Le fonctionnement du passage de Rafah s’apprête à connaître un changement majeur, révélateur de l’évolution du rapport de force sécuritaire autour de la bande de Gaza. Selon des informations relayées par la radio de l’armée israélienne, un nouveau mécanisme extrêmement strict va être mis en place pour encadrer les mouvements de personnes dans les deux sens, entre Gaza et l’Égypte. Ce dispositif, inédit par son niveau de contrôle technologique et sécuritaire, illustre la volonté d’Israël de verrouiller toute possibilité de contournement, de fraude ou d’infiltration.
Le principe général est clair : toute personne souhaitant entrer ou sortir de la bande de Gaza devra d’abord obtenir une autorisation égyptienne. Les autorités du Caire transmettront ensuite les noms à Israël pour validation sécuritaire par le Shin Bet. Ce point est central : même si Israël n’est pas physiquement présent au poste-frontière, il conserve un droit de regard total sur l’identité de chaque individu autorisé à franchir le passage.
Sorties de Gaza : un contrôle indirect mais total
Pour les personnes quittant Gaza vers l’Égypte, le processus se veut moins visible, mais pas moins rigoureux. Aucun contrôle de sécurité israélien direct ne sera effectué sur place. À la place, les inspections seront menées par une délégation de la mission européenne, accompagnée de fonctionnaires palestiniens locaux opérant depuis Gaza.
Cependant, cette apparente délégation ne signifie pas un retrait israélien du dispositif. Israël supervisera l’ensemble du processus à distance, depuis une salle de contrôle sécurisée. Un responsable du système de sécurité israélien sera installé dans une salle d’opérations dédiée, observant en temps réel le point de passage vers l’Égypte. Grâce à des systèmes avancés de reconnaissance faciale, il pourra vérifier que chaque personne quittant Gaza correspond bien à une identité ayant reçu l’autorisation préalable.
Ce contrôle ne se limite pas à l’observation. Par le biais d’un bouton de commande à distance, ce responsable israélien pourra ouvrir ou fermer le point de sortie. En cas de tentative de passage par une personne non autorisée ou suspecte, le système permettra un blocage immédiat de la sortie. Cette capacité d’intervention instantanée montre que, même sans présence physique, Israël conserve une maîtrise opérationnelle complète du passage.
Entrées à Gaza : un dispositif encore plus strict
L’entrée dans la bande de Gaza sera soumise à des exigences encore plus sévères. Toute personne autorisée à entrer par le passage de Rafah sera dirigée vers un point de contrôle de l’armée israélienne. À cet endroit, un dispositif de filtrage complet sera appliqué : capteurs électroniques, détecteurs de métaux et contrôle individuel systématique.
Chaque personne sera examinée une par une, y compris par reconnaissance faciale, afin d’éliminer tout risque de fausse identité ou d’infiltration. Ce n’est qu’après avoir franchi ce point de contrôle israélien qu’il sera possible de poursuivre le trajet au-delà de la « ligne jaune », vers la zone de Gaza actuellement sous le contrôle du Hamas.
Cette asymétrie entre les modalités de sortie et d’entrée traduit une hiérarchie claire des priorités sécuritaires israéliennes. Si quitter Gaza est encadré, entrer dans l’enclave est considéré comme un risque majeur, justifiant un filtrage maximal.
Une architecture sécuritaire à forte portée politique
Au-delà de l’aspect technique, ce nouveau mode de fonctionnement du passage de Rafah a une portée politique considérable. Officiellement, Israël ne gère pas le passage et n’y est pas physiquement présent. Dans les faits, il contrôle les listes, valide les identités, supervise les flux et détient la capacité de bloquer toute circulation à distance.
L’implication de la mission européenne vise à donner une façade internationale et multilatérale au dispositif, tout en rassurant l’Égypte sur le fait que la gestion quotidienne n’est pas uniquement israélienne. Pour Israël, ce modèle permet de répondre aux impératifs sécuritaires sans assumer directement la responsabilité administrative d’un point de passage civil, ce qui reste un sujet politiquement sensible.
Conséquences pour les habitants de Gaza
Pour les Gazaouis, ce nouveau système signifie que chaque déplacement deviendra un processus long, conditionné et hautement contrôlé. La moindre erreur administrative, le moindre soupçon ou décalage biométrique pourra entraîner un refus immédiat. La liberté de mouvement, déjà extrêmement limitée, dépendra encore davantage de décisions sécuritaires prises en dehors de Gaza.
Dans le même temps, ce mécanisme vise à empêcher toute tentative de transfert de combattants, de cadres du Hamas ou de personnes recherchées, ainsi que toute infiltration déguisée sous couvert de passages humanitaires.
Un signal clair envoyé au Hamas et à la région
Ce dispositif envoie un message limpide : même dans un contexte d’arrangements temporaires ou de coordination indirecte, Israël n’entend renoncer à aucun de ses leviers de contrôle. Le passage de Rafah devient ainsi un symbole d’un nouveau type de gestion sécuritaire, mêlant technologie, supervision à distance et coopération internationale encadrée.
À terme, ce modèle pourrait servir de référence pour d’autres points sensibles, tant il permet un contrôle maximal avec une exposition politique minimale. Pour la région, il souligne une réalité persistante : toute évolution humanitaire ou logistique autour de Gaza reste indissociable d’une logique sécuritaire totale.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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