Tirs sur l’autoroute 6 : un soldat de Tsahal sera inculpé pour meurtre

Un grave fait divers secoue l’opinion publique israélienne. Un combattant de Tsahal, membre d’une unité d’élite, sera formellement inculpé pour le meurtre de Sharif Hadid, tué par balles le mois dernier sur l’autoroute 6, à proximité de l’échangeur d’Ein Tut. Une déclaration de procureur a été déposée ce mardi matin, ouvrant la voie à un acte d’accusation pour homicide volontaire, sur fond de conflit routier ayant dégénéré.

Selon les éléments de l’enquête relayés par N12, le soldat aurait ouvert le feu à l’issue d’un différend sur la route. Dans sa version des faits, il affirme avoir été confronté à une approche « menaçante » de la part des occupants de l’autre véhicule et soutient ne pas avoir cherché à tuer, mais uniquement à dissuader. Il décrit une conduite dangereuse préalable, faite de zigzags et de changements de voie brusques, mettant selon lui en danger sa vie et celle des autres automobilistes.

Le combattant explique qu’après avoir tenté de se soustraire à la situation en s’arrêtant sur le bas-côté, l’autre véhicule se serait immobilisé devant lui et que deux hommes en seraient descendus. Il évoque un sentiment de peur immédiate et une réaction instinctive de défense. « Je n’ai voulu toucher personne, j’ai tiré pour qu’ils s’éloignent », a-t-il déclaré à son avocat, Ronen Halioua. Il affirme n’avoir compris qu’après coup qu’une personne avait été touchée et dit avoir tenté de porter secours en allant chercher un garrot, avant de constater que les occupants du véhicule avaient quitté les lieux.

La version de la famille de la victime est radicalement différente. Le frère de Sharif Hadid, Amir Hadid, affirme que son frère a été abattu sans raison valable. Selon lui, après un échange verbal consécutif à un dépassement, le soldat serait descendu de son véhicule, aurait frappé Sharif à la tête avec son arme, puis lui aurait tiré dessus à cinq reprises. « Mon frère n’avait rien dans les mains, ni couteau ni objet dangereux. Il a été tué pour rien », a-t-il déclaré à ses proches.

L’enquête policière évoque également des soupçons de dissimulation de preuves après les faits. Le soldat et son frère, âgé de 25 ans, auraient tenté d’effacer des éléments matériels liés à l’incident. Tous deux ont été arrêtés, le frère étant soupçonné d’entrave à l’enquête. Des images de caméras de surveillance confirment l’existence d’un affrontement verbal ayant précédé la fusillade, sans toutefois clore le débat sur les circonstances exactes du tir.

La chronologie retenue par les enquêteurs fait état d’un dépassement dangereux près de l’échangeur d’Ein Tut, suivi d’une altercation verbale, d’un arrêt sur le bas-côté et d’une confrontation directe ayant abouti au tir mortel. La justice devra désormais trancher entre la thèse de la légitime défense invoquée par le soldat et celle d’un usage disproportionné et criminel de l’arme à feu, dans une affaire qui ravive les tensions autour du port d’armes, de la violence routière et de la responsabilité pénale des militaires hors service.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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