Une machine de mort en blouse blanche : l’Iran a transformé les hôpitaux en champ de bataille

Les rapports récents en provenance d’Iran révèlent une réalité glaçante dans laquelle les hôpitaux sont devenus une composante à part entière du mécanisme de répression du régime. Des médecins sont contraints de choisir entre leur éthique professionnelle et la collaboration avec des crimes de guerre, incluant la falsification des causes de décès et la liquidation de blessés. Paradoxalement, ces témoignages extrêmes dessinent aussi le portrait d’un peuple déterminé et uni, refusant de céder même face à une brutalité sans précédent.

Hier (mercredi), deux documents majeurs ont été publiés en Iran sur un sujet similaire.
L’Organisation des médecins d’Iran a diffusé une prise de position officielle exprimant une profonde inquiétude quant à la sécurité physique, psychologique et professionnelle du personnel médical dans le cadre de la répression des manifestations de janvier. Elle a appelé les responsables et les institutions concernées à empêcher toute conduite menaçante ou intrusive à l’encontre des soignants.

Dans le même temps, l’Organisation des droits de l’homme en Iran a publié un rapport détaillé sur les raids violents des forces de sécurité dans les domiciles et les cliniques de médecins et de volontaires médicaux, ainsi que sur leurs arrestations brutales. Selon ce rapport, au moins 35 médecins, infirmiers et membres du personnel médical ont été arrêtés pour avoir soigné ou aidé des manifestants. L’organisation a qualifié ces actes de « transformation des hôpitaux et centres de soins en partie intégrante de la machine de mort et de répression du régime islamique ».

Le week-end dernier, le Dr Homayoun Samad, représentant de la communauté juive au Majles (le parlement iranien) et membre de sa commission de la santé, a rappelé que le devoir des médecins est de fournir des soins sans distinction de religion, de race, de couleur ou d’opinion politique. Il a tenu ces propos lors d’un débat sur l’arrestation de médecins ayant soigné des blessés dans leurs cliniques privées ou ayant libéré des patients avant l’arrivée des forces de sécurité, venues soit pour les arrêter, soit pour procéder à des exécutions sommaires.

Une grande partie des estimations concernant le nombre de morts et de blessés, ainsi que des témoignages sur les violations graves des droits fondamentaux dans les hôpitaux, provient directement de médecins exerçant dans différents établissements. Certaines atrocités rappellent celles observées lors de vagues de protestation précédentes. L’arrestation de blessés dans les hôpitaux était déjà documentée lors du Novembre sanglant de 2019, tout comme l’injection d’air dans les veines de blessés, une méthode entraînant la mort, signalée durant les manifestations **« Femme, Vie, Liberté » de 2022-2023.

Cette fois encore, des médecins témoignent que les forces de sécurité ont arrêté des blessés à l’intérieur même des hôpitaux, avec une escalade supplémentaire : des exécutions par balles dans les salles d’urgence, l’interdiction faite aux médecins de soigner les manifestants, et l’ordre de traiter exclusivement les forces de sécurité, dont beaucoup étaient irakiennes, soudanaises, afghanes ou pakistanaises, et non iraniennes. Lors de vagues précédentes, ces forces étaient majoritairement libanaises. Les médecins ayant refusé de coopérer à ces abus ont été arrêtés.

Le Dr Hassan Jaloudari, médecin iranien parlant hébreu et vivant aux États-Unis depuis quatre ans, reste en contact avec la communauté médicale en Iran et relaie des informations reçues directement du terrain. Le témoignage suivant lui a été transmis par un médecin iranien demandant expressément à être publié.

Selon ce témoignage, le Dr Saeed Nataki, cardiologue et spécialiste vasculaire, ancien vice-président de l’Université des sciences médicales de Téhéran, aurait été directement impliqué dans la falsification de dossiers médicaux et des chiffres de morts et de blessés, et aurait participé à la mise à mort de blessés hospitalisés à l’hôpital Baharlo à Téhéran.

Le nom de Nataki apparaît également dans une publication sur le réseau X, reprenant des accusations similaires : il aurait joué un rôle dans la militarisation des hôpitaux Ziaiyan et Baharlo, transmis des informations sur des médecins aidant les blessés aux services de renseignement des Gardiens de la Révolution, et modifié des rapports médico-légaux afin de dissimuler les traces du massacre étatique, imposant l’usage de termes comme « collision avec un objet dur » à la place de « blessure par balle ».

D’autres témoignages affirment qu’il aurait forcé des médecins à injecter de l’air à des blessés issus des manifestations.

Un chirurgien général raconte avoir été appelé dans la nuit du 8 au 9 janvier 2026 dans un lieu clandestin à l’est de Téhéran. Il décrit une salle remplie de sang, près de 30 blessés par balles réelles, traités sur des meubles improvisés. Les télécommunications ont ensuite été coupées, isolant totalement les blessés du monde extérieur.

Au cours de ces deux nuits, 50 à 60 blessés, âgés de 10 à 70 ans, ont été pris en charge. Certains ont succombé. Des familles entières, parents et enfants, avaient été touchées par des tirs. Interrogées sur la présence des enfants, elles répondaient : « Ils doivent apprendre dès maintenant. »

Le témoignage se conclut sur une note amère mais déterminée : malgré l’horreur, l’esprit du peuple iranien n’est pas brisé. La répression est extrême, mais la cohésion et la volonté collective demeurent intactes.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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