Le cinéma de ce début février 2026 oscille entre le dégoût assumé, la mémoire traumatique, l’émotion pure et la désillusion critique. Entre un film d’horreur volontairement répugnant devenu un succès surprise, une œuvre israélienne tournée à Nir Oz après le 7 octobre, un grand drame littéraire couronné par les Oscars et une biographie musicale passée inaperçue, voici quatre films à voir — et un à éviter.
1. Help! : le vomi comme art cinématographique
Pour certains cinéastes, « dégoûtant » n’est pas une insulte. C’est le cas de Sam Raimi, maître incontesté de l’horreur grotesque depuis Evil Dead. Avec Help!, Raimi signe un retour fracassant au cinéma excessif et viscéral qui a fait sa réputation.
Classé R, le film multiplie les scènes volontairement insoutenables — jusqu’à des séquences de vomissements interminables — et assume totalement son mauvais goût. Le scénario met en scène une femme d’affaires humiliée, incarnée par Rachel McAdams, et son supérieur arrogant joué par Dylan O’Brien, survivants d’un crash aérien sur une île déserte.
Le film ne cherche ni la profondeur psychologique ni la cohérence morale. Il veut choquer, faire rire nerveusement et provoquer des réactions collectives dans la salle. Et ça marche. Help! est un succès commercial et un véritable phénomène de projection publique : ce qui se passe dans la salle est parfois plus spectaculaire que ce qui se passe à l’écran.
2. On Dogs and People : un film tourné à Nir Oz après le 7 octobre
Quelques semaines seulement après le massacre du 7 octobre, le réalisateur israélien Dani Rosenberg s’est rendu au kibboutz Nir Oz pour y tourner un film hors normes.
Ni documentaire, ni fiction classique, On Dogs and People a été filmé presque en temps réel, sur les lieux mêmes de l’horreur, avec la participation de survivants. Présenté à la Mostra de Venise en 2024, le film n’est distribué en Israël qu’aujourd’hui, le réalisateur ayant refusé toute sortie commerciale tant que des otages étaient encore détenus.
C’est une œuvre fragile, dérangeante, essentielle — une capsule temporelle cinématographique qui n’essaie pas d’expliquer l’horreur, mais de la regarder en face. Un film que le cinéma n’est peut-être pas capable de contenir, mais qu’il se doit d’essayer de faire exister.
3. Hamnet : l’une des scènes les plus bouleversantes de ces dernières années
Adapté du roman à succès de Maggie O’Farrell, Hamnet explore la mort du fils unique de William Shakespeare, disparu à l’âge de 11 ans.
Récompensé par le Golden Globe du meilleur drame et nommé à huit Oscars, le film propose une réflexion déchirante sur le deuil, la création et le silence. Une scène en particulier s’impose comme l’une des plus émouvantes du cinéma récent.
C’est un film d’une grande pudeur, d’une immense précision émotionnelle, et une réussite artistique majeure.
4. Springsteen: Deliver Me From Nowhere : un film perdu… à redécouvrir en streaming
Passé inaperçu en salles, ce biopic consacré à Bruce Springsteen arrive discrètement sur Disney+.
Le film se concentre sur une période précise : l’enregistrement de l’album Nebraska, œuvre sombre née de la culpabilité de Springsteen envers le monde qu’il a quitté. Interprété par Jeremy Allen White, le musicien y apparaît vulnérable, hanté, humain.
C’est un film intelligent, non spectaculaire, presque thérapeutique, qui mérite une seconde vie loin des attentes commerciales.
⚠️ À éviter : No Other Choice
Malgré son succès critique initial, le nouveau film du réalisateur coréen Park Chan-wook déçoit profondément. Satire sanglante du capitalisme moderne, le film s’enlise dans une violence gratuite, un discours appuyé et une absence totale d’émotion.
Contrairement à Parasite, auquel il est souvent comparé, No Other Choice frappe fort mais creux. Un film prétentieux, froid, et finalement vide.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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