Besançon : une fresque jugée antisémite effacée après un signalement du CRIF — art ou haine déguisée ?

Une fresque de “street art” déclenche la polémique

Une fresque murale peinte en novembre 2025 dans le centre-ville de Besançon, jusque-là passée inaperçue, a été signalée comme antisémite par des passants en janvier 2026.
L’œuvre représentait un personnage caricatural associé à des symboles juifs (kippa, nez proéminent) fusionné à un crâne humain, le tout sur fond d’étoiles déformées, d’armes et de billets.

Une dénonciation citoyenne a été relayée rapidement par les réseaux sociaux, puis reprise officiellement par la délégation régionale du CRIF Bourgogne-Franche-Comté, qui y a vu une “imagerie nazie codée”.


Le CRIF alerte les autorités locales

Dès réception du signalement, le CRIF a adressé une lettre officielle au maire de Besançon, Frédéric Barbier, ainsi qu’au préfet de région. L’organisation y demandait l’effacement immédiat de la fresque, dénonçant une œuvre « qui reprend les stéréotypes visuels les plus abjects de la propagande antisémite des années 1930 ».

Extrait du communiqué du CRIF :
« Il ne peut y avoir d’espace public pour des représentations visuelles qui visent à humilier, déshumaniser ou désigner les Juifs comme ennemis de l’humanité. »


L’artiste anonyme nie toute intention antisémite

L’auteur de la fresque, identifié seulement par son pseudonyme “NEK 45”, a publié un message sur Instagram niant toute intention haineuse. Il affirme que son œuvre est “une critique du capitalisme mondialisé” et qu’il “n’a jamais voulu viser une religion en particulier”.

Une défense qui n’a convaincu ni les élus, ni les représentants communautaires.

🎙 Sarah L., avocate spécialisée en droit de la presse :

« L’artiste peut ne pas être antisémite, mais s’il utilise des codes visuels associés à la haine raciale, il en porte la responsabilité. »


Décision officielle : la fresque sera effacée

Face à la pression publique et médiatique, la mairie a finalement annoncé le retrait total de la fresque sous 72h.

🗣 Déclaration du maire de Besançon :

« Nous ne pouvons pas accepter que notre ville serve de toile de fond à des images susceptibles de choquer, d’humilier ou de propager des stéréotypes racistes. »

La fresque a été effacée dans la nuit du 28 au 29 janvier, sous surveillance policière pour éviter d’éventuels affrontements.


Réactions contrastées

🟢 Satisfaction dans la communauté juive locale :
Plusieurs familles ont salué une réaction rapide, évitant un climat de tension croissante.

🔴 Protestations de groupes “anti-censure” :
Des artistes indépendants et collectifs de street art ont dénoncé “une forme de censure culturelle dictée par des pressions politiques.”

🎙 Marc A., professeur d’arts plastiques :

« Il faut distinguer provocation artistique et incitation à la haine. Mais quand on joue avec les symboles, il faut être conscient de leur pouvoir. »


Une affaire révélatrice d’un climat fragile

Cet incident artistique n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte d’augmentation des actes antisémites en France, notamment depuis la guerre d’octobre 2023.
L’espace public, y compris artistique, devient le théâtre de messages ambigus qui, volontairement ou non, peuvent activer des tensions communautaires très sensibles.

Depuis début janvier 2026 :

  • 1 école juive vandalisée à Paris
  • 1 agression antisémite dans le métro parisien
  • 4 synagogues ciblées par des tags haineux
  • 2 appels à la haine recensés sur les réseaux d’artistes militants

Ce que dit la loi

Selon l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, toute représentation incitant à la haine raciale ou religieuse est passible de sanctions pénales, même si elle se revendique comme artistique.

Une enquête préliminaire a été ouverte pour vérifier l’intention de l’artiste, mais aucune poursuite judiciaire n’a encore été lancée à ce jour.


Quelle place pour l’art en temps de crise ?

Cet événement soulève une question plus large : l’art peut-il tout dire, tout montrer ? Et si oui, à quelles conditions ?

Alors que certains défendent un art “libre et dérangeant”, d’autres insistent sur la responsabilité sociale des créateurs, surtout dans un pays où le passé antisémite pèse lourd et où la menace persiste.

🎙 Un élu local juif confie :

« On ne peut pas faire de l’“art” avec les codes de la haine. On ne plaisante pas avec les images qui ont précédé des pogroms et des génocides. »

Cette affaire de fresque à Besançon n’est pas qu’un micro-scandale local. Elle révèle les lignes de fracture actuelles dans la société française, entre liberté d’expression, responsabilité collective, et vigilance communautaire.

Elle montre aussi que les stéréotypes antisémites persistent, parfois déguisés, et qu’il appartient à chacun — artistes, élus, citoyens — de refuser de les banaliser.

L’art est libre, mais la haine n’est pas un style.


📚 Sources


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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