Jamais dans l’histoire canadienne l’antisémitisme sur les campus n’était apparu aussi répandu, aussi ouvert et aussi toléré. Pour Alexa Barrett-Taller, diplômée de l’université Carleton à Ottawa, l’explosion de haine anti-juive est devenue profondément personnelle après le 7 octobre.
Selon son témoignage, l’un de ses professeurs aurait rendu les Juifs responsables du massacre mené par le Hamas. Lorsqu’elle a tenté d’aborder ces propos en privé après le cours, ses préoccupations auraient été balayées d’un revers de main. Toujours selon Alexa, ce même professeur aurait par la suite invité en classe une personne accusée de terrorisme pour s’adresser aux étudiants.
“There’s a Jew! Let’s get him!”
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Never in Canadian history has antisemitism been so rampant and tolerated on university campuses. Watch this video. Absolutely gut wrenching. pic.twitter.com/PH8yN3oZNu
— Casey Babb (@DrCaseyBabb) August 10, 2026
« Je pensais que mon plus grand défi serait les examens »
Son expérience reflète la réalité effrayante à laquelle sont confrontés les étudiants juifs à travers le Canada : hostilité, intimidation, et la crainte que signaler l’antisémitisme entraîne l’isolement plutôt que la responsabilisation des coupables. Interrogée par la chaîne canadienne CTV News sur son parcours à l’université Carleton, Alexa Barrett-Taller a confié avoir ressenti le besoin de dissimuler son identité juive en raison de la montée de l’antisémitisme sur le campus. « Quand j’ai commencé l’université, je pensais que mes plus grands défis seraient les examens et les délais à respecter. Je n’aurais jamais imaginé qu’une des parties les plus difficiles serait de naviguer ce que signifiait être ouvertement juive sur le campus », a-t-elle déclaré.
Un rapport gouvernemental confirme un problème systémique
Son témoignage s’inscrit dans le cadre d’un rapport commandé par le gouvernement fédéral canadien, qui a mis en lumière une réalité d’antisémitisme jugée « systémique » à travers l’ensemble des campus universitaires du pays. Ce rapport a été présenté sur la Colline du Parlement, à Ottawa, par le Réseau des universitaires canadiens engagés (NECA), une organisation fondée par deux professeurs de la région d’Ottawa, dont Deidre Butler, directrice du Centre Zelikovitz d’études juives à l’université Carleton — la même université fréquentée par Alexa Barrett-Taller.
Cette université n’en est d’ailleurs pas à sa première controverse liée à l’antisémitisme parmi son corps professoral. L’organisation B’nai Brith Canada avait déjà, par le passé, appelé Carleton à condamner publiquement des propos tenus par une autre professeure de l’établissement, qui avait mis en cause une prétendue influence de « l’argent juif » corrompant l’institution, tout en dénigrant le Centre d’études juives de l’université.
Quand les universités ferment les yeux
Lorsque les universités refusent d’affronter la haine émanant de leurs propres professeurs, cette haine ne reste pas confinée à la salle de classe. Elle se propage sur l’ensemble du campus, se banalise, et finit par se traduire par des menaces ouvertes contre les étudiants juifs — une dynamique qui, selon plusieurs témoignages recueillis dans le cadre de ce rapport, se répète désormais dans de nombreux établissements universitaires canadiens, bien au-delà du seul cas de Carleton.
Ce climat rejoint des constats similaires déjà documentés aux États-Unis, où les dirigeants de plusieurs grandes universités avaient dû témoigner devant le Congrès américain face aux accusations de tolérance excessive envers l’antisémitisme sur leurs campus depuis le 7 octobre 2023.
Sur la montée de l’antisémitisme dans les universités nord-américaines, notre rédaction avait déjà consacré plusieurs articles à ce sujet, notamment sur les témoignages de dirigeants d’universités américaines interrogés par le Congrès sur l’antisémitisme sur leurs campus, ainsi que sur la montée générale de l’antisémitisme dans les sociétés occidentales depuis le début de la guerre à Gaza.






