Le voyage de loisirs de Lin Azoulay, 22 ans, s’est transformé en une expérience traumatisante à son arrivée en Géorgie. Partie en vacances à Batoumi avec sa cousine, la jeune femme n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire, a été retenue plusieurs heures à l’aéroport, puis renvoyée de force en Israël. Elle affirme avoir subi un traitement humiliant et dégradant de la part des autorités locales, en lien avec son identité de genre et les informations figurant sur son passeport.
Lin Azoulay, coiffeuse de formation originaire de Haïfa, a entamé il y a un an et demi un processus de transition de genre. Il y a environ trois mois, elle a obtenu un nouveau passeport israélien comportant sa photo actuelle, mais conservant son ancien prénom et la mention de son genre précédent. Avec ce document, elle avait déjà voyagé sans incident dans plusieurs pays, notamment en Turquie et en Hongrie. Rien ne laissait donc présager les difficultés qu’elle allait rencontrer à son arrivée en Géorgie.
Selon son témoignage, les premiers signes de malaise sont apparus dès le contrôle de sécurité. Elle raconte avoir été soumise à plusieurs passages répétés au portique, sans qu’aucune alarme ne se déclenche, tandis qu’une agente de sécurité riait ostensiblement. « Je sentais que quelque chose n’allait pas, mais je ne comprenais pas encore ce qui se passait », explique-t-elle.
La situation s’est aggravée lors du contrôle des passeports. La fonctionnaire chargée de l’examen de ses documents aurait comparé longuement la photo du passeport à son apparence, avant d’appeler un officier supérieur. D’après Lin, les deux agents auraient alors échangé des rires, avant que l’officier ne prenne son passeport, ne la pousse et ne lui annonce sèchement qu’elle devait retourner en Israël, tandis que sa cousine était autorisée à entrer dans le pays.
Interrogée sur les raisons de ce refus d’entrée, Lin affirme que l’officier lui a expliqué que son apparence ne correspondait pas à la photo et aux données figurant sur le passeport. Elle raconte avoir été conduite, avec sa cousine, dans une pièce fermée, où on lui aurait demandé de signer un document déclarant qu’elle acceptait volontairement de rentrer en Israël, le tout filmé par une caméra. « J’ai refusé de signer, en disant que je ne voulais pas repartir. Il a signé à ma place et m’a dit que je ne sortirais pas de la pièce avant qu’une place sur un vol de retour ne soit trouvée », relate-t-elle.
Toujours selon son témoignage, lorsqu’elle a demandé à récupérer son passeport, sa requête a été refusée. Un autre agent de sécurité serait alors intervenu, la menaçant d’arrestation et lui indiquant que, si elle « faisait des problèmes », elle risquait d’être placée en cellule avec des hommes. Une menace qu’elle dit avoir vécue comme particulièrement angoissante et intimidante.
Après environ quatre heures passées dans l’aéroport de Batoumi, Lin a finalement été embarquée sur un vol de retour vers Israël, opéré par Israir. « Pendant tout le vol, j’ai pleuré. Les membres d’équipage ont été gentils et m’ont aidée, mais ce que j’ai vécu en Géorgie a été profondément humiliant et dégradant », confie-t-elle. Au-delà du choc émotionnel, elle souligne également les pertes financières engendrées par cet épisode : nuits d’hôtel perdues, billets d’avion non remboursés, frais de transport vers l’aéroport, pour un montant total qu’elle estime à plusieurs centaines de shekels. « L’argent compte moins que l’humiliation », insiste-t-elle.
Aucune réponse officielle n’a été fournie par les autorités géorgiennes chargées du contrôle des frontières, malgré les demandes de réaction. Du côté israélien, le ministère des Affaires étrangères a indiqué ne pas avoir connaissance du cas, la jeune femme n’ayant pas contacté l’ambassade ou le consulat d’Israël sur place au moment des faits.
L’incident soulève des questions plus larges sur le traitement des voyageurs transgenres aux frontières internationales, en particulier lorsque les documents officiels ne reflètent pas entièrement l’apparence ou l’identité vécue de la personne. Il met également en lumière les vulnérabilités auxquelles peuvent être confrontés certains voyageurs, même lorsqu’ils sont en possession de documents valides et ont déjà circulé sans difficulté dans d’autres pays.
Pour Lin Azoulay, ce voyage restera avant tout le souvenir d’une expérience douloureuse. Elle espère que son témoignage permettra d’alerter d’autres voyageurs et, à terme, d’éviter que des situations similaires ne se reproduisent. « Personne ne devrait être traité de cette façon », conclut-elle.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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