Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclenché tôt ce matin un exercice de préparation militaire non annoncé, mettant à l’épreuve la chaîne de commandement de l’armée israélienne ainsi que ses forces de permanence face à un scénario de guerre soudaine et de grande ampleur sur plusieurs fronts à la fois.
L’exercice avait été maintenu dans le plus grand secret jusqu’à son déclenchement. Même les officiers supérieurs et les généraux de division n’en avaient reçu que peu, voire aucune, information préalable. Dès le début du scénario, les commandants issus de l’ensemble des commandements régionaux, des directions et des différentes branches de l’armée ont reçu l’ordre de rejoindre immédiatement leurs quartiers généraux respectifs.
Les forces de permanence ont elles aussi été mobilisées à travers toute l’armée, avec notamment le déploiement d’un bataillon par hélicoptère dans le cadre de cet exercice. Tsahal a prévenu la population israélienne qu’elle devait s’attendre, tout au long de la journée, à une activité aérienne militaire accrue ainsi qu’à des mouvements plus importants de forces de sécurité sur l’ensemble du territoire.
À découvrir aussi :
Un test grandeur nature de la chaîne de commandement
Eyal Zamir a supervisé l’ensemble de l’exercice depuis le centre de commandement principal de Tsahal, tout en se rendant également sur le terrain pour visiter des unités engagées dans le scénario. Des officiers de l’unité du Contrôleur de Tsahal ont par ailleurs été dépêchés dans plusieurs quartiers généraux afin d’observer, en conditions réelles, la manière dont commandants et unités réagissaient face à la surprise.
Selon l’armée, cet exercice a été conçu pour évaluer la capacité de Tsahal à basculer rapidement d’un fonctionnement de routine vers une situation d’urgence soudaine, complexe et déployée sur plusieurs fronts simultanément. L’objectif affiché est double : mesurer le niveau de préparation des états-majors supérieurs et vérifier la réactivité des forces maintenues en alerte immédiate.
Ce scénario ne sort pas de nulle part. L’armée précise qu’il intègre directement les enseignements opérationnels tirés de l’attaque du 7 octobre et des combats qui se sont déroulés depuis sur plusieurs fronts à la fois. Autrement dit, ce que Tsahal a vécu — et parfois découvert trop tard — lors de cette journée noire et dans les mois qui ont suivi nourrit aujourd’hui directement la manière dont l’armée teste sa propre capacité à réagir dans l’urgence.
Une préparation renforcée avant les fêtes juives
Tsahal indique que cet exercice surprise s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer la préparation militaire à tous les échelons, à l’approche de la période des fêtes juives. Ce calendrier n’est pas anodin : les grandes fêtes ont, par le passé, coïncidé avec des moments de vigilance accrue pour l’armée et les services de sécurité, et la survenue d’un exercice de cette nature à cette période précise confirme la volonté de l’état-major de ne rien laisser au hasard.
En mobilisant simultanément les commandements régionaux, les directions de l’armée et des forces de permanence jusque dans les airs, Zamir a voulu recréer les conditions d’un choc réel — celui d’une armée qui doit, en quelques minutes, passer d’un rythme normal à la gestion d’une crise multifront sans aucun délai d’adaptation. La présence d’observateurs du Contrôleur de Tsahal sur place, chargés d’analyser froidement chaque réaction, souligne à quel point cet exercice se veut aussi un outil d’évaluation qu’un simple entraînement.
Pour la population, la principale conséquence visible restera l’intensification du trafic aérien militaire et les mouvements de troupes observés dans plusieurs régions du pays au cours de la journée — des signes extérieurs d’un exercice interne dont l’ampleur réelle, elle, ne sera mesurée que dans les rapports remis à l’état-major une fois le scénario terminé.






