Qui a dit que Zohran Mamdani serait un maire dangereux pour les Juifs de New York ? La réponse, pour ses critiques, se trouve désormais dans ses actes. Cette semaine, le maire a annoncé la nomination d’une nouvelle directrice générale du bureau municipal de lutte contre l’antisémitisme. Une décision qui, loin de rassurer, a provoqué une vague d’indignation et d’inquiétude au sein d’une partie de la communauté juive.
La personne choisie pour ce poste stratégique est Felicia Wisdom, présentée comme une militante progressiste issue de la gauche radicale. Selon les éléments rappelés par ses opposants, elle dirige ou a dirigé une organisation ouvertement anti-israélienne, s’étant exprimée par le passé contre l’État d’Israël, contre Tsahal, et allant jusqu’à attaquer publiquement des responsables politiques qui avaient condamné le Hamas après ses crimes.
La question centrale est donc brutale : comment une personnalité connue pour des positions hostiles à Israël et indulgentes envers des mouvements terroristes peut-elle être chargée de combattre l’antisémitisme ? Pour ses détracteurs, la réponse est évidente : cette nomination relève non d’une erreur de jugement, mais d’une orientation idéologique assumée.
Dans le contexte new-yorkais, cette décision est particulièrement sensible. New York abrite l’une des plus grandes communautés juives du monde. Ces dernières années, la ville a connu une augmentation préoccupante des actes antisémites, allant des agressions physiques aux menaces, en passant par le harcèlement et les slogans haineux. La création d’un bureau municipal dédié à la lutte contre l’antisémitisme répondait précisément à cette urgence. Sa direction devait incarner une ligne claire, ferme et sans ambiguïté.
Or, pour de nombreux observateurs, la nomination de Felicia Wisdom envoie le message inverse. Ses prises de position passées sont perçues non seulement comme incompatibles avec la mission qui lui est confiée, mais comme susceptibles d’alimenter le problème même qu’elle est censée combattre. L’argument avancé est simple : lorsque l’on délégitime Israël, que l’on diabolise Tsahal ou que l’on relativise la barbarie du Hamas, on contribue à créer un climat où la haine des Juifs devient socialement acceptable.
C’est là que surgit une ligne de fracture de plus en plus assumée : l’antisionisme est-il distinct de l’antisémitisme ? Pour une partie croissante de la population juive — et pas seulement — la réponse est désormais claire. L’antisionisme est devenu, dans la pratique, une forme contemporaine d’antisémitisme. Derrière le rejet de l’État d’Israël se cache souvent un rejet des Juifs en tant que peuple, avec les mêmes mécanismes de stigmatisation, de diabolisation et de négation du droit à l’autodétermination.
Dans cette perspective, confier la lutte contre l’antisémitisme à une figure identifiée à l’anti-sionisme radical apparaît comme une contradiction profonde, voire comme une provocation. Les critiques de Mamdani estiment que cette décision s’inscrit dans une série de choix politiques perçus comme hostiles à Israël et aux Juifs, sous couvert de progressisme et de justice sociale.
Au-delà de la question juive, certains vont plus loin et parlent d’un problème américain plus large. Selon eux, ce type de nomination illustre une dérive idéologique qui ne s’attaque pas seulement à Israël, mais aussi aux fondements mêmes de la société américaine. L’idée avancée est celle d’une « conquête intérieure », où des courants radicaux utiliseraient les institutions pour imposer une vision du monde qui fragilise les alliances traditionnelles, banalise l’extrémisme et redéfinit les valeurs communes.
Il ne s’agit pas ici d’un débat théorique, mais d’une question de confiance. Les Juifs de New York peuvent-ils se sentir protégés par une administration qui confie la lutte contre l’antisémitisme à une personne dont les positions passées sont perçues comme hostiles à leur identité collective ? Pour beaucoup, la réponse est négative.
En définitive, cette nomination cristallise toutes les craintes exprimées dès l’arrivée de Mamdani à la mairie. Elle alimente l’idée que la lutte contre l’antisémitisme est en train d’être redéfinie, non pour protéger les Juifs, mais pour les faire taire lorsqu’ils dénoncent la haine déguisée en militantisme politique. Une évolution que ses opposants jugent dangereuse — pour Israël, pour les Juifs, et pour New York elle-même.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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