Polémique sur la chaîne 13 : un ancien officier salue le « management » du Hamas

Une déclaration jugée choquante et déplacée a provoqué une vive indignation en Israël. Invité sur Channel 13, le colonel (rés.) Doron Hadar, ancien commandant de l’unité MAMLAM (guerre cognitive de Tsahal), a tenu des propos perçus comme des éloges implicites à l’égard du Hamas — et ce, dans un contexte particulièrement sensible.

S’exprimant le jour même des funérailles de Ran Guaily, soldat israélien tombé en captivité, Hadar a affirmé que l’organisation terroriste avait fait preuve d’un « système d’enregistrement remarquable » dans la gestion des otages israéliens, allant jusqu’à parler d’un « travail méthodique impressionnant, avec un simple carnet et un stylo ».

« Un carnet contre notre technologie »

Selon lui, cette réalité devrait servir de leçon à Israël :

« Nous, avec toutes nos technologies, nos systèmes sophistiqués, et eux — avec un carnet et un stylo — ont réussi à maintenir une image claire de l’endroit où se trouvait chaque otage. Cela devrait nous apprendre l’humilité et à ne pas sous-estimer l’ennemi. »

Hadar a même comparé cette capacité du Hamas à la longue affaire du navigateur disparu Ron Arad, capturé au Liban en 1986, dont Israël n’a jamais réussi à déterminer avec certitude le sort.

« Dans des cas comme Ron Arad, nous ne connaissions pas la situation réelle. Eux, avec leurs moyens rudimentaires, ont su garder une vision d’ensemble. »

Une tempête morale et médiatique

Ces propos ont immédiatement suscité une onde de choc sur les réseaux sociaux et dans la sphère politique. Beaucoup ont dénoncé une normalisation dangereuse, voire une légitimation indirecte, d’un Hamas responsable du massacre du 7 octobre, de crimes de guerre, de tortures et d’enlèvements.

Le malaise est d’autant plus grand que ces paroles ont été prononcées au moment même où la nation enterrait l’un de ses soldats, ce que nombre d’observateurs ont qualifié d’indécence morale et de déconnexion totale du contexte national.

Entre analyse militaire et ligne rouge éthique

Si certains analystes rappellent qu’une étude froide de l’ennemi fait partie de la doctrine militaire, la majorité des réactions estiment que le choix des mots, le timing et la tribune rendent ces propos inacceptables.
Comparer la « gestion » d’otages par une organisation terroriste à une forme d’efficacité organisationnelle, sans rappeler explicitement la barbarie du système, est vu comme un glissement dangereux.

Dans un pays encore traumatisé par les enlèvements, les funérailles et l’attente des familles, la frontière entre analyse stratégique et banalisation du mal apparaît plus fragile que jamais.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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