Une nouvelle étape préoccupante vient d’être franchie dans l’escalade verbale et stratégique orchestrée par l’axe pro-iranien au Moyen-Orient. Le secrétaire général de Kataib Hezbollah en Irak, organisation armée directement alignée sur l’Iran, a publié ce soir un communiqué officiel appelant explicitement à la préparation d’une « guerre totale » en soutien à la République islamique d’Iran. Le message, d’une extrême violence idéologique, exhorte l’ensemble des milices et combattants affiliés à l’axe à se mobiliser sans réserve au nom de Téhéran.
Kataib Hezbollah, milice chiite irakienne classée comme organisation terroriste par plusieurs pays occidentaux, constitue l’un des piliers opérationnels de la stratégie régionale iranienne. Elle agit à la fois comme force militaire, levier politique et bras armé indirect du régime des mollahs en Irak. Son secrétaire général, Abu Hussein al-Hamidawi, a choisi des termes sans ambiguïté, rompant avec toute tentative de dissimulation stratégique.
Dans son communiqué, al-Hamidawi affirme que « les forces sionistes de tromperie se rassemblent dans une tentative de soumettre, de détruire et d’effacer tous les principes moraux de la surface de la Terre ». Cette rhétorique apocalyptique, caractéristique du discours jihadiste iranien, vise à présenter le conflit non comme une confrontation géopolitique, mais comme une guerre existentielle et quasi religieuse, justifiant tous les moyens.
Le chef de la milice poursuit en appelant explicitement les « forces de l’Axe » à soutenir l’Iran et à lui fournir « toute forme d’assistance possible ». Cette référence directe à l’« Axe de la Résistance » — coalition informelle regroupant l’Iran, le Hezbollah libanais, des milices irakiennes, syriennes et yéménites — confirme la volonté de coordonner une réponse régionale élargie en cas d’affrontement direct impliquant Téhéran.
Plus grave encore, al-Hamidawi adresse une menace directe et explicite aux ennemis de la République islamique : « La guerre contre l’Iran ne sera pas une promenade de santé. Vous goûterez à la mort, et il ne restera rien de vous. » Ce type de déclaration ne relève plus de la propagande interne ; il constitue un message stratégique destiné à dissuader toute action militaire contre l’Iran en annonçant une réaction asymétrique, décentralisée et potentiellement incontrôlable.
Le communiqué franchit un seuil supplémentaire lorsque le dirigeant de Kataib Hezbollah appelle « nos frères, les combattants du jihad », à se préparer concrètement sur le terrain, en particulier dans l’éventualité où « l’autorité » — référence implicite au Guide suprême iranien — émettrait une déclaration officielle de jihad. Cette phrase révèle un élément clé : les milices ne se considèrent pas comme des acteurs autonomes, mais comme des exécutants en attente d’un feu vert religieux et politique venu de Téhéran.
Pour les analystes sécuritaires, cette déclaration s’inscrit dans un contexte régional explosif. La pression internationale sur l’Iran, les tensions militaires croissantes impliquant Israël, les États-Unis et leurs alliés, ainsi que les troubles internes en Iran, poussent le régime à activer ses relais régionaux. Les milices irakiennes, y compris Kataib Hezbollah, constituent un outil privilégié : elles offrent à l’Iran une capacité de nuisance indirecte, tout en maintenant une marge de déni plausible.
Du point de vue israélien et occidental, cet appel à la mobilisation générale confirme les évaluations du renseignement : en cas de confrontation majeure avec l’Iran, le théâtre irakien pourrait devenir un front actif, avec des attaques contre des bases américaines, des intérêts occidentaux et, indirectement, contre Israël via des actions coordonnées de l’axe pro-iranien.
Cette rhétorique de « guerre sainte » souligne également la nature idéologique du conflit. En invoquant un jihad potentiel, Kataib Hezbollah cherche à transformer une crise géopolitique en croisade religieuse, destinée à galvaniser des combattants au-delà des frontières nationales. Cette instrumentalisation du religieux vise à légitimer une violence sans limite et à désigner toute opposition comme moralement et spirituellement illégitime.
En pratique, de telles déclarations augmentent considérablement le risque d’erreurs de calcul. Une mobilisation anticipée de milices armées, souvent peu contrôlées sur le terrain, peut entraîner des attaques locales non coordonnées, susceptibles de déclencher une escalade incontrôlée. L’histoire récente montre que ces groupes, une fois activés, ne se contentent pas toujours d’attendre des ordres formels.
L’appel lancé par Kataib Hezbollah ne signifie pas nécessairement qu’une guerre régionale est imminente, mais il constitue un signal d’alerte clair. Il révèle un climat où la menace, la radicalisation du discours et la préparation psychologique des combattants deviennent des outils stratégiques à part entière.
En définitive, cette déclaration confirme que l’Iran et ses alliés ne se préparent pas seulement à résister diplomatiquement ou militairement, mais cherchent à encadrer idéologiquement un conflit potentiel comme une lutte totale, sans compromis ni limites. Une posture qui, loin de dissuader durablement, accroît le danger d’un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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