes se trouvant sur la bande d’arrêt d’urgence. Ayelet Granit, qui s’était également arrêtée pour prêter assistance, a été mortellement touchée.
Outre les deux victimes décédées, quatre personnes ont été blessées lors de l’événement, dont deux membres de la famille de Barak Bar, grièvement et modérément atteints. Les équipes de Magen David Adom sont intervenues rapidement sur place pour prodiguer les premiers soins et évacuer les blessés vers les hôpitaux de la région.
La disparition d’Ayelet Granit a profondément bouleversé la communauté locale. Née et élevée à Hadera, elle avait servi dans Tsahal en tant qu’instructrice sportive. À un moment de sa vie, elle avait également vécu aux États-Unis, avant de revenir s’installer dans le nord du pays. Ces dernières années, elle louait une unité d’habitation à Merhavia, à proximité de la ferme équestre où elle travaillait comme instructrice en équitation thérapeutique.
Pour ses proches et ses collègues, Ayelet était avant tout une femme dont la vie tournait autour des animaux. « Elle ne savait pas passer devant un chat errant sans s’arrêter », raconte une amie proche. « Chaque animal était pour elle un membre de la famille. » Cette sensibilité se reflétait pleinement dans son travail avec les enfants, en particulier ceux confrontés à des difficultés émotionnelles, comportementales ou physiques.
À la ferme équestre de Havat Gazit, où elle avait exercé pendant plusieurs années, l’annonce de sa mort a provoqué une onde de choc. Dans un hommage publié par l’équipe, ses anciens collègues ont souligné son professionnalisme, sa responsabilité et son engagement total auprès des enfants. « Ayelet était une instructrice dévouée et une excellente employée. Les enfants l’aimaient énormément, s’attachaient à elle, et elle savait comment les approcher avec sensibilité, patience et sourire », ont-ils écrit. « Lorsqu’elle a quitté la ferme en juin dernier, cela nous a profondément attristés, car il était clair pour tous à quel point elle comptait pour les enfants et pour le cœur du lieu. »
Les témoignages concordent tous sur un point : Ayelet possédait une capacité rare à voir chaque enfant individuellement. « Elle avait une patience infinie, une douceur exceptionnelle et une capacité à comprendre réellement chaque enfant », raconte un autre instructeur ayant travaillé à ses côtés. « Elle savait apaiser, renforcer la confiance, donner un sentiment de sécurité. Les enfants l’adoraient tout simplement. »
Son choix de s’arrêter pour aider des inconnus blessés n’étonne pas ceux qui l’ont connue. Pour eux, il s’agissait d’un prolongement naturel de sa personnalité. « Elle ne pouvait pas rester indifférente », confie une connaissance. « Si quelqu’un avait besoin d’aide, elle s’arrêtait, sans hésiter. » Cette impulsion altruiste lui a coûté la vie, mais elle illustre aussi les valeurs qui ont guidé son existence.
Le drame a également plongé dans le deuil la famille de Barak Bar, jeune homme de 22 ans récemment libéré de son service comme combattant dans la police des frontières. Selon les informations publiées, plusieurs membres de sa famille se trouvaient avec lui au moment où ils se sont arrêtés pour porter secours. Deux d’entre eux ont été gravement blessés lors de la collision provoquée par le troisième véhicule.
Les enquêteurs de la police routière poursuivent leurs investigations afin de déterminer avec précision les circonstances de l’accident, notamment la vitesse et le comportement du conducteur du véhicule impliqué dans la collision secondaire. Les autorités rappellent régulièrement le danger extrême que représente l’arrêt sur le bas-côté de routes interurbaines, en particulier de nuit, même lorsqu’il est motivé par une volonté d’aider.
Sur les réseaux sociaux et dans les communautés locales, de nombreux messages rendent hommage à Ayelet Granit, soulignant son humanité, sa générosité et son impact durable sur la vie de nombreux enfants. Pour beaucoup, elle incarne une figure silencieuse mais essentielle du tissu social : celle qui, loin des projecteurs, change des vies par des gestes quotidiens de bonté et d’attention.
Alors que les familles endeuillées se préparent aux funérailles et aux jours de deuil, le souvenir d’Ayelet Granit demeure étroitement lié à l’image d’une femme qui a choisi, jusqu’à son dernier instant, de tendre la main aux autres. Une tragédie qui rappelle brutalement le prix parfois payé par ceux qui agissent par solidarité, et qui laisse derrière elle une communauté meurtrie, mais déterminée à préserver la mémoire d’une éducatrice que « les enfants adoraient ».
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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