Alors que l’aéroport international Ben Gourion se rapproche rapidement de ses limites de capacité, le gouvernement israélien s’apprête à franchir une étape décisive dans l’avenir du transport aérien du pays. Dimanche prochain, l’exécutif devrait approuver officiellement la création du premier aéroport international complémentaire d’Israël, qui sera implanté à Tsiklag, dans le Néguev.
Selon les projections actualisées, Ben Gourion atteindra un seuil critique de saturation d’ici 2040, ouvrant la voie à un risque réel de « goulot d’étranglement aérien » susceptible de limiter fortement les entrées et sorties du territoire. Sans infrastructure alternative, la croissance du trafic aérien israélien — civil, touristique et économique — serait durablement compromise.
Après plus d’une décennie de reports, de blocages politiques et de batailles de planification, la décision de retenir Tsiklag marque la fin d’un long parcours semé d’intérêts contradictoires. Plusieurs options avaient été envisagées au fil des années, sans jamais parvenir à un consensus.
Le site de Nevatim avait longtemps été considéré comme la solution la plus rentable et la plus efficace dans le sud du pays. Toutefois, cette option s’est heurtée à un veto constant du système de défense et de Tsahal, qui ont invoqué des impératifs opérationnels et sécuritaires incompatibles avec une activité aérienne civile intensive.
À l’autre extrémité du pays, le projet de création d’un aéroport à Ramat David, dans la vallée de Jezreel, a provoqué une opposition publique massive. Habitants, agriculteurs et élus locaux ont alerté sur les risques de destruction irréversible des terres agricoles, les atteintes à l’environnement et les nuisances sonores dans l’une des régions les plus sensibles du pays.
Dans ce contexte, le choix de Tsiklag apparaît comme une formule de compromis stratégique : un aéroport situé dans le sud, éloigné des zones densément peuplées, compatible avec les besoins sécuritaires, et en phase avec l’objectif national de renforcement du Néguev.
La ministre des Transports Miri Regev a salué une décision « historique », soulignant que ce nouvel aéroport constituera un levier majeur de croissance économique.
« Un aéroport international complémentaire dans le sud est un moteur de développement immense. Il créera des emplois, ouvrira de nouvelles opportunités et reliera le Néguev aux centres économiques d’Israël et du monde », a-t-elle déclaré.
Du côté des collectivités locales du nord, longtemps opposées au projet de Ramat David, la décision est également accueillie favorablement. La présidente du conseil régional de la vallée de Jezreel, Shlomit Shichor Reichman, a qualifié ce choix de « décision nationale courageuse », remerciant le Premier ministre Benjamin Netanyahou, la ministre des Transports et le vice-ministre Almog Cohen pour leur engagement en faveur du développement du sud.
Au-delà de l’infrastructure aérienne, le projet de Tsiklag est perçu comme un outil stratégique de rééquilibrage territorial, destiné à renforcer l’attractivité économique du Néguev, à encourager l’investissement et à réduire la pression démographique sur le centre du pays.
Si l’approbation gouvernementale est attendue dans les prochains jours, le projet entrera ensuite dans une phase de planification détaillée, dont les échéances et les coûts exacts restent à préciser. Mais une chose est désormais acquise : Israël s’engage résolument sur la voie de son deuxième grand hub aérien international.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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