À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée mercredi, la COGAT (Coordination des activités gouvernementales dans les territoires), l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé de superviser l’entrée de l’aide humanitaire vers Gaza, a publié une série de statistiques sur l’aide facilitée par Israël dans l’enclave.
Selon ces chiffres, 600 camions d’aide entrent quotidiennement à Gaza. Avant la guerre, environ 500 camions transitaient chaque jour, dont seulement 70 transportaient de la nourriture. Sur les 600 camions actuels, 70 à 80 % transportent des denrées alimentaires, soit entre 420 et 480 camions de nourriture par jour — ce qui représenterait, selon la COGAT, environ six à sept fois plus de nourriture entrant à Gaza qu’avant la guerre. Aucune restriction ne serait appliquée sur les types d’aliments autorisés à entrer, et les prix alimentaires auraient chuté de 72 %.
Plus de deux millions de tonnes d’aide depuis le cessez-le-feu
À découvrir aussi :
Selon la COGAT, plus de deux millions de tonnes d’aide humanitaire sont entrées à Gaza depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, portant le total de l’aide facilitée par Israël dans l’enclave depuis le début de la guerre à plus de quatre millions de tonnes — soit l’équivalent d’environ deux tonnes d’aide par habitant sur une période de moins de trois ans.
Toujours selon ces données, la capacité en lits d’hôpitaux aurait augmenté de 50 % selon l’Organisation mondiale de la santé, avec 28 hôpitaux et centres médicaux pleinement opérationnels dans l’ensemble de la bande de Gaza. Plus de 21 000 tonnes d’aide médicale seraient entrées dans l’enclave depuis le cessez-le-feu. Les statistiques publiées incluent également les volets hygiène et eau potable, Gaza recevant, selon la COGAT, des quantités plus importantes que certains pays voisins dans ce domaine. « L’aide humanitaire afflue à Gaza chaque jour, avec suffisamment de nourriture, de fournitures médicales et d’approvisionnement en eau, assainissement et hygiène pour subvenir aux besoins de la population civile gazaouie », a déclaré la COGAT dans le communiqué accompagnant la publication de ces chiffres.
Des données qui restent débattues
Ces statistiques s’inscrivent dans une série de rapports similaires publiés par la COGAT ces derniers mois, notamment un rapport détaillé de 22 pages publié en juillet, selon lequel environ 1,78 million de tonnes de nourriture seraient entrées à Gaza entre octobre 2025 et juin 2026 — un volume que l’organisme qualifie de près de trois fois supérieur aux besoins mensuels définis par le Programme alimentaire mondial (PAM). Le général de division Yoram Halevy, chef de la COGAT, avait alors précisé que la publication de ce rapport visait à répondre à ce qu’il a qualifié de tentatives du Hamas et d’autres acteurs de « déformer la réalité humanitaire » à Gaza.
Ces chiffres, fondés sur les déclarations des organisations humanitaires et des acteurs privés recueillies par la COGAT, ne font toutefois pas l’unanimité. Selon un institut de recherche israélien spécialisé, les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), qui a cessé de publier en temps réel ses propres chiffres d’entrée de camions au début du cessez-le-feu, ont historiquement montré des écarts significatifs et persistants avec celles de la COGAT, l’ONU rapportant systématiquement des volumes d’aide inférieurs à ceux enregistrés côté israélien. Le PAM avait par ailleurs alerté à plusieurs reprises, au cours des mois précédant le cessez-le-feu, sur le risque de famine et sur l’insuffisance de l’aide parvenant effectivement à la population, tandis que la COGAT attribue les difficultés persistantes de disponibilité alimentaire non pas au volume de l’aide entrant dans l’enclave, mais à sa gestion, à sa taxation et à sa circulation dans les zones sous contrôle du Hamas.
Ce débat autour des chiffres de l’aide humanitaire à Gaza illustre la persistance d’un profond désaccord entre les autorités israéliennes et certains organismes internationaux quant à l’évaluation exacte de la situation humanitaire dans l’enclave, un désaccord qui perdure malgré l’amélioration mesurable de plusieurs indicateurs depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a près d’un an.






