L’engagement du président argentin Javier Milei de transférer l’ambassade de son pays à Jérusalem, présenté comme un geste politique fort en faveur d’Israël, traverse une zone de turbulences diplomatiques. Alors que le chef de l’État argentin avait assuré à plusieurs reprises que cette décision serait concrétisée au printemps, les préparatifs du transfert sont aujourd’hui gelés, en raison de tensions apparues entre Buenos Aires et Jérusalem.
Lors de sa visite officielle en Israël l’an dernier, Javier Milei avait marqué les esprits par un discours particulièrement chaleureux à la Knesset. Il y avait affirmé que l’Argentine se tiendrait « sans ambiguïté » aux côtés d’Israël dans ce qu’il avait décrit comme un combat moral entre le bien et le mal. Dans la foulée, il avait annoncé que son pays reconnaîtrait Jérusalem comme capitale d’Israël en y transférant son ambassade, à l’image de ce qu’ont déjà fait les États-Unis et quelques autres pays.
Cependant, selon des informations rapportées par des sources diplomatiques israéliennes, les préparatifs logistiques et protocolaires liés à ce transfert ont été suspendus. En cause : une vive colère des autorités argentines liée aux activités d’une société énergétique israélienne opérant, par l’intermédiaire d’une filiale britannique, dans la zone maritime entourant les îles Malouines. Ces territoires, administrés par le Royaume-Uni, sont revendiqués depuis des décennies par l’Argentine, qui considère toute activité économique étrangère dans la zone comme une atteinte à sa souveraineté.
À Buenos Aires, cette affaire est perçue comme un affront politique. Des responsables argentins estiment qu’Israël aurait dû intervenir pour empêcher cette société de mener des opérations de forage dans une zone aussi sensible. À Jérusalem, les autorités rappellent qu’il s’agit d’une entreprise privée et que le gouvernement israélien n’a ni autorité ni base légale pour bloquer ses activités à l’étranger.
Face à la montée des tensions, le ministre israélien des Affaires étrangères a tenté d’apaiser la situation par un message public, exprimant des regrets quant aux « sentiments difficiles » suscités en Argentine, tout en soulignant l’importance stratégique des relations bilatérales entre les deux pays. Il a également rappelé que le différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni concernant les îles Malouines devait être résolu par le dialogue et les voies diplomatiques.
En coulisses, des diplomates israéliens estiment toutefois que cette crise sert de prétexte à certains cercles au sein de l’appareil diplomatique argentin, historiquement opposés au transfert de l’ambassade à Jérusalem. Selon ces sources, une partie du ministère argentin des Affaires étrangères craint qu’un tel geste n’entraîne des répercussions économiques, notamment un boycott des exportations de viande argentine par des pays arabes, un secteur vital pour l’économie nationale.
Malgré ces résistances, Javier Milei n’a pas publiquement renié sa promesse. Ses proches assurent qu’il reste personnellement déterminé à concrétiser le transfert de l’ambassade, mais reconnaissent que les contraintes diplomatiques et économiques ralentissent le calendrier initial. En Israël, l’optimisme demeure mesuré : on continue de croire à la volonté du président argentin, tout en admettant que la décision finale pourrait être repoussée.
Cette affaire illustre les limites du volontarisme idéologique face aux réalités de la diplomatie internationale. Le transfert d’une ambassade à Jérusalem reste un acte hautement symbolique, lourd de conséquences politiques et économiques. La question reste désormais ouverte : la promesse de Javier Milei deviendra-t-elle un acte historique concret, ou rejoindra-t-elle la liste des engagements différés sous la pression géopolitique ?
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢





