La déclaration publiée dans la nuit par le Bureau du Premier ministre a provoqué une onde de choc légitime. Selon ce communiqué, le passage de Rafah serait ouvert après la fin de l’opération menée actuellement par Tsahal pour retrouver Rani, que l’opération réussisse ou non. Cette ouverture serait justifiée par le fait que « l’ouverture du passage a été conditionnée au retour de tous les otages vivants et à un effort à 100 % du Hamas pour localiser et restituer tous les otages décédés ». Dit autrement, même si Rani n’est pas retrouvé, même si son corps reste entre les mains de l’ennemi, Israël ouvrirait Rafah au motif que le Hamas aurait rempli ses obligations.
C’est précisément là que le raisonnement s’effondre, moralement, stratégiquement et factuellement.
Car que signifie concrètement cette position ? Elle signifie que l’État d’Israël accepte désormais l’idée que l’on puisse renoncer à la restitution d’un soldat israélien si une opération militaire échoue. Elle signifie aussi que la condition fondamentale – la restitution de tous les otages – devient théorique, interprétable, flexible, dépendante d’une appréciation politique et non plus d’un résultat réel. Autrement dit, une ligne rouge nationale est en train d’être gommée.
Mais l’élément le plus révoltant reste l’affirmation selon laquelle le Hamas aurait fourni un « effort à 100 % » pour localiser et restituer les otages. Cette affirmation est non seulement fausse, elle est insultante pour l’intelligence du public et pour la mémoire des victimes.
Le Hamas n’a pas fourni 100 % d’effort.
Le Hamas a fourni 100 % de mise en scène.
100 % de manipulations.
100 % de terrorisme psychologique.
Depuis le 7 octobre, le Hamas a utilisé les otages comme une arme stratégique : vidéos calculées, silences prolongés, informations partielles, listes incomplètes, mensonges délibérés. Il a joué avec les familles, avec l’opinion publique israélienne, avec la communauté internationale. Il a dissimulé des corps, déplacé des otages, nié l’évidence, exploité chaque cessez-le-feu pour se renforcer. Parler d’un « effort total » relève de la fiction politique.
Plus grave encore : même aujourd’hui, l’opération en cours pour retrouver Rani repose exclusivement sur du renseignement israélien. Pas sur une coopération du Hamas. Pas sur des informations fournies par l’ennemi. Tsahal cherche Rani là où il se trouve grâce à ses propres capacités, ses propres sources, son propre sang-froid. Le Hamas, lui, n’a rien donné. Il a tout caché.
Pendant ce temps, le Hamas a fait exactement ce qu’il fait toujours : gagner du temps. Exploiter les pauses, les discussions, les pressions internationales pour se réorganiser, renforcer ses effectifs, reconstruire ses réseaux, préparer la suite. Exactement comme avant le 7 octobre. Exactement comme avant chaque attaque. Exactement comme avant chaque massacre.
Ouvrir le passage de Rafah sans le retour de Rani, vivant ou pour une sépulture digne, ce n’est pas un « geste diplomatique ». Ce n’est pas un compromis. Ce n’est pas une décision humanitaire. C’est une capitulation stratégique et morale.
Et aucune pirouette sémantique ne pourra masquer cette réalité.
Car Rafah n’est pas un simple point de passage. Rafah est un levier. Un des derniers leviers réels dont dispose Israël face au Hamas. Y renoncer sans obtenir ce qui a été posé comme condition absolue, c’est envoyer un message catastrophique : le Hamas peut retenir des corps, mentir, manipuler, terroriser, et malgré tout obtenir ce qu’il veut.
Ce message ne sera pas compris uniquement à Gaza. Il sera entendu à Beyrouth, à Téhéran, à Bagdad, à Sanaa. Il dira à tous les ennemis d’Israël que la pression fonctionne, que la prise d’otages paie, que la persévérance terroriste finit par user la détermination israélienne.
Il y a, en Israël, un principe non négociable depuis des décennies : on ne laisse personne derrière. Ni vivant, ni mort. Ce principe n’est pas un slogan. Il est au cœur du contrat moral entre l’État et ceux qui portent l’uniforme. Le briser, même partiellement, même « temporairement », c’est fissurer un pilier fondamental de la société israélienne.
Reconnaître que « l’opération peut échouer » est une chose. Accepter que cet échec entraîne l’abandon d’un soldat et la récompense de l’ennemi en est une autre. Entre réalisme militaire et renoncement politique, la frontière est claire. Et ici, elle est franchie.
L’ouverture du passage de Rafah sans la restitution de Rani ne serait pas un échec technique. Ce serait un choix. Un choix dangereux. Un choix qui affaiblit Israël. Un choix qui renforce le Hamas. Un choix qui trahit la promesse faite aux familles des otages et aux soldats.
On peut tenter de le maquiller en succès diplomatique. On peut tenter de flatter le Hamas en parlant de « 100 % d’effort ». On peut tenter d’enrober la décision de mots rassurants. Cela ne changera rien à l’essentiel.
Ce serait une reddition déguisée.
Et nous ne l’accepterons pas.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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