Le gouverneur de la Banque centrale iranienne a fait mercredi soir une déclaration stupéfiante à la télévision d’État, annonçant que les exportations de pétrole du pays étaient tombées à zéro. « Il ne fait aucun doute que nous faisons face à des restrictions sur les exportations de pétrole. J’ai également parlé avec mes homologues irakien et qatari ; leurs revenus tirés de la vente de pétrole sont eux aussi tombés à zéro. La même chose nous est arrivée, et c’est une réalité : nous n’exportons pas de pétrole », a déclaré Abdolnaser Hemmati, gouverneur de la Banque centrale d’Iran, ajoutant que l’Iran s’était préparé à une telle situation.
« À l’heure actuelle, les exportations pétrolières iraniennes sont à l’arrêt. Nous n’exportons plus aucun pétrole du tout. C’est une réalité que nous reconnaissons. L’autre problème est que nous n’avons pas non plus accès à nos propres ressources financières », a-t-il ajouté.
Trump calls on Tehran to raise a white flag, while Iran is preparing to extend the war against the US and into Europe.
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THE CORPS OF THE GUARDIANS OF THE ISLAMIC REVOLUTION IS TAKING CONTROL OF ALL ARMED FORCES.
Wall Street Journal (WSJ): Iranian leadership has developed a… pic.twitter.com/4XfDPaYGeA
— 𝕊𝕡𝕣𝕚𝕟𝕥𝕖𝕣 𝕻𝕣𝕖𝕤𝕤 (@SprinterPress) August 19, 2026
Un pays pris en étau entre gel des avoirs et absence de revenus
L’Iran se retrouve ainsi pris en étau des deux côtés à la fois : ses avoirs demeurent gelés, et ses revenus pétroliers sont devenus quasiment inexistants. Hemmati a précisé que les États-Unis bloquaient l’accès de l’Iran à ses réserves de devises étrangères, et que les fonds censés être débloqués dans le cadre du mémorandum d’entente bilatéral conclu entre les deux pays n’avaient toujours pas été libérés. « La question de l’entente d’Islamabad et de la libération des ressources est un sujet distinct. Les ressources qui devaient être débloquées dans le cadre de cette entente ne l’ont pas encore été », a-t-il déclaré, en référence au mémorandum en 14 points signé en juin dernier avec la médiation du Pakistan et du Qatar, censé désamorcer les hostilités et ouvrir la voie à des négociations plus larges sur le programme nucléaire iranien.
Selon Hemmati, l’Irak avait pour sa part promis de régler les paiements qu’il devait encore à l’Iran, mais se heurtait lui-même à des difficultés financières en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz. Le gouverneur a par ailleurs souligné une différence fondamentale entre l’Iran et d’autres pays confrontés à une baisse de leurs revenus pétroliers : ces derniers, contrairement à Téhéran, peuvent puiser dans leurs réserves de devises pour compenser, une option qui reste fermée à l’Iran tant que ses avoirs demeurent gelés.
Un blocus naval qui pèse lourd sur l’économie iranienne
Cette déclaration intervient alors que la marine américaine maintient une présence renforcée dans le détroit d’Ormuz depuis le début des hostilités en février dernier, une situation qui a considérablement réduit la capacité de l’Iran à faire transiter ses cargaisons pétrolières. Selon des données citées par plusieurs médias, plus de 80 % des navires ayant emprunté le détroit ces deux dernières semaines l’ont fait par la route côté omanais, sous protection de la marine américaine, plutôt que par le corridor privilégié par la République islamique.
Les responsables iraniens avaient pourtant affiché, ces derniers mois, une position beaucoup plus optimiste concernant l’application du mémorandum d’entente, évoquant la mise en place d’un mécanisme de dérogation aux sanctions concernant les exportations énergétiques iraniennes, sous la supervision du bureau américain de contrôle des avoirs étrangers. Cet aveu de Hemmati marque ainsi un net changement de ton, reconnaissant publiquement l’échec, à ce stade, de la mise en œuvre concrète de cet accord.
Cette annonce s’inscrit dans la continuité de la nouvelle offensive économique lancée cette semaine par le président américain Donald Trump contre la République islamique, que celui-ci a qualifiée d’« opération économique la plus écrasante jamais menée contre un pays », ainsi que dans le prolongement plus large de la pression maximale exercée par Washington sur Téhéran depuis la reprise des hostilités au printemps dernier.






