Un mouvement diplomatique et sécuritaire majeur mené par la France suscite une vive inquiétude en Israël et pourrait profondément modifier l’équilibre stratégique le long de la frontière nord. Selon des informations publiées ce mercredi par des médias libanais proches du Hezbollah, Paris travaille activement à la mise en place ou au maintien d’une présence militaire européenne renforcée dans le sud du Liban, en contournant à la fois l’accord d’Israël et le cadre formel des Nations unies.
D’après ces révélations, la France mène depuis plusieurs jours une offensive diplomatique intense auprès de plusieurs capitales européennes, notamment Italie et Espagne, afin d’élaborer une nouvelle formule de déploiement militaire. L’objectif affiché serait de garantir la continuité de la présence internationale dans le sud du Liban, officiellement au nom du renforcement de la souveraineté de l’État libanais conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 après la guerre entre Israël et le Hezbollah.
Mais derrière ce discours officiel, Israël voit surtout une tentative de “créer des faits accomplis sur le terrain”, sans coordination sécuritaire réelle et avec une efficacité jugée très faible face à la menace du Hezbollah. À Jérusalem, plusieurs responsables sécuritaires estiment que cette initiative française constitue un pas préoccupant, susceptible d’affaiblir la dissuasion israélienne et de brouiller les lignes de responsabilité au sud du Liban.
Le contexte est déterminant : Paris part du principe que les États-Unis pourraient refuser de soutenir une prolongation formelle du mandat de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) au Conseil de sécurité, lorsque celui-ci arrivera à expiration à la fin de l’année. Face à cette éventualité, la France chercherait une voie alternative, en dehors du cadre onusien classique, afin de maintenir une présence militaire occidentale au Liban avec une couverture diplomatique minimale.
Cette approche serait présentée non pas comme une initiative européenne imposée de l’extérieur, mais comme une “demande souveraine libanaise”, formulée par Beyrouth lui-même. Paris multiplie ainsi les contacts avec des pays arabes et occidentaux afin de donner une légitimité régionale et internationale à ce dispositif, tout en évitant un vote formel au Conseil de sécurité et toute validation explicite d’Israël.
Sur le terrain, le schéma envisagé repose sur une présence européenne dite “flexible”, composée de contingents prêts à opérer avec des règles d’engagement plus souples que celles de la FINUL actuelle. Selon les informations relayées, ces forces seraient théoriquement habilitées à faire face à des groupes armés illégaux et à réduire les frictions entre Tsahal et le Hezbollah.
C’est précisément ce point qui alimente le scepticisme israélien. Depuis des années, les forces internationales déployées dans le sud du Liban sont accusées d’avoir fermé les yeux sur la militarisation massive du Hezbollah, l’implantation de dépôts d’armes et la construction d’infrastructures offensives à proximité immédiate de la frontière israélienne. « Les mêmes pays, avec les mêmes soldats, au même endroit, mais sous un autre nom, n’empêcheront pas le Hezbollah de se renforcer », confie une source sécuritaire israélienne.
Un autre sujet de préoccupation majeur réside dans la perte de contrôle stratégique. Une force européenne opérant sans coordination directe avec Israël, et sans mandat onusien clair, pourrait modifier l’équation régionale. À Jérusalem, on craint que le Hezbollah exploite cette présence internationale comme un bouclier politique et opérationnel, renforçant son statut local tout en limitant la liberté d’action israélienne.
La FINUL compte aujourd’hui environ 670 soldats français, engagés dans des missions de patrouille, de surveillance et de coordination avec l’armée libanaise. La France figure parmi les principaux contributeurs de la force, tant sur le plan humain que logistique. L’Italie, pour sa part, maintient plus de 1 000 soldats dans le sud du Liban et a déjà annoncé, en décembre 2025, son intention de prolonger sa présence militaire au-delà de l’échéance officielle du mandat onusien, via des accords bilatéraux avec Beyrouth. Rome déploie également des unités aériennes, notamment des hélicoptères AB-412 et AB-212, chargés de missions de surveillance, de transport et de soutien médical.
L’Espagne, de son côté, dispose d’environ 700 soldats, principalement responsables du secteur oriental et du quartier général de Marjayoun. Les forces espagnoles mènent des patrouilles régulières et participent à des projets conjoints avec l’armée libanaise, notamment dans la réhabilitation d’infrastructures militaires.
À Paris, cette initiative est présentée comme “urgente et vitale” afin d’éviter une nouvelle escalade militaire entre Israël et le Hezbollah. Les autorités françaises affirment que la rigidité des mécanismes onusiens et les blocages politiques internationaux risquent de laisser un vide sécuritaire dangereux au sud du Liban. Une force européenne autonome offrirait, selon elles, davantage de réactivité et de souplesse opérationnelle.
Mais pour Israël, le danger est ailleurs : une présence internationale inefficace vaut parfois moins que l’absence totale de présence. En l’état, cette manœuvre française est perçue comme un pari risqué, susceptible de renforcer indirectement le Hezbollah plutôt que de le contenir, et d’introduire un nouvel acteur militaire dans une zone déjà explosive.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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