Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi, lors d’un entretien accordé à la chaîne Fox Business, qu’il privilégiait la voie d’un accord avec l’Iran plutôt qu’une escalade militaire, à condition que cet accord exclue toute possibilité pour Téhéran de se doter d’armes nucléaires et de missiles. « Je sais que l’Iran veut un accord. Beaucoup disent le contraire, mais moi je préfère conclure un accord », a affirmé le président américain, en précisant que ses lignes rouges restaient claires : pas d’arme nucléaire et pas de missiles.
Ces déclarations interviennent alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a quitté Israël pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche. Avant son départ, le chef du gouvernement a indiqué que la discussion porterait sur Gaza, sur la situation régionale, mais surtout sur l’Iran. Selon lui, il entend présenter au président américain des principes de négociation qu’il juge essentiels pour garantir la paix et la sécurité au Moyen-Orient. Netanyahou devait atterrir à Washington peu après minuit, heure israélienne, dans la nuit de mardi à mercredi.
En parallèle, la chaîne CNN a rapporté, citant deux sources israéliennes, que Netanyahou envisageait d’aborder avec Trump non seulement la voie diplomatique, mais aussi des options militaires contre l’Iran. La porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé que le président américain recevrait le Premier ministre israélien mercredi. D’après ce même rapport, Netanyahou prévoit de présenter à Trump de nouvelles informations de renseignement concernant les capacités militaires de la République islamique. Une source citée par CNN a expliqué qu’Israël se dit particulièrement préoccupé par les progrès iraniens dans la reconstitution de son arsenal de missiles balistiques, et par la possibilité d’un retour à un niveau de capacités comparable à celui d’avant la récente guerre dite « des 12 jours ».
Selon l’évaluation israélienne relayée dans ces échanges, l’Iran pourrait, en l’absence d’une action contre lui, disposer de 1 800 à 2 000 missiles balistiques en l’espace de quelques semaines ou de quelques mois. Ces chiffres alimentent l’inquiétude à Jérusalem quant à la solidité des dispositifs de dissuasion et de défense aérienne de la région.
De son côté, le Wall Street Journal a rapporté que des responsables israéliens de haut rang estiment que Netanyahou exigera à la Maison-Blanche le démantèlement total des installations d’enrichissement nucléaire iraniennes, des limitations strictes du programme balistique, ainsi que l’arrêt du soutien de Téhéran aux milices régionales, notamment le Hamas et le Hezbollah. Selon ces sources, l’Iran serait capable, à terme, de produire des dizaines de milliers de missiles balistiques, un arsenal jugé suffisant pour menacer sérieusement les systèmes de défense israéliens.
Toujours selon ces responsables, Netanyahou tentera de convaincre Trump que l’Iran pourrait, à l’avenir, renier un accord signé sous pression, dans un contexte de sanctions économiques sévères, de troubles internes et de menace militaire américaine. Des sources proches du Premier ministre indiquent qu’il prévoit de revenir sur les éléments montrant la reprise du programme balistique iranien. Dans le même temps, certains responsables américains estiment que Netanyahou préférerait une option militaire directe contre l’Iran et chercherait à pousser Washington dans cette direction lors de sa visite.
Sur le plan protocolaire, il est à noter que, de manière inhabituelle, l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahou, ne l’accompagne pas lors de ce déplacement. Elle pourrait toutefois rejoindre les États-Unis la semaine suivante à l’occasion d’une conférence de l’AIPAC, dont la tenue est actuellement maintenue et fait l’objet de préparatifs.
L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, participe pour la deuxième fois au vol officiel à bord de l’avion « Aile de Sion ». Interrogé sur la signification de cette présence, il a répondu avec humour que cela signifiait simplement qu’il arriverait plus rapidement aux États-Unis.
Pendant l’absence de Netanyahou, l’intérim à la tête du gouvernement israélien sera réparti : le ministre de la Défense Israël Katz sera chargé de la convocation du cabinet de sécurité, tandis que le ministre de la Justice Yariv Levin présidera les réunions du gouvernement. Cette organisation a été formellement approuvée par un vote ministériel.
Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ismaïl Baghaï, a déclaré lors d’une conférence de presse à Téhéran que les États-Unis devaient, selon lui, prendre leurs décisions de manière indépendante au lieu de dépendre d’Israël. Il a accusé Israël d’être un acteur « destructeur » qui chercherait à saboter toute voie diplomatique de règlement des crises régionales. Baghaï a néanmoins affirmé que l’Iran était déterminé à parvenir à un accord avec Washington permettant la levée des sanctions, tout en avertissant que toute agression entraînerait une réponse sévère.
Enfin, selon un reportage diffusé récemment par la chaîne publique israélienne Kan, l’un des objectifs centraux de la visite de Netanyahou est de mettre en garde l’administration américaine contre un « accord étroit » avec l’Iran, limité à la seule question nucléaire. À Jérusalem, on craint qu’un tel accord ne laisse le champ libre à l’Iran pour poursuivre sans entrave le développement et la reconstruction de son arsenal de missiles balistiques, un risque que le Premier ministre entend exposer en détail à son interlocuteur américain.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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