Trois ans de prison ferme.
C’est la peine prononcée contre Elimelekh Stern, reconnu coupable d’avoir entretenu des contacts continus avec des opérateurs iraniens, d’avoir accepté des missions de sabotage sur le territoire israélien et d’avoir agi, consciemment, au profit d’un régime ennemi en pleine période de guerre.
Trois ans.
À l’échelle d’une vie, c’est peu.
À l’échelle d’un conflit existentiel, c’est dérisoire.
Il ne s’agit pas ici d’un débat technique ou juridique réservé aux salles d’audience. Il s’agit d’une question nationale, morale et stratégique. Lorsqu’un citoyen accepte de collaborer avec l’Iran — un État qui finance, arme et dirige des organisations terroristes engagées dans la guerre contre Israël — il ne commet pas une simple infraction pénale. Il participe à une dynamique de guerre.
Les faits sont clairs. Stern n’a pas été piégé par hasard, ni manipulé à son insu. Il était en contact régulier avec ses « opérateurs ». Il recevait des consignes, des objectifs, des rémunérations proportionnelles aux dégâts qu’il causerait. On lui a demandé d’attiser les tensions internes, de provoquer des violences lors de manifestations, d’envisager des incendies dans des zones centrales de Jérusalem. Il ne s’agissait pas d’opinions, mais d’actes concrets visant la stabilité intérieure et la sécurité publique.
Et pourtant, la réponse judiciaire est restée confinée à une logique de droit pénal classique, comme si le contexte n’existait pas. Comme si nous n’étions pas en guerre. Comme si chaque action devait être évaluée hors sol, indépendamment de ses conséquences potentielles.
C’est là que le bât blesse.
La justice ne sert pas uniquement à punir après coup. Elle sert aussi — et surtout — à dissuader. Une peine n’est pas seulement une sanction individuelle ; elle est un message collectif. Elle dit à ceux qui hésitent : voilà le prix à payer. Or, dans ce cas précis, le message envoyé est troublant.
Quel signal reçoit un futur recruteur iranien, lorsqu’il constate qu’un collaborateur pris la main dans le sac, en temps de guerre, encourt une peine comparable à celle de délits graves mais non stratégiques ?
Quel signal reçoit un citoyen fragile, idéologiquement ou économiquement, quand il comprend que servir l’ennemi ne conduit qu’à quelques années de détention ?
La dissuasion repose sur la certitude du prix à payer. Ici, cette certitude est absente.
Pendant ce temps, des soldats sont mobilisés sur plusieurs fronts. Certains ne rentreront pas chez eux. Des familles vivent avec l’angoisse quotidienne des alertes, des attaques, des représailles. Des services de sécurité consacrent des ressources considérables à déjouer des menaces internes et externes. Et au cœur de cette réalité, des individus choisissent de collaborer avec l’ennemi — parfois pour de l’argent, parfois par idéologie, parfois par ressentiment.
Peu importe la motivation. Le résultat est le même : mise en danger de vies israéliennes.
Il ne s’agit pas d’exiger des peines symboliques ou vengeresses. Il s’agit de reconnaître que certaines infractions relèvent d’un autre registre : celui de la sécurité nationale. Espionner pour l’Iran, participer à des projets de sabotage, nourrir le chaos intérieur pendant une guerre, ce sont des actes qui devraient être traités comme tels.
Dans de nombreux pays démocratiques, des faits comparables entraînent des peines bien plus lourdes, précisément parce que la démocratie ne peut survivre si elle est naïve face à ceux qui cherchent à la détruire de l’intérieur.
Trois ans, ce n’est pas une dissuasion.
Trois ans, ce n’est pas un message de fermeté.
Trois ans, c’est une zone grise dangereuse entre la tolérance et l’aveuglement.
L’ennemi observe. Il analyse. Il teste nos lignes rouges. Et chaque faiblesse perçue devient une opportunité exploitée.
Si l’État d’Israël veut réellement décourager la collaboration avec ses ennemis, il devra un jour accepter une vérité inconfortable : en temps de guerre, la clémence excessive n’est pas de la justice — c’est un risque stratégique.
Et ce risque, ce ne sont pas les tribunaux qui le paieront.
Ce sont les citoyens.
Sabrina Hania – Redactrice en Chef du site Infos Israel News.
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