Une nouvelle affaire d’espionnage au profit de l’Iran met en lumière un phénomène préoccupant pour les services de sécurité israéliens. Deux frères âgés d’une vingtaine d’années, originaires de Beitar Illit et de Modi’in Illit, deux villes à forte population haredi, ont été arrêtés pour des soupçons d’espionnage au profit des services de renseignement iraniens, en échange de plus de 100 000 shekels versés en monnaies numériques.
Selon les informations communiquées par la police et le Shin Bet, les deux frères ont été recrutés via Telegram, à la suite d’un contact initié par des agents iraniens utilisant des techniques de hameçonnage numérique. Les enquêteurs affirment que les suspects savaient qu’ils étaient en contact avec un État ennemi et qu’ils ont poursuivi leurs activités en toute connaissance de cause.
Le tribunal de première instance de Jérusalem a autorisé la publication partielle de l’affaire, sous réserve de l’ordonnance de non-publication toujours en vigueur. Les arrestations ont eu lieu à la suite d’informations reçues par les services de sécurité le mois dernier, indiquant que les deux frères menaient des activités de renseignement pour le compte de l’Iran.
L’enquête a révélé que les suspects étaient en contact avec leurs opérateurs iraniens depuis plusieurs mois. Durant cette période, ils ont été chargés de fournir des informations présentées comme sensibles, notamment des renseignements concernant de supposés agents du Mossad. Toutefois, selon les autorités, les informations transmises étaient fausses, et portaient parfois sur des personnes qui n’avaient aucun lien avec les services de renseignement israéliens, voire sur des individus fictifs.
Les enquêteurs indiquent que les frères transmettaient des noms de personnes qu’ils présentaient comme des agents du renseignement, tout en sachant que ces informations étaient inexactes. Lors de leurs interrogatoires, ils ont reconnu avoir agi contre rémunération, et l’un d’eux aurait même usurpé l’identité d’un agent de sécurité dans ses interactions avec certaines autorités.
L’enquête a également établi que les deux suspects ont mené diverses missions liées à la sécurité, tout en étant conscients qu’ils agissaient sous les ordres de responsables iraniens. Les détails précis de ces missions n’ont pas été rendus publics, en raison des contraintes judiciaires et sécuritaires.
À l’issue de l’enquête, le parquet de Jérusalem a déposé un acte d’accusation contre les deux frères devant le tribunal d’instance, en vue de leur mise en examen. L’un des frères reste en détention jusqu’à lundi, tandis que l’autre a été remis en liberté contre l’avis de la police, sous réserve d’un sursis à exécution, dans l’attente d’une décision judiciaire ultérieure.
Cette affaire intervient dans un contexte plus large, marqué par une multiplication de dossiers similaires. Récemment, le tribunal de district a condamné un autre haredi du nom de Elimelech Stern, 22 ans, originaire de Beit Shemesh, à trois ans de prison pour avoir été en contact avec un agent étranger et participé à un complot visant à proférer des menaces, après avoir effectué des missions pour des agents iraniens durant la guerre. Dans ce dossier, le parquet, qui avait requis une peine de sept ans, examine la possibilité de faire appel devant la Cour suprême.
Le fait que plusieurs des suspects récents soient issus de villes haredi attire l’attention des services de sécurité. À ce stade, aucune généralisation n’est établie, mais les autorités observent une répétition de cas impliquant de jeunes hommes issus de milieux fermés, parfois peu exposés aux mécanismes classiques de sensibilisation sécuritaire, et vulnérables aux approches numériques anonymes.
La police et le Shin Bet rappellent régulièrement que tout contact avec des acteurs étrangers hostiles, même sous forme de missions apparemment mineures ou d’échanges d’informations prétendument anodines, constitue une infraction grave et met directement en danger la sécurité de l’État d’Israël et de ses citoyens.
Ces affaires illustrent les efforts persistants de services hostiles pour recruter des Israéliens, y compris au sein de secteurs de la société traditionnellement perçus comme éloignés des sphères sécuritaires mais aussi digitales ! Les autorités appellent à une vigilance accrue, soulignant que la guerre du renseignement passe désormais aussi par les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les paiements numériques.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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