Le propriétaire d’une salle de sport à Ubud, à Bali, en Indonésie, a expulsé trois touristes israéliens en invoquant leur service dans Tsahal, les qualifiant de « tueurs de bébés ». L’homme, identifié par le média local Hey Bali sous le prénom de Samir, a publié lui-même une vidéo sur les réseaux sociaux pour expliquer les raisons de son refus de les servir.
Dans la vidéo, on l’entend demander aux trois hommes : « Vous servez dans Tsahal ? », avant de leur ordonner de quitter les lieux et de préciser qu’il n’impliquerait pas la police. Il affirme ensuite : « Vous, les gars, vous servez dans Tsahal, donc vous tuez des putains de bébés. Je ne discute pas, les gars, partez. » Il ajoute : « Je ne sers pas les Israéliens, c’est tout », formulant une déclaration générale de refus de servir des Israéliens, sans lien apparent avec le comportement ou les manières des touristes concernés. Il affirmera plus tard que les touristes s’étaient montrés impolis envers son personnel, sans toutefois que cette explication n’ait été évoquée au moment même de leur expulsion, telle que documentée dans la vidéo.
Les touristes ont quitté les lieux sans incident
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Selon les informations disponibles, les trois Israéliens ont quitté la salle de sport sans opposer de résistance, mais ont ensuite publié un avis négatif en ligne concernant l’établissement. La vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, a également été reprise par plusieurs médias internationaux, dont Al Jazeera, qui a présenté l’incident comme un refus de service lié aux « liens militaires allégués » des trois hommes avec Tsahal.
“I said we don’t serve Israelis, we don’t serve the IDF and we don’t serve anyone who’s rude to our staff,” he said.
Footage circulating online shows a gym owner in Bali kicking out three tourists after finding out that they were Israelis who served in the Israeli army. pic.twitter.com/W7W12uZlih
— Middle East Eye (@MiddleEastEye) August 19, 2026
Un climat de plus en plus difficile pour les touristes israéliens à l’étranger
Les touristes israéliens se trouvent, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, dans une situation particulièrement vulnérable lors de leurs voyages à l’étranger. Plusieurs incidents similaires ont déjà été rapportés ces derniers mois : une Israélienne et sa fille avaient été violemment agressées en Thaïlande par un détenteur de passeport français après qu’il eut découvert leur origine, nécessitant toutes deux une intervention chirurgicale. Une touriste israélienne avait par ailleurs commandé un repas dans un restaurant de Bangkok avant de remarquer une pancarte indiquant « Touristes israéliens non admis », l’annulation de sa commande donnant lieu à une confrontation tendue. Des touristes israéliens avaient également été agressés en Thaïlande après avoir été entendus parler hébreu par des touristes français en février dernier, et un parent avait été violemment plaqué au sol après avoir indiqué à un vendeur de billets de zoo que sa famille venait d’Israël, ses enfants étant témoins de la scène.
Face à cette réalité, le Conseil national de sécurité israélien a émis à plusieurs reprises des recommandations à l’attention des touristes israéliens voyageant à l’étranger : éviter de parler hébreu en public, retirer tout signe extérieur d’appartenance juive comme une étoile de David avant de sortir, garder le silence sur leur éventuel service militaire, et éviter les lieux non sécurisés ou peu surveillés.
Cet incident à Bali s’inscrit ainsi dans une tendance plus large et documentée de tensions croissantes rencontrées par les voyageurs israéliens à travers le monde, sur fond de polarisation persistante autour du conflit à Gaza, deux ans après le début de la guerre.






