Lors d’un débat à huis clos tenu au sein de la Commission des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a formulé une accusation grave concernant la conduite de l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, autour de l’un des documents les plus sensibles liés aux événements ayant précédé le 7 octobre.
Selon les propos rapportés, Netanyahou a affirmé que le document de synthèse du Shin Bet récapitulant la nuit du 6 octobre aurait été altéré après coup. Plus précisément, il a soutenu que le document tel qu’il a été initialement diffusé ne comportait pas de demande explicite visant à informer le niveau politique, et que ce point aurait été ajouté ultérieurement.
D’après Netanyahou, cette modification serait intervenue après le lancement de la procédure de révocation de Ronen Bar. Le Premier ministre a ainsi laissé entendre que l’ajout du paragraphe en question aurait été effectué rétroactivement, modifiant la nature du document original et son interprétation.
Cette affirmation a été présentée dans le cadre d’un échange confidentiel, réservé aux membres de la commission parlementaire, ce qui limite pour l’instant la diffusion de documents ou d’éléments matériels permettant de vérifier publiquement ces propos. À ce stade, aucune version comparative officielle des documents n’a été rendue publique.
Netanyahou a ajouté que cette accusation aurait eu un impact significatif sur le déroulement de la discussion, déclarant que « cela a fait tomber la mâchoire du contrôleur de l’État », présent ou informé dans le cadre institutionnel de l’examen des événements. Cette remarque souligne la gravité institutionnelle de l’allégation formulée.
Le document en question — la synthèse de la nuit du 6 octobre — est considéré comme un élément clé dans la compréhension de la chaîne décisionnelle et des alertes ayant précédé l’attaque du Hamas. Toute modification, ajout ou reformulation postérieure à sa diffusion initiale revêt donc une importance majeure, tant sur le plan opérationnel que politique.
Il convient de souligner que, selon les informations communiquées, Netanyahou n’a pas affirmé que le document était faux dans son ensemble, mais qu’un élément précis, à savoir la mention d’une demande d’information du niveau politique, n’y figurait pas à l’origine. L’accusation porte ainsi sur le moment et le contexte de l’ajout, et non sur l’existence du document lui-même.
À ce stade, aucune réaction publique de Ronen Bar n’a été rapportée concernant cette affirmation spécifique. De même, le Shin Bet n’a pas publié de réponse officielle confirmant ou infirmant l’allégation selon laquelle le document aurait été modifié après sa diffusion initiale.
Cette déclaration du Premier ministre s’inscrit dans un climat de tensions institutionnelles autour de la question des responsabilités liées à l’échec sécuritaire du 7 octobre. Les débats portent à la fois sur les défaillances du renseignement, les mécanismes de transmission de l’information et la répartition des responsabilités entre les échelons professionnels et politiques.
Le fait que ces accusations aient été formulées dans un cadre fermé reflète la sensibilité extrême du dossier. La publication éventuelle des documents originaux, de leurs versions successives ou des procès-verbaux des discussions internes pourrait, à terme, jouer un rôle central dans l’évaluation publique des responsabilités.
Pour l’instant, l’information disponible se limite à l’affirmation faite par Netanyahou devant la commission :
– que le document initial ne comportait pas de demande d’information du niveau politique,
– que cette mention aurait été ajoutée après l’engagement de la procédure de révocation de Ronen Bar,
– et que cette révélation aurait surpris jusqu’aux plus hautes instances de contrôle de l’État.
Ces éléments, s’ils étaient confirmés, pourraient avoir des implications institutionnelles et juridiques significatives. À l’inverse, toute clarification ou réfutation officielle serait également déterminante pour la compréhension du rôle joué par chaque acteur dans les heures critiques précédant l’attaque.
En l’absence de documents rendus publics, l’affaire demeure à ce stade au niveau des déclarations, formulées dans un cadre parlementaire confidentiel. Leur évolution dépendra des suites données aux travaux de la commission, des enquêtes institutionnelles en cours et d’éventuelles publications futures des protocoles et documents internes.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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