Les pourparlers avec le Liban gelés : l’impasse à Rome et l’exigence posée au Hezbollah

Les contacts diplomatiques discrets, menés sous médiation américaine à Rome entre les délégations israélienne et libanaise, se sont heurtés à un mur infranchissable. Une source diplomatique libanaise a indiqué qu’aucun nouveau round de discussions n’était prévu au cours du mois à venir, et que la reprise des rencontres serait reportée au plus tôt à la fin de l’été. Malgré des déclarations optimistes du département d’État américain évoquant des échanges utiles au niveau technique, les écarts entre Jérusalem et Beyrouth se sont creusés sur le terrain, provoquant le gel du processus — c’est ce qu’a rapporté cette nuit (entre dimanche et lundi) la chaîne arabe Al-Mayadeen.

Une exigence ferme concernant un site du Hezbollah

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

L’un des principaux points de désaccord lors des discussions de Rome concernait une exigence israélo-américaine catégorique adressée au Hezbollah : démanteler immédiatement le complexe militaire établi par l’organisation terroriste sur la crête d’Ali al-Tahar, dans la région de Nabatieh.

Cette crête dominante, culminant à environ 600 mètres, offre un point d’observation et un contrôle étendu sur l’ensemble de la région. Israël a précisé aux médiateurs qu’il laissait une chance à l’armée libanaise d’agir et de convaincre le Hezbollah d’évacuer les lieux, tout en soulignant que si cette démarche échouait, Tsahal agirait militairement de manière complète pour prendre le contrôle de la crête.

Des désaccords profonds sur l’accord-cadre

Parallèlement, de sérieux désaccords sont apparus concernant la mise en œuvre de l’accord-cadre signé en juin 2026. Cet accord prévoit que Tsahal se retire progressivement de certaines zones du sud du Liban et transfère la responsabilité sécuritaire à l’armée libanaise, dans le cadre d’un programme de « zones pilotes ».

La délégation libanaise a exigé d’appliquer dès maintenant ce modèle aux localités de Bint Jbeil et Al-Khiam, afin de permettre à des milliers d’habitants déplacés de rentrer chez eux. Israël et les États-Unis ont catégoriquement rejeté cette demande, précisant qu’il n’y aurait aucune extension des zones pilotes tant qu’une application complète et un démantèlement total des infrastructures terroristes ne seraient pas démontrés dans les zones où l’armée libanaise a déjà reçu la responsabilité.

Un autre obstacle majeur dans les discussions concerne la question des disparus et des combats sur le terrain. Les Libanais ont exigé de recevoir des informations sur les civils et militants disparus pendant les mois de combats. De son côté, la délégation libanaise a refusé d’accepter les affirmations israéliennes selon lesquelles l’ensemble des explosions et des opérations de génie menées par Tsahal dans le sud du Liban visait uniquement la destruction de tunnels et de dépôts d’armes du Hezbollah.

Israël a maintenu sa position selon laquelle aucune garantie de cessez-le-feu complet ne serait accordée tant que le Hezbollah continuerait à s’armer et refuserait de se retirer de la ligne frontalière. Cette impasse a conduit le gouvernement libanais à reconnaître que les négociations entraient dans leur phase la plus difficile, la perspective d’une percée avant septembre étant plus mince que jamais.

Pour aller plus loin sur les tensions à la frontière libanaise, retrouvez nos articles sur le risque du commando du Hezbollah qui se prépare à la frontière et sur l’avertissement voilé de Naïm Qassem sur l’ombre d’une guerre civile.