L’armée de l’air israélienne redéploie un escadron d’hélicoptères Apache dans le nord d’Israël pour renforcer la défense des frontières

L’armée de l’air israélienne a achevé le redéploiement de son 190e escadron, équipé d’hélicoptères d’attaque AH-64A Apache — surnommés « Peten » (cobra) au sein de Tsahal —, depuis la base aérienne de Ramon, dans le sud d’Israël, vers la base aérienne de Ramat David, dans le nord du pays. L’escadron, connu en interne sous le nom de « Maga HaKessem » (« Toucher magique »), avait été accueilli mardi lors d’une cérémonie tenue sur la base de Ramat David.

Selon Tsahal, ce transfert vise à améliorer la disponibilité de la flotte d’hélicoptères de combat pour la défense des frontières du pays, en répartissant les escadrons entre le nord et le sud, conformément aux enseignements tirés de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Il s’agit du premier mouvement de ce type en un quart de siècle : pendant des années, l’armée de l’air n’avait maintenu qu’une présence limitée d’hélicoptères de combat dans le nord du pays, la majorité de la flotte étant concentrée au sud, à Ramon.

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Une leçon tirée directement du 7 octobre

Selon plusieurs médias israéliens, ce nouveau dispositif reflète la conclusion de l’establissement sécuritaire selon laquelle Israël a besoin d’une force permanente et immédiatement disponible, capable de répondre à des menaces le long de la frontière nord. La veille de l’attaque du 7 octobre 2023, seuls quatre hélicoptères Apache étaient en état d’alerte à l’échelle du pays tout entier : deux en alerte rapprochée pour un déploiement possible vers la frontière nord en quelques minutes, et deux autres en alerte plus longue pour la même zone. La quasi-totalité de la flotte, basée à Ramon, dans le Néguev, s’était alors retrouvée trop éloignée pour intervenir rapidement à Gaza le matin du massacre.

Le 190e escadron avait été créé en 1980 à la base aérienne de Palmahim, où il opérait initialement des hélicoptères MD 500 Defender. Il avait ensuite été transféré à Ramat David, avant d’être dissout en 1994 lors de l’intégration des premiers hélicoptères Apache au sein de l’armée de l’air israélienne, puis rouvert un an plus tard à Ramon. Sa mission principale consiste à appuyer les forces terrestres en mouvement et à défendre les frontières d’Israël. Au fil des décennies, l’escadron a participé aux principaux conflits et opérations du pays, dont les deux guerres du Liban et la seconde Intifada. Durant la guerre actuelle, il a fourni un appui-feu aux troupes au sol à Gaza et le long de la frontière nord, et a également participé à l’interception de drones lors des affrontements avec l’Iran.

Un dispositif qui répartit désormais la force entre nord et sud

Ce redéploiement s’inscrit dans le cadre des plans de l’armée de l’air pour l’année 2026, et a impliqué, selon un communiqué diffusé par l’armée de l’air sur X, une activité aérienne accrue dans le ciel du pays durant le transfert, sans qu’aucune inquiétude sécuritaire particulière ne soit associée à cette opération. La base de Ramon continue par ailleurs d’accueillir le 113e escadron « Hornet », qui opère la version plus avancée AH-64D « Saraf » (Longbow), dotée d’un système radar et de conduite de tir permettant des opérations tous temps et de nuit.

Ce mouvement intervient alors qu’Israël concentre une attention accrue sur la menace potentielle représentée par la présence militaire turque grandissante en Syrie, un dossier déjà traité dans plusieurs articles récents de notre site, concernant notamment la frappe menée sur la base aérienne syrienne d’Abou al-Douhour, près de la frontière turque. Plusieurs responsables militaires israéliens ont d’ailleurs reconnu que cette réorganisation des forces d’hélicoptères de combat s’inscrivait en partie dans cette même logique de vigilance renforcée face à l’évolution de la situation sécuritaire dans le nord.

Sur le plan plus large de l’équipement, l’armée de l’air israélienne avait déjà obtenu, en janvier dernier, l’approbation du département d’État américain pour l’achat potentiel de 30 hélicoptères Apache de la version la plus récente, l’AH-64E, dans le cadre d’un contrat estimé à 3,8 milliards de dollars. Même avant le 7 octobre, l’armée de l’air avait cherché à acquérir 40 exemplaires supplémentaires de ce modèle, après avoir conclu qu’un plan antérieur visant à remplacer les anciens AH-64A par des drones armés n’était pas réalisable à court terme.