Débat en Israël : l’ancien ministre Shlomo Benizri accuse la mère franco israelienne endeuillée Lali Deri d’incitation contre les haredim

Une polémique qui embrase la scène publique

Une nouvelle controverse politique et sociale secoue Israël après les déclarations de l’ancien ministre Shlomo Benizri (de l’ex‑parti Shas). Dans une récente interview au podcast “הכל פתוח” (“Tout est ouvert”) animé par Avi Shushan, Benizri a vivement attaqué Lali Deri, mère endeuillée du soldat de Tsahal Saadia Deri, en la qualifiant de “incitatrice contre le public haredi” (“הסתה פרועה נגד הציבור החרדי”). (חדשות סרוגים)

Lali Deri est une figure connue depuis la mort de son fils, tombé au combat en 2024. Elle s’est élevée à plusieurs reprises contre certaines politiques sociales et religieuses en Israël, appelant à des réformes et à une meilleure responsabilité nationale. Mais les attaques verbales dirigées cette semaine contre elle par Benizri ont déclenché une tempête médiatique et politique. (חדשות סרוגים)

Qui est Lali Deri ?

Lali Deri est devenue une figure publique après la mort de son fils Saadia Deri zal, réserviste de Tsahal tué par une explosion dans la bande de Gaza en juin 2024, alors qu’il servait dans le 9203 Battalion de la Alexandroni Brigade. Des images largement diffusées montrent Saadia prier juste avant sa mort, ce qui a fait de lui un symbole pour beaucoup d’Israéliens. (חדשות סרוגים)

Laly Deri, mother of Saadia Yaakov Deri, of blessed memory: "Just as I did  not choose to be born a woman, a Jew... I did not choose to raise a child  who

Depuis, sa mère a pris la parole dans des forums nationaux et sur les réseaux sociaux pour critiquer diverses décisions politiques et sociales, notamment celles touchant la société traditionnelle et religieuse.

Les propos de Shlomo Benizri

Dans l’interview, Benizri a affirmé que même si le chagrin d’une mère endeuillée est compréhensible, cela ne donne pas le droit de critiquer “les grands de la religion et de la communauté”. Il a accusé Deri de transformer la perte qu’elle a subie en un outil de critique générale contre le public haredi – une communauté religieuse très conservatrice en Israël. (חדשות סרוגים)

Selon lui,

“Ce que Lali Deri fait est une incitation sauvage (הסתה פרועה) contre le public haredi… La perte de son fils ne donne pas légitimité à une attaque de cette nature.” (חדשות סרוגים)

Benizri a également laissé entendre que les critiques de Deri étaient injustes parce qu’elles visaient plus que des politiques spécifiques : elles touchaient l’identité religieuse, les autorités spirituelles et les valeurs orthodoxes.

Réactions immédiates dans l’armée et au public

L’un des commentaires les plus forts contre Benizri est venu du général de réserve (Aluf b’miluim) Ofer Winter, ancien commandant de la 98e Division de Tsahal. Winter a qualifié les déclarations de “basses et choquantes” (“בזויים ומקוממים”), affirmant qu’il en était honteux d’entendre de tels propos dirigés vers une mère endeuillée. (חדשות סרוגים)

Winter a notamment déclaré que la Torah – souvent invoquée par les communautés haredi pour justifier certaines positions – était un pilier de la survie du peuple juif, et que l’utiliser comme “outil d’attaque politique” contre quelqu’un qui partage ses préoccupations était injuste et blessant.

Ses propres paroles ont été fortes :

“Avant de critiquer les morts de notre peuple, mets d’abord tes propres chaussures.” (חדשות סרוגים)


Le contexte : loi sur le service militaire et tensions communautaires

Cette polémique intervient dans un contexte de fortes tensions autour d’un projet de loi sur le service militaire en Israël. Ce projet, qui cherche à modifier les exemptions de service pour certaines communautés ultra‑orthodoxes (haredim), a déjà provoqué de profondes divisions politiques et sociales. Plusieurs personnalités publiques et activistes ont exprimé leur mécontentement – certains exigeant plus d’égalité dans le service, d’autres défendant les exemptions pour préserver la vie religieuse et spirituelle. (חדשות סרוגים)

C’est dans ce climat que les propos de Benizri ont trouvé écho chez certains électeurs conservateurs, mais aussi déclenché des critiques plus larges au sein de la société israélienne.

Qui est Shlomo Benizri ?

Pour comprendre le poids de ces déclarations, il faut savoir que Shlomo Benizri a été ministre du Travail et du Bien‑être social lorsqu’il était membre de Shas, un parti religieux traditionnel et influent en Israël. Il est une figure controversée depuis des années, devenue également polémique pour d’autres prises de position publiques par le passé. (Wikipédia)

Bien que Benizri ne soit plus ministre aujourd’hui, ses paroles continuent de faire du bruit, notamment lorsqu’elles ciblent des individus ou des groupes déjà sous tension.

Que change cette polémique ?

D’une part, elle montre comment le débat sur le service militaire et l’identité religieuse se cristallise autour de personnalités émotionnelles fortes, comme Lali Deri.
D’autre part, elle démontre l’impact des déclarations politiques dans un pays où le service, la religion et l’identité nationale sont intimement liés.
✔ Enfin, elle met en lumière la divergence croissante entre ceux qui défendent des positions communautaires strictes et ceux qui appellent à une ouverture plus large de la société israélienne.

Les propos de Shlomo Benizri contre Lali Deri, dans un contexte déjà tendu autour de la loi sur le service militaire, ont alimenté un débat public virulent sur la façon dont on critique la religion, la communauté et ceux qui souffrent. Cette polémique ne se limite pas à une attaque verbale : elle reflète une fissure profonde dans les valeurs et les priorités de la société israélienne en 2026.


📚 Sources

  • Benizri critique Lali Deri pour “incitation contre les haredim” — Srugim (actualité israélienne) (חדשות סרוגים)

Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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