Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’en est pris ce matin (lundi), lors d’une conférence de résidents à Efrat, aux critiques visant la participation du Premier ministre Benjamin Netanyahou au concert de la chanteuse Eden Ben Zaken.
« La gauche est violente et bâillonne. Si, à Dieu ne plaise, elle arrive au pouvoir, nous aurons ici un gouvernement de la saison », a déclaré Smotrich, employant une expression historique évoquant la traque des militants de l’Irgoun par la Haganah. Selon lui, un gouvernement de gauche s’emploierait à écarter le général Roman Gofman, le chef du Shin Bet David Zini et Yehouda Eliyahou, ainsi qu’à fermer la Chaîne 14.
Une polémique née d’une apparition surprise
À découvrir aussi :
Pour rappel, après que le Premier ministre Netanyahou eut pris la parole devant le public lors du spectacle de la chanteuse jeudi dernier au Hall Menora Mivtahim, la tempête déclenchée sur les réseaux sociaux a pris une tournure judiciaire. Deux plaintes en petites créances de 1 000 shekels chacune ont depuis été déposées contre la chanteuse et sa société de production, sur la base d’un « contenu politique non annoncé à l’avance ». L’une des plaignantes a fait valoir que si cette information avait été connue au préalable, elle n’aurait pas acheté de billets. Un autre plaignant, ayant déboursé 286 shekels pour deux places, affirme avoir quitté la salle en cours de spectacle, estimant avoir été contraint d’assister malgré lui à ce qu’il qualifie de « clip électoral » improvisé.
💙🤍💙
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sarah ont assisté à un spectacle d’Eden Ben Zaken.
Netanyahu : « Am Israël Haï . »Crédit : Adir Lehakim pic.twitter.com/MwLNMUyGsH
— David🎗Kfir 🇮🇱 (@DavidG54485524) August 20, 2026
Suite à cette controverse, plusieurs réactions ont afflué, notamment celle de l’ancienne otage Agam Goldstein-Almog, qui a vivement critiqué le Premier ministre dans une story publiée sur son compte Instagram, exprimant sa colère de le voir assister à ce spectacle alors qu’il ne l’aurait, selon elle, jamais contactée depuis sa libération de captivité à Gaza.
À l’inverse, les chanteurs Static et Eyal Golan ont pris la défense de Ben Zaken. Golan a écrit : « On peut avoir des avis différents, et c’est même tout à fait normal. Mais d’ici à l’acharnement, aux insultes, aux boycotts et à la haine envers quelqu’un qui apporte de la joie au peuple d’Israël, il y a un long chemin. »
Netanyahou répond lui aussi à la polémique
Tonight in Tel Aviv, Eden Ben Zaken sang the national anthem at a support rally for the families of the kidnapped and missing. pic.twitter.com/GynJZFxkRj
— Documenting Israel (@DocumentIsrael) December 2, 2023
Le Premier ministre lui-même a réagi à la controverse dans une story publiée sur les réseaux sociaux : « J’ai vu qu’on veut faire partir Eden Ben Zaken de « The Voice » », a commencé Netanyahou. « Dites-moi, qu’est-ce qui se passe ici ? C’est quoi, la police de la pensée ? »
Cette affaire illustre une nouvelle fois la porosité croissante entre scène culturelle et arène politique en Israël, dans un climat déjà tendu à l’approche d’échéances électorales majeures. Les propos de Smotrich, prononcés devant un public de résidents d’Efrat — une localité de Judée-Samarie particulièrement acquise à la droite et à la Ciona religieuse — s’inscrivent dans une rhétorique plus large qu’il développe depuis plusieurs mois, mettant en garde contre les conséquences d’une victoire électorale de la gauche sur des nominations sécuritaires clés comme celles du chef du Shin Bet ou du secrétaire militaire du Premier ministre.






