La nouvelle enseigne de déstockage lancée par Rami Lévy a ouvert ses portes ce mardi matin à Pardes Hanna, et l’événement a immédiatement pris des allures de raz-de-marée commercial. Dès les premières heures de la journée, des centaines de personnes se sont massées devant l’entrée du magasin, certaines arrivant dès sept heures du matin. En l’espace de quelques heures seulement, plusieurs milliers de clients venus de tout le pays ont défilé dans les allées du nouveau point de vente, obligeant la direction à fermer temporairement les portes à plusieurs reprises afin de réguler l’affluence.
Le magasin, d’une superficie de 2 500 mètres carrés, est situé à proximité du complexe Big de Pardes Hanna. Il s’agit du tout premier magasin du réseau Rami Lévy Stock, un concept distinct de l’enseigne alimentaire bien connue, centré exclusivement sur les produits non alimentaires. Les comparatifs de prix publiés dans les jours précédant l’ouverture ont mis en évidence des écarts de plusieurs dizaines de pourcents par rapport aux concurrents, ce qui a manifestement déclenché une ruée massive des consommateurs.
L’offre proposée est large et couvre de nombreux segments de la consommation courante : jouets, articles pour la maison, vaisselle jetable, matériel de loisirs créatifs, outils, petits appareils électroménagers et produits saisonniers. Contrairement à certaines chaînes concurrentes, le magasin ne propose pas de parcours imposé : les clients circulent librement entre les rayons, ce qui contribue à une impression de fluidité, même en période de forte affluence.
Sur le plan logistique, le magasin fonctionne à l’aide de chariots intelligents capables de scanner les produits au fur et à mesure des achats, complétés par quatre caisses traditionnelles. Un personnel renforcé était mobilisé dès l’ouverture pour accompagner les clients et faciliter le processus de paiement. Malgré ces dispositifs technologiques, la densité exceptionnelle de visiteurs a provoqué de longues files d’attente, aussi bien à l’entrée qu’aux caisses.
Les prix affichés expliquent en grande partie l’enthousiasme observé. Parmi les produits remarqués figurent une cuisine pour enfants et une maison de poupées en bois à 149 shekels, un service d’assiettes à 29,90 shekels contre environ 70 shekels ailleurs, de grands coussins au même prix, des boîtes de rangement compatibles avec les étagères Ikea entre 9,90 et 14,90 shekels, un trotteur vendu 700 shekels alors que le modèle le moins cher du marché dépasse habituellement les 1 000 shekels, ou encore une borne de recharge pour véhicule électrique à 699 shekels, contre 1 500 shekels et plus chez d’autres distributeurs. Le magasin propose également des marques reconnues telles que Soltam, Arcos ou Hot Wheels.
Le directeur général du réseau, Yani Damari, a insisté sur le fait que ces tarifs ne relèvent pas d’une opération promotionnelle temporaire. Selon lui, il s’agit de prix permanents, issus du modèle économique de la chaîne. Il affirme que chaque produit est vendu au prix le plus bas que l’entreprise a pu obtenir, avec des écarts de 25 à 35 % par rapport aux concurrents directs. Damari précise que les équipes s’étaient préparées à plusieurs jours de forte demande dès l’ouverture.
Les prix bas s’expliquent notamment par la structure de propriété de la société. Rami Lévy détient 60 % du capital, tandis que les 40 % restants appartiennent à des importateurs expérimentés. Ces partenaires opèrent via l’importation directe et parallèle, sans intermédiaires, ce qui permet de réduire significativement les coûts. D’après la direction, les quelque 25 000 références proposées en magasin ont toutes fait l’objet de contrôles qualité avant leur mise en rayon.
L’ouverture de ce premier magasin s’inscrit dans un contexte de forte tension concurrentielle. Selon plusieurs sources du secteur, des fournisseurs auraient récemment été avertis par de grandes chaînes de distribution de ne pas vendre leurs produits non alimentaires à Rami Lévy Stock, sous peine de voir leurs relations commerciales remises en cause. Ces pressions témoignent de l’inquiétude suscitée par les écarts de prix pratiqués par la nouvelle enseigne.
En réaction, certaines chaînes de distribution alimentaire auraient lancé des promotions inhabituelles sur des produits électroménagers, électroniques et des smartphones, à des niveaux de prix que des acteurs du secteur jugent peu ou pas rentables. Cette dynamique illustre l’intensité de la bataille commerciale déclenchée par l’arrivée de Rami Lévy Stock sur le marché.
La nouvelle enseigne entre ainsi dans un secteur déjà très concurrentiel, dominé par Max Stock, leader du marché, suivi par Zol Stock, HaStock, Jumbo, Boom, Dan Deal et Flying Tiger. Selon une analyse de CofaceBDi, le chiffre d’affaires du marché israélien du déstockage a atteint environ 3,6 milliards de shekels en 2024, en hausse de 7 % sur un an. Max Stock concentre à lui seul près de 48 % des revenus du secteur, avec un réseau de 63 magasins.
Enfin, un autre défi se profile pour les chaînes de déstockage en 2026 : le relèvement du plafond d’exonération de TVA pour les importations personnelles, de 75 à 150 dollars. Cette mesure devrait renforcer l’attractivité des achats sur les plateformes internationales et exercer une pression supplémentaire sur les prix pratiqués localement.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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