À quelques heures du délai : des Israéliens de l’étranger peinent à vérifier leur droit de vote

Les Israéliens résidant à l’étranger et qui prévoient de rentrer au pays pour aller voter se plaignent d’un dysfonctionnement généralisé des systèmes gouvernementaux censés leur permettre de vérifier leur inscription sur les listes électorales. Cette panne survient à peine 24 heures avant la date limite fixée pour régulariser cette inscription.

Selon la loi électorale, seuls les citoyens figurant sur les listes électorales ont le droit de voter dans les bureaux de scrutin. Or, les Israéliens dont le centre de vie ne se trouve pas en Israël sont parfois radiés de ces listes, que ce soit à la suite d’une demande volontaire de suppression de leur statut de résident, ou pour d’autres raisons administratives. Concrètement, cela signifie que des citoyens ayant prévu d’investir du temps et de l’argent pour se rendre en Israël le jour du scrutin risquent de découvrir, une fois sur place, qu’ils ne sont en réalité pas autorisés à voter. À l’heure actuelle, aucune solution technologique ne leur permet de vérifier leur statut avant de réserver leur billet d’avion.

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La frustration est grande parmi les Israéliens de la diaspora. Omer, un Israélien résidant à Vienne, a raconté avoir tenté de vérifier son droit de vote par tous les moyens possibles, y compris via WhatsApp, par SMS et par serveur vocal, sans qu’aucune de ces plateformes ne fonctionne. Selon lui, bien que lui-même et de nombreux autres Israéliens paient des cotisations à l’Assurance nationale (Bitouah Leumi) et soient considérés comme citoyens à part entière, ce droit fondamental de participer au scrutin leur est aujourd’hui refusé de facto.

Omer n’est pas le seul à rencontrer ce problème. Un post publié par Yaya Fink, candidat à la Knesset pour le parti des Démocrates, appelant les Israéliens de l’étranger à venir voter, a suscité des dizaines de réactions de citoyens décrivant une situation similaire, affirmant ne pas pouvoir vérifier comment ni même s’ils pourraient voter. Au-delà de la panne des systèmes, plusieurs internautes ont également affirmé avoir reçu des informations erronées de la part de différents organismes, comme l’affirmation infondée selon laquelle il ne serait pas possible de voter avec un passeport israélien valide, mais uniquement avec une carte d’identité.

Le député Gilad Kariv s’est adressé au président de la commission électorale, le juge Sohlberg, ainsi qu’au directeur général par intérim de la commission électorale et au directeur général du ministère de l’Intérieur, leur demandant de prolonger le délai de rectification des données des électeurs, en raison des dysfonctionnements du service public. Kariv a souligné que le droit de vote revêt un statut constitutionnel central, et qu’il ne saurait être question de faire porter aux citoyens les conséquences des défaillances des autorités.

De son côté, le ministère de l’Intérieur a indiqué s’être préparé en amont pour offrir au public un service de vérification de l’inscription sur les listes électorales et de repérage du bureau de vote, à travers un large éventail de canaux : site du ministère, centre d’appels téléphonique, formulaire en ligne, SMS et service WhatsApp. Le ministère a précisé avoir enregistré ces derniers jours un volume de demandes exceptionnel et sans précédent, provoqué par la diffusion sur les réseaux sociaux de publications et d’informations imprécises, ce qui a conduit de nombreux citoyens, notamment des Israéliens se trouvant à l’étranger, à effectuer des vérifications simultanées sur plusieurs canaux de service à la fois.

Face à cet afflux exceptionnel de demandes, le ministère de l’Intérieur affirme avoir renforcé son dispositif de service, élargi les horaires d’ouverture du centre d’appels téléphonique, et procédé actuellement à une mise à niveau importante de son service WhatsApp, afin de l’adapter à la charge des demandes et d’améliorer la réponse apportée au public. À l’exception du service WhatsApp, actuellement en cours de mise à niveau, les autres canaux de service ont continué, selon le ministère, à fonctionner normalement. Le ministère précise par ailleurs que ses centres d’information s’efforcent de rappeler l’ensemble des personnes ayant contacté les services, de sorte que chaque demande reçoive une réponse.

Cette situation rappelle que le vote des Israéliens de l’étranger a déjà par le passé été source de complications logistiques, certains citoyens ayant vu par le passé leur vol annulé ou retardé au point de les empêcher d’arriver à temps pour voter. À la veille du scrutin de 2026, la question de l’accès effectif au droit de vote pour la diaspora israélienne se pose donc à nouveau avec une acuité particulière.


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