À l’approche de Pourim, un costume inédit est devenu un véritable phénomène dans le public ultra-orthodoxe en Israël. Distribué par l’association Netzah Yehuda, ce déguisement met en scène un enfant divisé en deux identités : d’un côté, un soldat de Tsahal, en uniforme et béret ; de l’autre, un élève de yeshiva, vêtu de noir et blanc, tenant une Guemara à la main.
Au-dessus de la silhouette figure l’inscription « Pourim joyeux », tandis que le message central de la campagne résume l’intention de ses initiateurs : relier deux mondes souvent présentés comme opposés dans la société israélienne.
« Grâce à ceux qui ont étudié et grâce à ceux qui ont combattu, le livre et l’épée, unis comme un seul homme et un seul cœur », peut-on lire dans le texte accompagnant la diffusion du costume.
Selon l’association Netzah Yehuda, spécialisée dans l’accompagnement des parcours militaires adaptés au public ultra-orthodoxe, l’objectif est clair : renforcer une identité commune entre engagement spirituel et service militaire. Le message s’inscrit dans une période de débats intenses sur la place des haredim dans l’effort national, en particulier dans le contexte sécuritaire actuel.
La campagne souligne également la dimension symbolique de Pourim, fête juive marquée par les notions de survie collective, de renversement des menaces et de solidarité.
« Pourim symbolise les miracles et la protection divine, hier comme aujourd’hui », indique l’association dans son message adressé aux anciens des unités haredies de l’armée. Le slogan final résume l’esprit de l’initiative : « Ce n’est qu’ensemble que nous gagnons ».
Le succès est au rendez-vous. Selon les organisateurs, la demande pour le costume est particulièrement élevée, bien au-delà des attentes initiales. Le déguisement est proposé en tailles enfants allant de 110 à 160 centimètres, et il est distribué gratuitement aux anciens des cadres haredies de Tsahal, sous réserve d’une inscription préalable.
La distribution est organisée dans plusieurs villes à forte population ultra-orthodoxe, notamment Jérusalem, Beit Shemesh, Beitar Illit, Bnei Brak, Lod, Bat Hadar et Tibériade. L’initiative bénéficie du soutien logistique d’un mécène, David Hager, qui a financé la production des costumes.
Un détail n’est pas passé inaperçu : les déguisements ont été fabriqués en Chine et acheminés via Dubaï afin d’éviter des retards logistiques. Une anecdote qui a suscité quelques commentaires ironiques sur les réseaux sociaux, mais qui n’a en rien freiné l’enthousiasme autour de l’initiative.
Au-delà de l’aspect festif, ce costume cristallise un message sociétal fort. Dans une Israël traversée par des fractures identitaires, il propose une image de complémentarité plutôt que d’opposition : l’étude et la défense, la foi et l’action, le livre et l’uniforme.
Qu’on y voie un symbole d’unité sincère ou une prise de position idéologique assumée, le succès de ce déguisement témoigne d’un désir croissant, y compris dans le monde haredi, de repenser les lignes de fracture traditionnelles et de proposer un récit commun.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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