Conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem : Netanyahou critiqué pour avoir invité des figures d’extrême droite européenne

Une conférence qui se voulait symbolique… mais qui divise

Du 23 au 25 janvier 2026, le gouvernement israélien, sous la direction de Benjamin Netanyahou, a organisé à Jérusalem une grande conférence internationale sur la lutte contre l’antisémitisme. L’événement avait pour ambition de renforcer la coopération mondiale contre la haine antijuive, à la fois en ligne et dans l’espace public, dans un contexte de hausse record des actes antisémites depuis fin 2023.

Mais ce qui devait être un moment d’unité et de solidarité internationale s’est rapidement transformé en affaire diplomatique sensible, en raison de la présence remarquée de plusieurs responsables politiques européens issus de partis nationalistes ou d’extrême droite, certains accusés… d’antisémitisme dans leur propre pays.

Qui était invité ? Le cœur de la polémique

Parmi les invités :

  • Des députés du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), dont certains membres ont tenu dans le passé des propos révisionnistes
  • Une délégation hongroise proche du Premier ministre Viktor Orbán, accusé d’avoir utilisé des codes antisémites dans ses campagnes (notamment contre George Soros)
  • Des figures du Rassemblement national en France, même si Marine Le Pen n’était pas présente personnellement

🗣 Les autorités israéliennes ont justifié ces invitations au nom du “dialogue stratégique” avec tous ceux qui affirment vouloir combattre l’antisémitisme aujourd’hui.

Mais plusieurs associations, notamment Yad Vashem, l’Anti-Defamation League (ADL) et des responsables juifs d’Europe de l’Ouest, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une “légitimation de figures politiques hostiles à la mémoire juive.”

Réactions en chaîne dans la communauté juive internationale

🎙 Avi Mayer, PDG du Comité juif américain (AJC) :

« Combattre l’antisémitisme ne peut pas se faire avec ceux qui en ont été les vecteurs. Il ne faut pas confondre opportunisme politique et valeurs morales. »

De nombreux intellectuels juifs européens ont également exprimé leur malaise, certains allant jusqu’à boycotter l’événement, comme le président du Congrès juif suisse, qui a dénoncé “une récupération politique de la mémoire de la Shoah”.

Du côté de Netanyahou : une stratégie assumée

Le Premier ministre israélien, surnommé “Bibi” par ses partisans, n’a pas reculé face aux critiques. Dans son discours d’ouverture, il a déclaré :

« L’antisémitisme est un poison qui n’épargne aucun camp politique. Je parlerai à quiconque est prêt à le combattre, même s’il ne partage pas toutes nos valeurs. »

Cette position s’inscrit dans une stratégie diplomatique assumée par Netanyahou depuis plusieurs années : nouer des alliances même avec des gouvernements ou partis controversés, tant qu’ils soutiennent Israël face à ses ennemis et reconnaissent Jérusalem comme sa capitale.

Un débat qui secoue aussi en France

En France, plusieurs voix se sont élevées contre la participation du Rassemblement national, même indirecte. Des personnalités comme Yonathan Arfi (CRIF) ou Serge Klarsfeld ont rappelé que le RN, même réformé, garde une “histoire entachée d’antisémitisme familial et politique”.

Mais d’autres membres de la communauté juive française plus à droite estiment qu’il faut juger sur les actes présents, pas le passé, et que “le soutien à Israël est aujourd’hui plus important que la pureté idéologique.”

Ce débat traverse profondément la jeunesse juive française, notamment sur les réseaux sociaux, où les messages alternent entre indignation et pragmatisme.

Une conférence au contenu riche, mais occulté par la polémique

Malgré le tumulte, la conférence a aussi été marquée par :

  • La présentation d’un rapport mondial sur l’antisémitisme numérique
  • Des ateliers sur la sécurité des institutions juives en Europe
  • L’annonce d’un fonds international pour l’éducation à la mémoire de la Shoah, cofinancé par Israël, l’Allemagne et les États-Unis

Mais ces contenus ont été largement éclipsés dans les médias par le scandale autour des invités politiques controversés.

Art ou stratégie ? Ce que cache la “réalpolitik” de Bibi

Pour les analystes, cet épisode illustre la ligne de fracture grandissante entre un sionisme stratégique et une mémoire juive universaliste.

Netanyahou parie sur des alliances politiques solides — quitte à froisser les sensibilités de certaines diasporas — tandis que des voix plus universalistes appellent à ne pas sacrifier l’éthique sur l’autel de la sécurité.

🎙 Un rabbin francophone d’Israël résume ainsi :

« On peut être pro-Israël sans s’allier aux ennemis de la mémoire. Ce n’est pas du romantisme, c’est une question de cohérence. »

Cette conférence à Jérusalem aurait pu être un symbole fort d’unité face à la haine. Elle est devenue, pour beaucoup, un miroir des tensions internes du monde juif entre stratégie, valeurs, et mémoire.

Netanyahou assume de parler à tous ceux qui soutiennent Israël, même s’ils ont un passé trouble. D’autres rappellent que tous les amis d’aujourd’hui ne sont pas des alliés moraux.

Alors, en 2026, peut-on vraiment combattre l’antisémitisme sans choisir ses partenaires ?


📚 Sources


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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