Israël envisage de riposter face à la Grande-Bretagne, qui a menacé d’imposer une interdiction totale sur tous les produits fabriqués en Judée-Samarie, en réaction au projet israélien de construction dans la zone E1, un secteur situé en zone C et placé sous la pleine juridiction israélienne. Une source citée par plusieurs médias indique qu’au-delà d’une possible expulsion de diplomates britanniques du centre de coordination pour Gaza, Israël envisage également d’autres mesures plus sévères, dans un contexte de tension croissante autour du dossier E1 entre Londres et Jérusalem.
Selon des informations concordantes publiées ces derniers jours, Israël étudie sérieusement la possibilité d’expulser des représentants britanniques de l’International Gaza Support Center (IGSC), le centre de coordination dirigé par les États-Unis et basé à Kiryat Gat, qui rassemble des représentants militaires et diplomatiques d’une cinquantaine de pays et organisations chargés de superviser le cessez-le-feu à Gaza et l’acheminement de l’aide humanitaire. Une source proche du dossier a précisé que d’autres mesures de rétorsion contre Londres étaient également à l’étude, tout en démentant les informations selon lesquelles l’Italie et l’Allemagne pourraient elles aussi être visées par une expulsion similaire.
Cette démarche s’inscrirait dans la continuité d’une politique déjà amorcée par Israël : le pays a récemment expulsé des représentants néerlandais, puis espagnols, de ce même centre de coordination, après que les Pays-Bas eurent adopté des restrictions commerciales visant les produits israéliens issus de Judée-Samarie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar avait alors averti qu’Israël ne laisserait pas de telles mesures sans réponse.
À découvrir aussi :
La crise actuelle avec le Royaume-Uni trouve son origine dans l’annonce, par Israël, d’appels d’offres pour la construction du projet E1, dans le secteur de Maalé Adoumim, à l’est de Jérusalem. Ce projet, vivement critiqué par plusieurs gouvernements européens, relierait la capitale israélienne à la ville de Maalé Adoumim, une continuité territoriale que ses détracteurs estiment susceptible de couper en deux la Judée-Samarie et d’isoler davantage Jérusalem-Est. Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Ed Miliband, avait qualifié la publication de ces appels d’offres d’acte « inacceptable et destructeur », affirmant que la Grande-Bretagne ne resterait pas les bras croisés face à ce qu’il a décrit comme une atteinte à la solution à deux États. Londres avait alors convoqué la chargée d’affaires israélienne pour lui signifier sa position.
Le ministre Saar avait rejeté ces critiques, les qualifiant de condescendantes, et avait rappelé que le peuple juif avait le droit de vivre sur l’ensemble de la Terre d’Israël, de la même manière que les Britanniques ont le droit de vivre à Londres et dans l’ensemble du Royaume-Uni.
Selon des informations relayées par la presse britannique, le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham, se préparerait à annoncer une interdiction complète des importations de produits israéliens issus de Judée-Samarie, ainsi que d’autres sanctions ciblant la politique israélienne d’implantation. Plus de 140 députés travaillistes, soit environ un tiers du groupe parlementaire, avaient déjà signé en juin une lettre ouverte adressée à la secrétaire aux Affaires étrangères Yvette Cooper, réclamant l’élargissement du régime de sanctions contre Israël et l’interdiction du commerce avec les implantations. D’autres élus travaillistes, réunis au sein de l’organisation Labour Friends of Israel, s’étaient toutefois opposés à toute mesure supplémentaire non ciblée, allant au-delà des sanctions déjà prises contre des colons extrémistes.
De son côté, le gouvernement britannique a averti Israël qu’une expulsion de ses diplomates du centre de coordination pour Gaza risquerait de fragiliser les efforts communs en cours dans le cadre du plan de paix pour l’enclave, insistant sur son engagement à continuer de travailler au sein de l’IGSC aux côtés des États-Unis, d’Israël et d’autres partenaires internationaux.
Les relations entre le Royaume-Uni et Israël se sont considérablement dégradées depuis que l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer avait reconnu l’État de Palestine l’année dernière, une décision également prise par la France à la même période. La semaine dernière, plus d’une centaine d’anciens diplomates français et britanniques avaient par ailleurs publié une lettre ouverte accusant Israël de détruire méthodiquement Gaza et sa population, peu après qu’Israël eut été condamné par onze pays, dont la France et le Royaume-Uni, pour la publication des appels d’offres du projet E1.
Sur le même sujet, à lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur les tensions explosives entre Netanyahou et le chef d’état-major Eyal Zamir, ainsi que notre article sur le chef d’état-major Eyal Zamir promettant de frapper le terrorisme en Judée-Samarie.






