Les négociations en cours entre Israël et le Liban ont soulevé la question cruciale des pays qui prendront part au désarmement du Hezbollah. À l’approche de la poursuite de la mise en œuvre du plan, certains pays n’ont pas été validés par Israël pour participer à cette mission — et d’autres restent, pour l’heure, sous un point d’interrogation.
Une ligne claire tracée par Jérusalem
Il a été révélé ce lundi soir, lors de l’édition du journal télévisé de la chaîne, qu’Israël a fixé une position claire concernant la composition de la force internationale qui aidera à désarmer le Hezbollah. Cette ligne stipule que les pays ayant agi contre Israël devant les tribunaux internationaux de La Haye — que ce soit contre l’État d’Israël lui-même ou contre des hauts responsables israéliens — ne feront pas partie de la force internationale déployée au Liban. Plusieurs pays avaient été évoqués comme candidats potentiels à une participation à ce mécanisme, mais Israël a d’ores et déjà écarté la participation de la France, de la Turquie et de l’Espagne, en raison de leur attitude hostile et de leurs actions contre Israël.
À découvrir aussi :
Aux côtés des pays écartés, un dilemme subsiste concernant des pays n’ayant pas agi directement contre Israël devant les tribunaux internationaux, mais ayant annoncé qu’ils respecteraient et appliqueraient les mandats d’arrêt émis contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La Suisse fait partie des pays entrant dans cette catégorie, et Israël n’a pas encore tranché la question de sa possible participation à la force.
L’Italie, hôte des pourparlers, au cœur d’une controverse
Un autre pays sujet à controverse est l’Italie, qui accueille précisément les pourparlers de négociation. D’un côté, plusieurs déclarations très critiques envers Israël ont été formulées en Italie pendant la guerre. De l’autre, Rome a clairement fait savoir qu’elle n’arrêterait pas de hauts responsables israéliens, malgré les mandats d’arrêt émis à leur encontre.
Outre ces pays, d’autres nations évoquées comme candidates possibles à une intégration dans la force sont l’Indonésie, la Grande-Bretagne et la Grèce. Cette dernière est considérée comme entretenant des relations particulièrement étroites avec Israël, notamment en matière de coopération sécuritaire et d’exercices militaires conjoints organisés ces derniers mois.
Une conception israélienne plus large de la souveraineté sécuritaire
Derrière ce débat sur l’identité des pays participants se trouve une conception israélienne plus vaste : à Jérusalem, on cherche à établir une ligne rouge et à modifier l’approche générale concernant la délégation des questions sécuritaires israéliennes à des acteurs internationaux. Le message israélien est clair : les pays qui se soucient des intérêts des ennemis d’Israël, ou ceux qui agissent activement contre Israël sur la scène internationale, ne pourront pas être partenaires d’un plan censé garantir le désarmement du Hezbollah.
Du point de vue israélien, le désarmement du Hezbollah constitue un intérêt sécuritaire national de premier plan. Si aucun mécanisme international acceptable pour Israël n’est trouvé, capable de garantir la mise en œuvre des accords sur le terrain, le message est sans équivoque : Israël n’hésitera pas à agir avec force.
Ce débat sur la composition de la force internationale s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance israélienne envers certains acteurs multilatéraux, alimentée notamment par les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale contre des responsables israéliens et par les prises de position de plusieurs gouvernements européens pendant la guerre à Gaza et au Liban. Cette méfiance a conduit Jérusalem à privilégier, dans les mois précédents, des cadres de coopération sécuritaire bilatéraux plutôt que des mécanismes onusiens ou multilatéraux jugés trop sensibles aux pressions diplomatiques hostiles à Israël.
Sur des sujets connexes, notre rédaction avait déjà suivi de près les opérations menées par Tsahal contre les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban, ainsi que les développements successifs du cessez-le-feu conclu avec l’organisation terroriste. Nous invitons également nos lecteurs à consulter l’ensemble de notre couverture du dossier libanais sur la page d’accueil de notre site.






