Un nouvel épisode troublant illustre l’intensité de la guerre de l’information autour des manifestations en Iran. Des médias identifiés comme proches du régime iranien ont affirmé qu’une organisation d’opposition avait diffusé sur les réseaux sociaux la photo d’un jeune homme présenté comme une victime des récentes émeutes à Téhéran. Or, il s’est avéré que la personne figurant sur l’image n’était autre que David Bennett, le fils de l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett. L’affaire met en lumière les mécanismes de désinformation, de manipulation visuelle et de propagande qui accompagnent la crise iranienne actuelle.
Selon les médias iraniens proches du pouvoir, l’organisation d’opposition Moujahidine du peuple (Moudjahidine-e Khalq, qualifiée de « monafekine » par le régime) aurait publié une photo d’un adolescent présenté sous le nom de « Kourosh Shirini », affirmant qu’il aurait été abattu rue Firoozi, à Téhéran, lors du dernier cycle de manifestations. Cette image aurait été largement relayée sur les réseaux sociaux comme symbole de la répression violente exercée par les forces de sécurité iraniennes.
Cependant, d’après l’agence de presse iranienne Fars, la photo ne serait aucunement liée aux événements survenus en Iran. Les médias iraniens affirment qu’il s’agit en réalité d’une image de David Bennett, le fils de l’ancien chef du gouvernement israélien Naftali Bennett, extraite de réseaux sociaux et utilisée hors de son contexte original. Toujours selon ces sources, la diffusion de cette photo relèverait d’une tentative délibérée de tromper l’opinion publique et d’alimenter la colère contre le régime iranien.
Cette révélation intervient dans un climat déjà tendu autour de la famille de Naftali Bennett. Ces dernières semaines, des hackers iraniens avaient revendiqué le piratage du téléphone portable de l’ancien Premier ministre israélien, diffusant des informations personnelles et affirmant vouloir exposer ce qu’ils décrivaient comme des « secrets ». Désormais, l’attention se déplace vers son fils, malgré le fait que celui-ci n’ait aucun rôle politique ou public.
Les médias iraniens présentent cette affaire comme une preuve supplémentaire de ce qu’ils qualifient de « guerre psychologique » menée contre la République islamique. Selon leur narration, l’utilisation de l’image d’un jeune étranger, présenté comme une victime iranienne, viserait à susciter l’émotion, à internationaliser la contestation et à délégitimer le pouvoir en place. Ils accusent l’opposition iranienne en exil de recourir à des méthodes de manipulation grossières pour influencer l’opinion publique, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
Il convient toutefois de souligner que ces accusations reposent exclusivement sur des affirmations de médias alignés sur le régime iranien. Aucune réaction officielle n’a été rapportée, à ce stade, de la part de l’organisation Moujahidine du peuple concernant cette image spécifique. De même, aucune déclaration publique de Naftali Bennett ou de son entourage n’a été mentionnée à propos de l’utilisation de la photo de son fils dans ce contexte.
L’affaire met en évidence un phénomène récurrent dans les conflits modernes : l’utilisation d’images sorties de leur contexte, parfois totalement étrangères aux événements décrits, afin de renforcer un récit politique ou idéologique. Dans le cas iranien, où l’accès à l’information indépendante est fortement restreint et où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion des images des manifestations, la frontière entre information, désinformation et propagande devient particulièrement floue.
Les manifestations en Iran, déclenchées par divers facteurs politiques, sociaux et économiques, ont donné lieu à une intense bataille médiatique. Chaque camp accuse l’autre de manipuler les faits, d’exagérer ou de minimiser le nombre de victimes, et d’utiliser des images choquantes pour influencer l’opinion internationale. Dans ce contexte, la vérification des sources et des contenus visuels s’avère particulièrement complexe.
Pour les autorités iraniennes, la mise en avant de cette affaire sert également à discréditer l’opposition et à remettre en cause la crédibilité des informations circulant sur les réseaux sociaux. En affirmant que la photo d’un fils d’ancien Premier ministre israélien a été présentée comme celle d’un manifestant iranien tué, les médias proches du régime cherchent à démontrer que certaines images de victimes seraient fabriquées ou instrumentalisées.
Du côté israélien, cette affaire illustre une fois de plus la dimension transnationale de la confrontation avec l’Iran, qui ne se limite pas aux domaines militaire ou diplomatique, mais s’étend aussi au cyberespace et au champ informationnel. L’utilisation de l’image d’un citoyen israélien, a fortiori lié à une personnalité politique de premier plan, souligne la porosité entre sphère privée et conflits géopolitiques à l’ère numérique.
À ce stade, aucun élément indépendant ne permet de confirmer l’origine exacte de la diffusion initiale de la photo ni l’intention précise de ceux qui l’ont partagée. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cet épisode révèle l’ampleur de la bataille narrative autour des événements en Iran et la facilité avec laquelle des images personnelles peuvent être détournées à des fins politiques.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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