Le Hezbollah mène actuellement une vaste campagne de procès secrets, d’interrogatoires et d’exécutions à huis clos contre des individus soupçonnés d’avoir collaboré avec Israël. Selon des informations rapportées par le quotidien libanais Nidaa’ al-Watan, ces procédures sont conduites en étroite coordination avec l’Iran, qui aurait dépêché des responsables des Gardiens de la révolution pour superviser les enquêtes et mesurer l’ampleur d’une faille sécuritaire jugée sans précédent au sein de l’organisation chiite.
D’après un haut responsable militaire libanais cité dans le rapport, la série d’événements survenus ces derniers mois — assassinats ciblés de cadres supérieurs, frappes de précision et opérations complexes attribuées à Israël — n’aurait pas pu se produire sans une « brèche humaine majeure » au cœur même du Hezbollah. « Tout ce qui s’est passé n’aurait pas été possible sans une faille humaine significative », a-t-il déclaré, soulignant que l’ampleur des informations exploitées dépasse de loin ce qu’un réseau d’agents de bas niveau aurait pu fournir.
Selon cette source, la situation actuelle diffère radicalement de celle observée lors de la guerre de 2006. À l’époque, les réseaux d’agents et de collaborateurs infiltrés au sein du Hezbollah étaient limités et relativement marginaux. Aujourd’hui, en revanche, le nombre de personnes arrêtées et surtout les fonctions qu’elles occupaient au sein de l’organisation ne correspondent pas, selon lui, à l’ampleur réelle de la fuite. « Cela ne peut pas être un problème de simples exécutants. La brèche doit se situer à un niveau élevé de la chaîne de commandement », a-t-il estimé.
Les informations publiées indiquent que les procès et les exécutions sont menés principalement dans le sud du Liban, loin des regards du public et des médias. Cette stratégie viserait à préserver l’image de cohésion et de puissance du Hezbollah, alors même que l’organisation est confrontée à une crise interne profonde. Toujours selon Nidaa’ al-Watan, certains des individus exécutés seraient présentés officiellement comme des « martyrs », afin d’éviter toute remise en question interne et de neutraliser d’éventuelles critiques au sein de la base militante.
Des sources proches du Hezbollah affirment que l’Iran joue désormais un rôle direct dans ces investigations. Des officiers supérieurs des Gardiens de la révolution auraient été envoyés pour encadrer les interrogatoires, analyser les défaillances et déterminer jusqu’où s’étend la pénétration supposée des services israéliens. L’objectif affiché serait double : identifier les responsables des fuites et restaurer un contrôle sécuritaire strict sur l’appareil du Hezbollah.
Selon des sources de renseignement citées dans le rapport, les enquêtes ne se limiteraient pas au territoire libanais. Elles auraient mis en lumière des connexions s’étendant jusqu’à Téhéran, suggérant que certaines « racines de la faille humaine » pourraient prendre naissance en Iran même. Cette hypothèse, si elle se confirmait, expliquerait la facilité avec laquelle des opérations d’envergure auraient pu être menées non seulement au Liban, mais aussi à l’extérieur du pays, contre des cibles de premier plan.
Les éléments recueillis lors des interrogatoires renforcent les soupçons d’une vulnérabilité au sommet de l’organisation. « Malgré l’image d’un Hezbollah uni et solide qu’il projette à l’extérieur, les investigations menées auprès des suspects ont révélé une fragilité interne préoccupante », ont confié les sources. Cette fragilité, jusqu’ici dissimulée, mettrait en cause la capacité du mouvement à contrôler totalement ses structures internes face aux pressions extérieures et aux opérations de renseignement adverses.
Dans ce contexte, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a récemment multiplié les déclarations menaçantes, promettant une riposte à ce qu’il qualifie « d’agressions israéliennes ». Toutefois, en interne, la priorité semble être donnée à l’assainissement de l’organisation et à la restauration de la confiance au sein de ses rangs, avant toute escalade militaire ouverte.
Ces révélations interviennent dans un climat régional déjà extrêmement tendu, marqué par des affrontements indirects, des frappes ciblées et une guerre de l’ombre entre Israël et l’axe Hezbollah-Iran. La multiplication des arrestations, des procès secrets et des exécutions souligne l’ampleur de la crise de confiance qui traverse aujourd’hui le Hezbollah, confronté à la perspective inquiétante d’avoir été infiltré à des niveaux stratégiques.
Si l’organisation cherche à maintenir une façade de contrôle et de discipline, les informations faisant état d’une intervention iranienne directe et d’une brèche humaine profonde suggèrent que le choc subi est considérable. Pour le Hezbollah comme pour Téhéran, l’enjeu dépasse la simple neutralisation de suspects : il s’agit de comprendre comment une organisation réputée pour sa sécurité et son cloisonnement a pu être ainsi exposée, et d’empêcher que de telles failles ne se reproduisent à l’avenir.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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