Selon des évaluations sécuritaires présentées ces derniers jours, la probabilité d’une frappe militaire américaine contre l’Iran entre désormais dans une phase critique. Le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, a déclaré lors d’une évaluation de situation que la période actuelle est marquée par une « incertitude extrême », tout en évoquant un créneau temporel précis au cours duquel une action militaire américaine pourrait se produire.
D’après des informations rapportées par les médias israéliens, l’estimation du chef d’état-major situe une éventuelle attaque américaine contre l’Iran dans une fenêtre allant de deux semaines à deux mois. Cette évaluation ne repose pas sur un événement isolé, mais sur un faisceau d’indicateurs politiques, militaires et symboliques qui, combinés, renforcent la perception d’une montée progressive vers une confrontation majeure.
Au cœur de cette analyse figure le calendrier iranien. Les prochaines semaines correspondent à ce que Téhéran appelle les « dix jours de l’aube » (Fajr), période hautement symbolique marquant l’anniversaire de la Révolution islamique. Ces journées, qui s’étendent du début février jusqu’au 11 février, commémorent le retour de l’ayatollah Khomeini en Iran et la chute du régime du Shah. Historiquement, ce laps de temps est considéré comme politiquement sensible, tant à l’intérieur de l’Iran qu’au regard de la scène internationale.
À cette séquence s’ajoute un autre facteur de tension : la commémoration des quarante jours suivant la mort de milliers de manifestants iraniens tués lors des répressions du début janvier. Dans la culture chiite, le quarantième jour revêt une importance particulière, souvent associée à une intensification des mobilisations populaires et à une charge émotionnelle accrue. Les services de renseignement israéliens estiment que cette convergence de dates pourrait accentuer l’instabilité interne du régime iranien et influencer ses choix stratégiques.
En Israël, l’évaluation dominante est que des divergences profondes traversent actuellement la direction iranienne. Le guide suprême, Ali Khamenei, resterait fermement opposé à toute concession significative dans les négociations avec Washington, privilégiant une ligne dure et idéologique. À l’inverse, plusieurs hauts responsables civils et sécuritaires à Téhéran seraient favorables à une approche plus pragmatique, cherchant à éviter une confrontation directe susceptible de fragiliser davantage l’économie iranienne et la stabilité du régime.
Cette fracture interne constitue, selon des analystes israéliens, un élément clé dans le calcul américain. Une attaque limitée, ciblée et soigneusement calibrée pourrait viser non seulement des infrastructures militaires ou nucléaires, mais aussi envoyer un message clair à la direction iranienne, en exploitant précisément ce moment de vulnérabilité politique.
La question du programme nucléaire iranien demeure évidemment centrale. En Israël, la crainte est que les États-Unis concluent un accord partiel avec l’Iran, se concentrant uniquement sur l’aspect nucléaire, tout en laissant de côté la question des missiles balistiques et de l’activité régionale iranienne via ses réseaux de milices. Des responsables sécuritaires israéliens estiment qu’un tel scénario permettrait à Washington de présenter l’accord comme « meilleur » que celui de l’ère Obama, tout en laissant intactes des capacités militaires iraniennes jugées tout aussi dangereuses à long terme.
Selon ces mêmes sources, l’Iran n’aurait pas encore dépassé le nombre de missiles balistiques qu’il possédait avant l’opération israélienne dite « Avec la force du lion », mais il s’en rapproche rapidement. La production se poursuit à un rythme soutenu, et l’amélioration qualitative des vecteurs de lancement alimente les inquiétudes à Jérusalem comme à Washington.
Dans ce contexte, une frappe américaine ne serait pas nécessairement conçue comme le prélude à une guerre totale, mais plutôt comme un levier stratégique, destiné à freiner l’élan iranien, à restaurer la crédibilité de la dissuasion occidentale et à rassurer les alliés régionaux des États-Unis. Toutefois, le risque d’escalade régionale reste élevé, notamment en raison de la capacité de l’Iran à activer ses alliés et proxies au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen.
Pour Israël, la période à venir s’annonce donc particulièrement délicate. Même si l’évaluation officielle indique qu’une attaque américaine n’est pas imminente « dans les prochains jours », les semaines à venir devraient rester marquées par une tension constante, une vigilance accrue des systèmes de défense et une coordination étroite avec Washington.
En filigrane, un message clair se dessine : la fenêtre diplomatique se rétrécit. Si aucun compromis crédible n’émerge et si l’Iran poursuit simultanément son programme nucléaire, balistique et régional, la probabilité d’une action militaire – même limitée – continuera d’augmenter. Dans cette équation complexe, le facteur temps joue désormais contre tous les acteurs impliqués.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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