Ă€ l’âge de 96 ans, la reine Elizabeth II est dĂ©cĂ©dĂ©e hier (jeudi), qui a rĂ©cemment fĂŞtĂ© ses 70 ans de règne. Charles, 73 ans, l’homme qui a hĂ©ritĂ© du trĂ´ne britannique ce mĂŞme soir, a jusqu’Ă prĂ©sent jouĂ© un rĂ´le central et positif dans les relations entre la Maison de Windsor et l’État juif ainsi que l’ancienne communautĂ© juive du Royaume-Uni.
Son père, le prince Philip, dĂ©cĂ©dĂ© l’annĂ©e dernière, a en effet Ă©tĂ© le premier Ă briser le boycott officieux d’IsraĂ«l par la famille royale britannique, lorsqu’il a effectuĂ© une visite privĂ©e en IsraĂ«l en 1994 et s’est rendu sur la tombe de sa mère, la princesse Alice, qui est enterrĂ© Ă JĂ©rusalem.

Son fils et nouvel hĂ©ritier du trĂ´ne, le prince William, Ă©tait en effet le premier membre de la famille royale Ă effectuer une visite officielle en IsraĂ«l en 2018, mais Charles, âgĂ© de 73 ans, Ă©tait le royal britannique qui a le plus de fois visitĂ© IsraĂ«l jusqu’Ă prĂ©sent : deux visites privĂ©es aux funĂ©railles des premiers ministres Yitzhak Rabin en 1995 et de l’ancien prĂ©sident Shimon Peres en 2016 et la première visite officielle du prince hĂ©ritier en janvier 2020 Ă l’occasion du Forum international sur la Shoah
Il n’y a pas de paix, nous n’arriverons pas
Elizabeth II est devenue reine près de quatre ans après la crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l, Ă la fin d’une lutte militaire sanglante entre les mouvements clandestins juifs et le rĂ©gime britannique sous mandat. Au cours des sept dĂ©cennies de son règne, Elizabeth a visitĂ© des dizaines de pays, mais pas IsraĂ«l, mĂŞme si, proche de son ascension au trĂ´ne, le Premier ministre de l’Ă©poque, David Ben Gourion, a Ă©voquĂ© l’idĂ©e conciliante d’IsraĂ«l rejoignant le Commonwealth britannique, une initiative qui n’a finalement pas abouti.
La maison royale n’est pas celle Ă l’origine de la non-arrivĂ©e d’Elizabeth en IsraĂ«l. Le Foreign Office britannique est celui qui dĂ©termine le programme de voyage des fils et filles de la famille royale. La princesse Diana, la première Ă©pouse du roi Charles III, s’est plainte Ă ses amis proches avant sa mort que le ministère britannique des Affaires Ă©trangères l’empĂŞchait de se rendre en IsraĂ«l. L’annonce officielle au nom du Foreign Office britannique Ă©tait : l’absence de progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens, mais, au cours des quatre dernières annĂ©es, ce raisonnement a perdu sa validitĂ©, entre autres grâce au resserrement des liens entre les deux pays, et donc peut-ĂŞtre Charles III – qui est nĂ© en 1948, a discutĂ© de l’Ă©tablissement d’IsraĂ«l, le premier monarque britannique Ă visiter IsraĂ«l.

Un grand ami de la communauté juive en Grande-Bretagne
Charles est considĂ©rĂ© comme un grand ami de la communautĂ© juive de Grande-Bretagne et a un profond engagement personnel dans la lutte contre l’antisĂ©mitisme. Il a reçu l’inspiration pour son attitude positive envers les Juifs de sa grand-mère Alice, la mère de son père, la princesse de Grèce et du Danemark qui a sauvĂ© les Juifs des nazis Ă Athènes occupĂ©e pendant la Seconde Guerre mondiale.

En tant que prince héritier, Charles était le patron de quatre organismes juifs en Grande-Bretagne : la World Jewish Relief Organization, le Jewish Museum, le Holocaust Remembrance Day Fund et la Jewish Boys and Girls Brigade, le plus ancien mouvement de jeunesse du royaume.
Il Ă©tait Ă l’origine de la crĂ©ation du Centre communautaire juif de Cracovie, en Pologne, après avoir, lors d’une visite dans la ville en 2002, soulignĂ© le sort des survivants de l’Holocauste et des vestiges de la communautĂ© juive.
Le centre a Ă©tĂ© ouvert grâce au gĂ©nĂ©reux financement accordĂ© par Charles en 2008 en prĂ©sence de Charles et de sa seconde Ă©pouse, Camilla. Charles est celui qui a fixĂ© la mezouzah Ă l’entrĂ©e du centre.
En tant que rĂ©gent, Charles a visitĂ© de nombreuses synagogues en Grande-Bretagne et Ă l’Ă©tranger et Ă©tait prĂ©sent lors d’Ă©vĂ©nements de la communautĂ© juive britannique. Il lui a apportĂ© son soutien total pendant la crise de l’antisĂ©mitisme au sein du Parti travailliste sous la direction de Jeremy Corbyn, ce qui a poussĂ© de nombreux Juifs britanniques Ă envisager de quitter leur patrie.

« Holocauste et esclavage »
RĂ©cemment, Charles a ajoutĂ© Ă sa collection d’art royal sept portraits de survivants de l’Holocauste, qu’il a lui-mĂŞme commandĂ©s afin que la mĂ©moire des survivants demeure mĂŞme après leur dĂ©cès.
Dans le discours de la reine, qu’il a prononcĂ© Ă la place de sa mère au Parlement britannique en mai dernier, Charles a annoncĂ© l’intention du gouvernement britannique de promulguer une loi interdisant aux conseils locaux d’adopter les initiatives du mouvement de boycott anti-israĂ©lien, BDS.

Dans l’un des derniers discours qu’il a prononcĂ©s en dehors des frontières de la Grande-Bretagne en tant que rĂ©gent, Charles a provoquĂ© des critiques lorsqu’il a appelĂ© Ă l’inclusion du sujet de l’Holocauste et de l’esclavage dans les programmes scolaires. La comparaison qu’il a faite entre les deux sujets dans un discours qu’il a prononcĂ© Ă Kigali, la capitale du Rwanda, a provoquĂ© un malaise chez les dirigeants de la communautĂ© juive britannique, malgrĂ© les bonnes intentions de celui qui est aujourd’hui le roi de Grande-Bretagne.




