Ă€ cause d’un bol de soupe rĂ©chauffĂ© le Chabbat : la scène de violence d’une cliente dans un hĂ´tel d’Eilat

Ce devait ĂŞtre des vacances en famille au bord de la mer Rouge. Cela s’est terminĂ© en garde Ă  vue, une demande de prolongation de dĂ©tention, et une question d’enfant qui rĂ©sume tout : « Maman est allĂ©e en prison ? »

Une femme du centre du pays, la trentaine, mère de deux enfants, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e lors d’un sĂ©jour dans un hĂ´tel d’Eilat Ă  la suite d’une dispute qui a rapidement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Tout a commencĂ© un vendredi soir, Ă  l’heure oĂą le Chabbat venait d’entrer. La femme s’est adressĂ©e Ă  A., responsable de quart Ă  l’hĂ´tel, et lui a demandĂ© de rĂ©chauffer une soupe pour son fils âgĂ© de 8 ans et demi, diagnostiquĂ© sur le spectre autistique.

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La rĂ©ponse du responsable Ă©tait claire et conforme aux règles de l’Ă©tablissement : « Nous ne rĂ©chauffons pas d’aliments le Chabbat. Nous avons d’autres alternatives. » Un hĂ´tel casher, un Chabbat respectĂ© — la règle est connue et s’applique Ă  tous les clients sans exception.

La dispute, la gifle, la fuite

La cliente n’a pas acceptĂ© cette rĂ©ponse. Un accrochage verbal a rapidement Ă©clatĂ©. Selon les dĂ©clarations de A. aux enquĂŞteurs, la femme lui a lancĂ© des insultes et lui a dit : « Je vais te dĂ©truire le visage. » Puis elle est passĂ©e Ă  l’acte : une gifle en plein visage. A. a alors alertĂ© le responsable de la sĂ©curitĂ© de l’hĂ´tel et contactĂ© la police.

Quand les agents sont arrivĂ©s et ont demandĂ© Ă  la cliente de les accompagner, elle a refusĂ©. Sa rĂ©sistance a pris une forme particulièrement agressive : elle a mordu l’un des policiers. Les forces de l’ordre ont procĂ©dĂ© Ă  son arrestation, retenant contre elle les chefs d’accusation de menaces, agression sur un employĂ© d’hĂ´tel et agression sur fonctionnaire de police.

Regrets, mais prolongation de détention

Lors de son interrogatoire, la femme a admis les faits qui lui sont reprochĂ©s et exprimĂ© des regrets, affirmant avoir « perdu le contrĂ´le l’espace d’un instant ». Son avocat a plaidĂ© en faveur d’une libĂ©ration sous conditions restrictives, soulignant l’absence de casier judiciaire et la situation familiale — deux enfants en bas âge dont l’un de 3 ans et demi qui dĂ©pend de leur mère. Il a citĂ© les mots du fils aĂ®nĂ©, demandant avec inquiĂ©tude si sa mère Ă©tait en prison.

Les enquĂŞteurs ont cependant demandĂ© une prolongation du dĂ©lai de garde Ă  vue, invoquant la nĂ©cessitĂ© de poursuivre les investigations et le risque de voir la procĂ©dure entravĂ©e si elle Ă©tait libĂ©rĂ©e prĂ©maturĂ©ment. Le juge du tribunal de paix d’Eilat a tranchĂ© pour une prolongation de vingt-quatre heures, en tenant compte Ă  la fois de l’aveu et de la situation familiale. La police a indiquĂ© son intention de dĂ©poser ultĂ©rieurement un acte d’accusation devant le tribunal de paix de la ville, pour agression sur un policier, agression sur le directeur de l’hĂ´tel et menaces.

Cette affaire illustre, au-delĂ  de l’aspect judiciaire, une tension rĂ©elle qui surgit parfois en IsraĂ«l entre les règles de cacherout du Chabbat appliquĂ©es dans les Ă©tablissements hĂ´teliers kasher — et les besoins immĂ©diats de certains clients, notamment ceux voyageant avec des enfants aux besoins particuliers. Si la frustration est comprĂ©hensible, rien ne justifie le passage Ă  la violence physique — et encore moins contre des agents de police dans l’exercice de leurs fonctions.


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