La communautĂ© Juive de Nice en colère apres l’attentat au camion : « Aucune sĂ©curitĂ© sur les lieux ! »

Carla (77 ans) et Raymonde (80 ans) Ben-Shimon, deux sĹ“urs de la ville d’Antibes, sont allĂ©es Ă  Nice pour participer aux cĂ©lĂ©brations du 14 juillet. Elles voulaient voir les feux d’artifice, mais maintenant Carla est Ă  l’hĂ´pital dans un Ă©tat grave, dans la ville en proie Ă  une attaque terroriste qui a laissĂ© 84 morts et des dizaines de blessĂ©s.

Sa soeur reste manquante et il est possible qu’elle ait Ă©tĂ© tuĂ©e, mais pas encore identifiĂ©e. Le fils de Carla, Albert, ainsi que sa soeur et ses cousins sont arrivĂ©s Ă  l’hĂ´pital. Son autre frère est en IsraĂ«l. «Ma fille vit aussi en IsraĂ«l», dit Albert. « Elle ne peut pas arrĂŞter de pleurer. Elle est si proche de sa grand-mère. « Carla a Ă©tĂ© placĂ©e sous anesthĂ©sie et les mĂ©decins luttent pour sauver sa vie. Tous les membres de la famille tentent de rester optimiste.

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Le choc et l’horreur continuent Ă  imprĂ©gner la communautĂ© juive de Nice, dont certains ont Ă©tĂ© sauvĂ©s par miracle de cette attaque mortelle. «Je voyais des gens tomber sur ma droite et ma gauche. J’ai entendu des balles voler dans les airs. J’Ă©tais presque Ă©crasĂ©e « , rappelle Sharona, une jeune fille juive d’origine iranienne qui vit Ă  Boston et Ă©tait en visite Ă  Nice lors de ses vacances.

Sharona est allĂ©e sur la promenade des Anglais avec sa mère, sa tante et son neveu de 15 ans, Daniel. Daniel est retournĂ© Ă  l’hĂ´tel parce qu’il avait froid. Peu de temps après, le camion est arrivĂ© sur les lieux.

Comme les gens ont essayĂ© de s’Ă©chapper, Sharona a Ă©tĂ© sĂ©parĂ©e de sa mère et sa tante. « Il a eu de la chance que nous nous sommes sĂ©parĂ©s, » a-t-elle expliquĂ©. Statistiquement, si nous Ă©tions restĂ©es ensembles, l’une d’entre nous aurait Ă©tĂ© touchĂ©e par le tir « .

BJ, un touriste juif d’Australie, qui a regardĂ© le chaos se dĂ©rouler de son hĂ´tel sur son balcon en face du boulevard, a Ă©galement racontĂ© l’histoire et la chance qu’il a eue. « Ma femme s’est cassĂ© la jambe il y a quelques jours et nous ne pouvions pas aller la- bas, » dit-il. « Nous avons dĂ©cidĂ© de regarder les feux d’artifice de l’hĂ´tel. J’ai vu le camion arriver et j’ai entendu les coups de feu. Au dĂ©but, je ne comprenais pas ce qui se passait. Ce fut un spectacle terrible. Des dizaines de corps ont Ă©tĂ© laissĂ©s sur le sol dans la rĂ©gion jusqu’au matin, quand les Ă©quipes de secours ont essayĂ© de les identifier et d’Ă©vacuer tous les blessĂ©s. Ce fut un moment extrĂŞmement difficile.  »

Dans la synagogue locale, les gens sont en colère et la consternation générale de la présence de peu de sécurité déployée à un tel événement populaire. «Je suis remplie de colère », a déclaré Lee Monick, une résidente à Nice. «Je voyais pratiquement pas de police dans les rues. »

Sa fille, qui doit donner naissance la semaine prochaine, s’est trouvĂ©e sans protection avec ses trois enfants quand les gens ont sautĂ© et couru dans la panique et les ont presque piĂ©tinĂ©s. Elle a tentĂ© de se cacher dans un restaurant mais le propriĂ©taire « ne voulait pas ouvrir, de peur que les gens lui fassent du dĂ©sordre Ă  l’ intĂ©rieur, » a-t-elle poursuivi. «Ma fille l’a forcĂ© Ă  ouvrir et toute la famille s’est cachĂ©e Ă  l’intĂ©rieur. Ensuite, la serveuse a essayĂ© de les expulser mais elle n’a pas abandonnĂ©. Les enfants pleuraient. Dieu merci,  la tragĂ©die a pris fin pour eux.  »

Jacqueline, qui s’est cassĂ© la hanche lors de l’attaque a dit : «J’ai utilisĂ© mon corps pour protĂ©ger les enfants et nous avons couru comme tout le monde. Les gens ont abandonnĂ© les poussettes et ont couru avec leurs enfants dans leurs mains. Pourquoi ne pas fermer l’endroit comme ils l’ont fait lors des championnats d’Europe de football ? « a-t-elle poursuivi. «Pourquoi n’ont-ils pas augmentĂ© le nombre de policiers. Je suis tellement en colère. »

Beaucoup de Juifs et IsraĂ©liens français se sont rĂ©unis dans la synagogue Chabad oĂą le rabbin leur a fourni de la nourriture. Une femme, Yenta Apfel de JĂ©rusalem qui Ă©tait Ă  Nice lors de l’attaque a comparĂ© la rĂ©ponse israĂ©lienne aux rĂ©actions de sĂ©curitĂ© françaises: «En IsraĂ«l, quelqu’un domine toujours rapidement les terroristes. Pourtant, ici, comment le terroriste rĂ©ussit-il Ă  parcourir une si grande distance et tuer tant de gens?  »