Un bras de fer inédit oppose actuellement Israël à l’organisation humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF), après la décision israélienne de retirer son autorisation officielle d’opérer dans la bande de Gaza et en Judée-Samarie. En cause : le refus de l’organisation de se conformer à une nouvelle procédure de réenregistrement et de fournir la liste complète de ses employés, dans un contexte de soupçons sécuritaires graves.
Selon des responsables israéliens, cette décision s’inscrit dans une révision globale du cadre juridique applicable aux ONG internationales actives dans les territoires palestiniens. Ces dernières sont désormais tenues, en vertu d’une décision gouvernementale récente, de finaliser un processus de réenregistrement strict, incluant la transmission d’informations détaillées sur leurs personnels locaux et étrangers. Les autorités affirment que cette mesure fait suite à la découverte de liens avérés entre certains employés d’ONG et des organisations terroristes.
Israël : « MSF a refusé de coopérer »
Dans ce cadre, plus d’une dizaine d’organisations internationales ont reçu des lettres officielles les informant que leur licence serait révoquée à compter du 1er janvier si elles ne respectaient pas les nouvelles exigences. Parmi elles figure Médecins Sans Frontières, dont le dossier a suscité une attention particulière.
Le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires – COGAT) affirme que MSF a refusé de transmettre la liste de ses employés, comme requis par la loi. Dans un communiqué publié en anglais sur le réseau X, l’organisme israélien a déclaré :
« Ce n’est probablement pas un hasard si MSF a refusé de coopérer. Des employés de Médecins Sans Frontières ont été identifiés par le passé comme membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien ».
Les autorités israéliennes affirment disposer de preuves documentées démontrant que certains membres du personnel local de MSF ont participé à des activités terroristes, parfois même en uniforme du Hamas. Ces accusations ont été accompagnées de publications de photos et de dossiers déjà diffusés par COGAT au cours des derniers mois.
MSF dénonce un « étranglement bureaucratique »
De son côté, Médecins Sans Frontières a confirmé que son autorisation n’avait pas été renouvelée, tout en affirmant attendre une régularisation rapide afin de poursuivre ses activités humanitaires « conformément aux nouvelles directives israéliennes ». L’organisation a vivement critiqué Israël, estimant que les exigences administratives imposées constituent un « goulot d’étranglement » nuisant gravement au système de santé à Gaza.
Dans son communiqué, MSF a avancé des chiffres impressionnants concernant son action en 2025 :
– traitement de 100 000 cas de stress post-traumatique,
– réalisation de 22 700 interventions chirurgicales,
– assistance à 10 000 accouchements,
affirmant ainsi soutenir « une naissance sur trois » et « un lit d’hôpital sur cinq » dans la bande de Gaza.
Israël conteste les chiffres et parle de « désinformation »
Ces affirmations ont été fermement rejetées par COGAT, qui les qualifie de « mensongères et trompeuses ». Selon les données israéliennes, depuis le début du cessez-le-feu actuel, MSF n’a fait entrer que 95 camions d’aide humanitaire, alors que des dizaines de milliers de camions ont pénétré à Gaza via l’ensemble des mécanismes internationaux.
Toujours selon COGAT, l’empreinte réelle de MSF sur le terrain est bien plus limitée que ce que l’organisation affirme :
– 5 cliniques médicales sur 220 seulement à Gaza,
– 2 hôpitaux de campagne sur 15,
– 18 établissements médicaux existants, sur un total bien supérieur.
« Les tentatives de MSF de se présenter comme un acteur central de la réponse médicale à Gaza ne correspondent pas à la réalité opérationnelle », a déclaré l’organisme israélien. « S’ils souhaitaient réellement contribuer à l’effort humanitaire, ils coopéreraient avec les autorités au lieu de dissimuler des informations essentielles ».
Un précédent aux lourdes implications
Cette confrontation marque un tournant majeur dans les relations entre Israël et les ONG internationales opérant dans les zones de conflit. Jérusalem affirme que la sécurité nationale ne peut être compromise, même au nom de l’action humanitaire, et insiste sur la nécessité d’un contrôle strict afin d’empêcher l’infiltration terroriste sous couverture humanitaire.
L’affaire MSF pourrait ainsi servir de précédent pour d’autres organisations, à l’heure où Israël durcit sa politique vis-à-vis des acteurs internationaux présents à Gaza. Elle met également en lumière une question sensible et explosive : jusqu’où peut aller la neutralité humanitaire lorsque certains de ses représentants sont accusés de collusion avec des groupes armés.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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