« Je crains de sortir de chez moi, aujourd’hui je porte  un gilet pare-balles Ă HĂ©bron, Kiryat Arba et mĂŞme JĂ©rusalem. L’attaque que j’ai subie me fait dĂ©cider les choses rapidement, il n’y a pas de temps Ă perdre ».
Ce sont les mots de Meir Pavlovsky, 25 ans, qui a été grièvement blessé dans une attaque au couteau le 8 octobre à la porte ouest de Kiryat Arba.
Nous arrivons au troisième mois de l’actuelle vague de terreur, Pavlovsky a dĂ©clarĂ© Ă Ynet qu’il est constamment en train de faire tout ce qu’il peut pour se protĂ©ger : « Je ne veux pas mourir, et je ne veux pas me retrouver dans la mĂŞme situation ».
Les statistiques montrent que, depuis l’attaque de jets de pierres qui a tuĂ© Alexander Levlovich, Ă Roch Hachana, l’Intifada s’est dĂ©clenchĂ©e : 22 IsraĂ©liens ont Ă©tĂ© assassinĂ©s et 276 blessĂ©s dans 170 incidents terroristes.
Ce lundi, 11 personnes ont rejoint cette liste suite à une attaque de véhicules, dont un bébé de 15 mois.
«Il m’a poignardĂ© six fois au ventre et dans le dos », a dĂ©clarĂ© Pavlovsky, rappelant l’attaque qui a changĂ© sa vie. « J’ai un traitement mĂ©dical compliquĂ© pour mes poumons, le foie et les intestins ».
« J’ai perdu trois litres de sang sur la route de l’hĂ´pital. Je criai « Chema IsraĂ«l » et j’ai eu peur de mourir », a-t-il poursuivi. Quand il est arrivĂ© Ă l’hĂ´pital, il a Ă©tĂ© envoyé directement Ă la salle d’opĂ©ration, et il ne s’est rĂ©veillĂ© que le lendemain de l’attaque.
Pavlovsky a Ă©tĂ© hospitalisĂ© pendant 12 jours avant de rentrer. « La pĂ©riode de rĂ©habilitation a Ă©tĂ© difficile, parce que les mĂ©dicaments m’ont fait perdre l’appĂ©tit. Je ne mangeais rien et j’Ă©tais fatiguĂ© toutes les deux heures ».
«Je suis encore faible et je suis lentement en train de revenir Ă une vie normale, mais c’est très difficile », a poursuivi Pavlovsky.
Nuits blanches
L’adjudant Moshe Hen reçoit toujours une thĂ©rapie psychologique. Il a des difficultĂ©s d’endormissement le soir et, quand il se rappelle de l’attaque dans laquelle il a Ă©tĂ© blessĂ©, il pleure.
Le 11 octobre, Hen, un agent de la circulation en Samarie et de la police dans le district de JudĂ©e, a dĂ©jouĂ© une attaque terroriste qui a pris fin dans une Ă©norme boule de feu quand une terroriste arabe a fait exploser un engin dans sa voiture, Ă quelques mètres de lui au poste de contrĂ´le d’Al Zaim.
« Au dĂ©but, je ne sentais rien », dit Hen. « Tout le monde est venu Ă l’hĂ´pital pour m’interviewer, j’ai reçu un traitement mĂ©dical pour les brĂ»lures partout sur mon corps, et j’Ă©tais sur une autre planète ».
« Après quelques jours, je me suis rendu compte de ce qui Ă©tait arrivĂ©. Le traitement est devenu très difficile.Cela a commencĂ© avec les nuits blanches et pendant les moments difficiles, je me suis souvenu de l’attaque et comment par miracle, j’ai survĂ©cu », a poursuivi Hen.
« Aujourd’hui, je suis en train de revenir Ă ma routine complète. »
Après une hospitalisation de deux jours, Chen a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© Ă son domicile et a tentĂ© de dĂ©marrer une nouvelle vie. Il est retournĂ© au service de police relativement rapidement, mais il prend une pause de travail sur le terrain. « Je suis en train de faire le travail de gestion » a-t-il dit. « Il est très difficile pour moi de revenir sur les routes avec un gilet pare-balles et une arme. Je n’en suis pas encore lĂ . Je sais que j’ai sauvĂ© beaucoup de gens et empĂŞchĂ© une  plus grande attaque, et c’est peut-ĂŞtre ce qui me donne de la force tous les jours, mais l’addition est lourde ».
Cauchemars constants
« Je vois toujours les images et je sens les odeurs qui Ă©taient là  », a dĂ©clarĂ© le caporal Daniel Hirush, qui a Ă©tĂ© grièvement blessĂ© dans une attaque le 18 octobre Ă Â la station centrale de bus Ă Beer Sheva.Le cĹ“ur de Hirush s’est arrĂŞtĂ© de battre Ă deux reprises, mais les mĂ©decins lui ont sauvé la vie, de façon miraculeuse.
Hirush est maintenant au dĂ©but d’un processus d’une longue rĂ©habilitation, après laquelle il va revenir au service militaire. Mais pour l’instant, dit-il, sa vie est devenue un cauchemar continu. « Je dors Ă peine », a-t-il dit. »Au moment oĂą je m’endors, la nuit, je me rĂ©veille d’un cauchemar et ça prend beaucoup de temps pour me rendormir. Les nuits affectent le matin, et les matins affectent les jours ».
Depuis qu’il s’est rĂ©veillĂ© après un mois de coma artificiel, il a peur de rester seul, mĂŞme pour un moment. « Quand je suis Ă©veillĂ©, je suis toujours nerveux et tendu, et j’ai besoin d’ĂŞtre toujours Ă cĂ´tĂ© de gens près de moi », a dĂ©clarĂ© Hirush. « J’Ă©vite de voir les actualitĂ©s ou les films, je regarde très peu la tĂ©lĂ©vision car j’ai  peur que quelque chose dĂ©clenche mes souvenirs.  Je crains d’entendre parler de toute attaque terroriste, de sorte que je n’Ă©coute pas, ne regarde pas et n’ai aucun intĂ©rĂŞt pour ce qui se passe autour de moi ».
Pendant ce temps, les mĂ©decins de Hadassah Medical Center ont luttĂ© pour sauver le pied d’un bĂ©bĂ© d’un an et trois mois  qui a subi des blessures modĂ©rĂ©es Ă graves dans une attaque terroriste Ă JĂ©rusalem lundi. L’enfant a finalement Ă©tĂ© amputĂ©, et aujourd’hui les mĂ©decins vĂ©rifient si les veines du moignons sont viables pour lui permettre de porter une prothèse.




