Hommes masqués et armés, interrogatoires, torture : Tsahal révèle les opérations du Hamas à l’hôpital Nasser

Tsahal et le Shin Bet ont publié jeudi un communiqué conjoint annonçant disposer d’informations de renseignement selon lesquelles le Hamas exploite l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, pour y mener des interrogatoires et des actes de torture contre des Palestiniens. Selon le communiqué, l’organisation terroriste chercherait, par la peur, à préserver son emprise sur une population dont le soutien s’érode fortement dans le contexte du conflit prolongé avec Israël.

Le bâtiment Yassine, au cœur des accusations

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« Selon les informations en notre possession, dans le bâtiment Yassine, au deuxième étage des consultations externes de l’hôpital, des interrogatoires menés par la sécurité intérieure et le renseignement militaire du Hamas ont lieu », affirment Tsahal et le Shin Bet. « Au-delà de cela, le Hamas exploite l’hôpital comme un centre de gouvernance sans lien avec sa fonction médicale, à des fins d’interrogatoires, de torture et de collecte d’argent. »

Selon le communiqué, l’hôpital Nasser continue de constituer « une infrastructure militaire majeure » pour le Hamas dans le sud de la bande de Gaza. Patients et membres du personnel médical seraient régulièrement témoins de la présence permanente d’opérants du Hamas, dont certains masqués, dans différentes zones du complexe hospitalier. « L’usage que fait le Hamas de l’hôpital génère de la peur et nuit aux patients, aux prestataires de services et au personnel médical », précise le texte.

Les deux organismes ont également identifié un autre bâtiment du complexe, ayant successivement servi de bureaux, puis de cafétéria, puis de lieu de prière, aujourd’hui transformé, selon eux, en centre d’interrogatoire du Hamas. « L’exploitation d’infrastructures civiles à des fins d’interrogatoire et de torture constitue un phénomène généralisé au sein de l’organisation terroriste Hamas. Ces agissements constituent une violation du droit international, qui interdit l’usage militaire des hôpitaux », affirment Tsahal et le Shin Bet, qui concluent par un avertissement adressé aux habitants de Gaza : « Le Hamas craint de perdre le contrôle de la bande de Gaza, et utilise donc des hôpitaux, des écoles et d’autres installations civiles pour ses propres besoins, au détriment des habitants que ces lieux sont censés servir. »

Des témoignages et des constats antérieurs qui recoupent ces accusations

Ces allégations, qui émanent des services de sécurité israéliens et n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante sur place, s’inscrivent néanmoins dans la continuité de plusieurs constats antérieurs. En janvier dernier déjà, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières avait publiquement reconnu la présence d’hommes armés, dont plusieurs masqués, à l’intérieur du vaste complexe de l’hôpital Nasser, évoquant des cas d’intimidation de patients, d’arrestations arbitraires et de mouvements suspects d’armement, ce qui l’avait conduite à suspendre certaines activités médicales non critiques sur le site.

Un rapport publié en novembre 2025 par un défenseur des droits humains d’origine palestinienne américaine, Ahmed Fouad Alkhatib, avait par ailleurs recueilli le témoignage d’un activiste gazaoui anonyme affirmant avoir été détenu par le Hamas dans une cage métallique installée derrière le service de consultations externes du bâtiment Yassine, aux côtés de douze autres personnes, et y avoir subi des interrogatoires et des passages à tabac répétés.

Sur le plan politique, un sondage publié la semaine dernière par le Centre palestinien de recherche politique et d’enquête (PCPSR), institut indépendant de sondage palestinien, a fait état d’un net recul du soutien au Hamas tant à Gaza qu’en Cisjordanie — un contexte qui, selon Tsahal, expliquerait le recours accru de l’organisation à des méthodes d’intimidation pour maintenir son emprise sur la population.

Cette révélation s’inscrit dans une série d’accusations similaires portées par Israël depuis le début du conflit concernant l’usage par des groupes armés palestiniens d’infrastructures civiles, notamment hospitalières, à des fins militaires ou sécuritaires — un usage prohibé par le droit international humanitaire, qui accorde aux établissements de santé un statut protégé en temps de conflit.