Israël : controverse à la Knesset sur les baisses d’impôts en faveur des hauts revenus

La proposition d’élargissement des tranches d’impôt sur le revenu, présentée à la Commission des finances de la Knesset במסגרת Loi des arrangements accompagnant le budget 2026, suscite de vives critiques.

Selon le ministère des Finances, la réforme vise à alléger la charge fiscale des ménages gagnant à partir de 16 000 shekels par mois. Toutefois, les simulations montrent que les principaux bénéficiaires seraient surtout les salariés aux revenus plus élevés.


📊 Ce que prévoit la réforme

La mesure consiste à élargir certaines tranches d’imposition :

  • Le seuil de la tranche à 20 % passerait de 193 800 ₪ à 228 000 ₪ par an.
  • La tranche à 31 % débuterait plus haut, à 228 001 ₪ au lieu de 193 801 ₪.
  • Le seuil de la tranche à 35 % serait relevé de 269 280 ₪ à 301 200 ₪ par an.

🔎 Concrètement :

  • Un salarié gagnant 16 100 ₪ par mois ne bénéficierait quasiment pas de la réforme.
  • À 20 600 ₪ mensuels, l’économie serait d’environ 313 ₪ par mois.
  • Au-delà de 25 000 ₪ mensuels, la baisse atteindrait environ 400 ₪ par mois, soit plus de 5 000 ₪ par an.

Le coût budgétaire est estimé à 4 milliards de shekels en 2026, puis 5 milliards les années suivantes.


⚖️ Les critiques : une mesure peu équitable ?

Le Forum Arlozorov a présenté une alternative : utiliser la même enveloppe budgétaire pour réduire les premières tranches d’imposition (10 % ou 14 %), afin que tous les contribuables bénéficient d’un allègement.

Selon cette approche :

  • 2 millions de contribuables pourraient économiser environ 200 ₪ par mois en moyenne,
  • au lieu qu’environ 1 million de salariés des déciles supérieurs économisent 400 ₪.

Les défenseurs de cette option estiment que pour les ménages modestes ou intermédiaires, 200 ₪ supplémentaires par mois peuvent financer des dépenses essentielles (logement, alimentation, santé, éducation).

Ils soutiennent également que les ménages à revenus plus faibles ont une propension marginale à consommer plus élevée, ce qui stimulerait davantage la croissance économique que des économies fiscales orientées vers les hauts revenus, plus enclins à épargner.


🏛️ Position du ministère des Finances

Le ministère des Finances, dirigé par Bezalel Smotrich, défend la réforme en affirmant que :

  • Les classes moyennes supérieures atteignent rapidement des taux marginaux élevés.
  • Réduire l’impôt marginal inciterait davantage de travail et d’activité économique.
  • Une taxation accrue du patrimoine (projet de taxe foncière sur les terrains non bâtis à 1,5 % par an) compenserait partiellement la perte de recettes.

Selon le ministère, de nombreux ménages des déciles 6 et 7 paient peu ou pas d’impôt sur le revenu en raison des crédits d’impôt, limitant l’impact réel d’une baisse sur les premières tranches.


📌 Un débat budgétaire et social

La réforme soulève une question centrale :
dans un contexte où les services publics sont sous pression, faut-il privilégier une réduction ciblée pour encourager la productivité des revenus élevés — ou une baisse plus large et plus équitable ?

Le débat à la Knesset reflète un choix de modèle économique :
stimulation par l’offre et l’incitation au travail marginal, ou redistribution visant à renforcer la consommation des ménages modestes.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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