Coup de poignard dans le dos de Donald Trump : Emmanuel Macron appelle l’Europe à se détacher

Le président français Emmanuel Macron hausse le ton face aux États-Unis et appelle l’Europe à rompre avec toute forme de dépendance stratégique vis-à-vis de Washington. Dans un contexte marqué à la fois par les tensions commerciales avec l’administration de Donald Trump et par l’afflux massif de produits chinois à bas coût, le chef de l’État français estime que l’Union européenne n’a plus le luxe de l’attentisme. Selon lui, le continent doit désormais agir comme un véritable bloc économique souverain, et non comme une simple addition de pays coordonnés de manière imparfaite.

Dans un entretien accordé au Financial Times ainsi qu’à plusieurs médias européens, Emmanuel Macron a mis en garde contre une lecture trop optimiste de l’accalmie relative observée ces dernières semaines dans les relations transatlantiques. À ses yeux, cette période de calme ne signifie en aucun cas la fin des tensions. Il rappelle que la crise autour du Groenland, lorsque l’administration Trump avait menacé d’imposer des droits de douane aux pays opposés à une prise de contrôle américaine de l’île arctique, n’était qu’un symptôme d’un bouleversement bien plus profond.

« Nous faisons face à un tsunami chinois dans le commerce mondial, et à une instabilité américaine minute par minute. Ces deux phénomènes constituent une rupture majeure pour les Européens », a déclaré le président français. Pour Macron, l’Europe est désormais prise en étau entre deux puissances capables de déstabiliser ses industries, ses chaînes d’approvisionnement et, à terme, sa souveraineté politique.

Sur le plan diplomatique, Emmanuel Macron affirme maintenir une relation « respectueuse et prévisible » avec Donald Trump, tout en refusant toute attitude de soumission. « Lorsqu’il y a un acte d’agression clair, il ne faut ni s’incliner ni chercher des compromis artificiels. Nous avons essayé pendant des mois, et cela n’a pas fonctionné », a-t-il insisté. Il va plus loin en qualifiant l’administration américaine actuelle d’« ouvertement anti-européenne », estimant qu’elle manifeste un mépris assumé pour l’Union européenne et nourrit, de facto, le souhait de voir le projet européen se fragmenter.

C’est sur le terrain économique que le président français formule ses propositions les plus structurantes. Il plaide pour l’adoption d’une politique de « préférence européenne », destinée à favoriser les entreprises de l’Union dans les marchés publics, les appels d’offres et les chaînes de valeur stratégiques. Cette orientation viserait en priorité des secteurs clés tels que le véhicule électrique, les énergies renouvelables, la chimie ou encore les technologies industrielles avancées.

Emmanuel Macron relance également avec force l’idée d’un endettement commun européen, à grande échelle, afin de financer des investissements massifs dans ce qu’il qualifie de « trois batailles de l’innovation » : l’intelligence artificielle et le calcul quantique, la transition énergétique, et la défense. Selon lui, seule une telle approche permettra à l’Europe de devenir une véritable puissance économique, capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine, plutôt que de se cantonner à un rôle de super-régulateur mondial.

Le président français anticipe par ailleurs un nouveau front de tensions avec Washington dans le courant de l’année, cette fois autour de la régulation numérique. Il avertit que les États-Unis pourraient recourir à des sanctions commerciales si l’Union européenne applique strictement le Digital Services Act à l’encontre des géants technologiques américains. De même, il n’exclut pas des mesures de rétorsion contre des pays comme la France ou l’Espagne, qui envisagent de restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Pour Macron, la protection des enfants européens contre la « monétisation de leur attention » relève pleinement de la souveraineté politique.

Au sein de l’Union, cette ligne française ne fait toutefois pas l’unanimité. Selon le Financial Times, plusieurs capitales européennes redoutent qu’une telle stratégie n’affaiblisse les principes du marché unique et du libre-échange, piliers historiques de la construction européenne. À cela s’ajoutent les contraintes politiques et budgétaires internes de la France, qui compliquent la capacité de Paris à s’imposer comme moteur incontesté de cette réorientation stratégique.

Malgré ces réticences, la pression croissante exercée à la fois par Washington et Pékin renforce, selon Emmanuel Macron, l’urgence d’un choix clair. L’Europe, affirme-t-il, ne peut plus rester dans une position intermédiaire inconfortable. Elle doit désormais trancher entre une dépendance prolongée vis-à-vis des grandes puissances extérieures ou la construction résolue de sa propre force économique et stratégique.

 


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