Elle se réjouit de la mort d’un policier sur les réseaux sociaux et est arrêtée : « C’est la fin de chaque ballon »

Une affaire choquante mêlant réseaux sociaux, incitation verbale et affrontement avec la police secoue l’opinion publique en Israël. Une habitante de Petah Tikva, âgée de 33 ans et identifiée par l’initiale N., a été arrêtée puis inculpée après avoir publié un message exprimant sa satisfaction à la suite du décès d’un policier israélien en service. L’enquête a débouché non seulement sur une procédure liée à ses propos, mais surtout sur des accusations d’entrave à l’action policière et de menaces à l’encontre d’agents lors de son interpellation.

Les faits remontent à la mort tragique du Yaniv Elkaïm, adjudant-chef de 41 ans, originaire de Netanya. Le 3 juillet dernier, il était en patrouille avec une élève policière qu’il encadrait. Au cours de la mission, il s’est approché d’une conductrice ayant commis une infraction routière. Alors qu’il regagnait son véhicule de service, une voiture de marque Mercedes, conduite par un jeune homme de 20 ans, a tenté un dépassement dangereux et l’a violemment percuté. Le policier est décédé des suites de ses blessures. Le conducteur a été accusé de conduite imprudente ayant entraîné la mort.

Un jour après l’accident, N. a publié un commentaire sur Instagram qui a rapidement suscité l’indignation. Dans son message, elle se félicitait explicitement de la mort du policier, écrivant notamment que « c’est la fin de chaque ballon », ajoutant qu’« il y a un policier de moins » et remerciant Dieu pour ce qu’elle présentait comme un « nettoyage du pays ». Ces propos, perçus comme particulièrement offensants envers les forces de l’ordre et la famille de la victime, ont été signalés aux autorités.

Suite à la publication, des policiers se sont rendus au domicile de la suspecte afin de l’interpeller et de la conduire pour interrogatoire. Selon l’acte d’accusation, les agents l’ont aperçue entrant dans sa voiture et lui ont demandé de les accompagner volontairement au commissariat. Elle aurait refusé d’obtempérer. Face à son refus, les policiers lui ont notifié qu’elle était en état d’arrestation et lui ont ordonné de sortir du véhicule.

C’est à ce moment-là que la situation a dégénéré. D’après le dossier judiciaire, N. aurait opposé une résistance active à son arrestation, se serait mise à crier, à se débattre et à proférer des insultes graves à l’encontre des policiers présents. Elle les aurait traités de « déchets », les aurait injuriés de manière répétée et aurait continué à s’agiter même après avoir été menottée.

Une fois installée dans le véhicule de police, elle aurait ouvert la portière, tenté d’en sortir et frappé contre les vitres. Les insultes se seraient poursuivies, visant également la famille d’un des policiers. Elle aurait par ailleurs menacé de poursuivre la police en justice, affirmant qu’il s’agissait d’un « enlèvement » et qu’ils « paieraient toute leur vie » pour leur acte. À plusieurs reprises, elle a nié être l’auteure du message incriminé, prétendant que son compte Instagram aurait été piraté et que les propos ne venaient pas d’elle.

Finalement, la suspecte a été conduite au commissariat de Petah Tikva, où elle a été interrogée. Fait notable, l’acte d’accusation ne porte pas directement sur l’expression de joie face à la mort du policier, mais sur des chefs d’accusation liés à son comportement lors de l’arrestation : menaces proférées contre des agents publics et entrave à un policier dans l’exercice de ses fonctions.

Cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, en particulier lorsqu’il s’agit de propos haineux ou provocateurs visant des représentants de l’État, surtout dans un contexte de deuil et de tragédie. Elle met également en lumière la rapidité avec laquelle des publications en ligne peuvent entraîner des conséquences pénales, non seulement pour leur contenu, mais aussi pour les réactions qu’elles suscitent et la manière dont leurs auteurs interagissent ensuite avec les forces de l’ordre.

Le procès de N. devrait s’ouvrir prochainement. Il sera suivi de près, tant par les autorités que par le public, dans un climat déjà tendu autour du respect des forces de sécurité et de l’usage des réseaux sociaux comme espace d’expression sans filtre. Pour la famille du policier décédé, cette affaire ajoute une couche supplémentaire de douleur à une perte déjà tragique.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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