Après al-Sissi, Orban et Erdogan, un nouveau proche de Trump invité au Conseil de la paix

FILE PHOTO: Hungarian Prime Minister Viktor Orban speaks during a media briefing in Budapest, Hungary, December 21, 2022. REUTERS/Marton Monus/File Photo

L’initiative diplomatique lancée par le président américain Donald Trump pour l’après-guerre à Gaza prend une ampleur inattendue. Washington a officiellement invité le président russe Vladimir Putin à rejoindre ce qui est désormais appelé le « Conseil de la paix », une structure internationale que la Maison-Blanche souhaite mettre en place pour superviser des processus de stabilisation et de reconstruction dans plusieurs zones de conflit, à commencer par la bande de Gaza.

La confirmation est venue directement du Kremlin, qui a indiqué étudier la proposition américaine et se tenir prêt à engager des discussions avec l’administration Trump sur les contours de cette nouvelle instance. Moscou n’a pas encore donné de réponse définitive, mais le simple fait que l’invitation ait été acceptée comme sérieuse marque un tournant diplomatique notable, compte tenu des relations complexes entre Washington et Moscou ces dernières années.

Une initiative américaine d’ampleur mondiale

Selon plusieurs sources diplomatiques, Donald Trump a adressé des lettres officielles à près de 60 pays, afin de constituer la première composition du Conseil. L’objectif affiché est de créer une plateforme de dirigeants capable d’agir rapidement, en dehors des lourdeurs institutionnelles traditionnelles, pour gérer des crises internationales majeures.

Contrairement à l’interprétation initiale de nombreux observateurs, ce Conseil ne serait pas limité à la seule question de Gaza. Un responsable américain cité dans la presse israélienne explique que la bande de Gaza constitue « le premier dossier opérationnel », mais que la structure est pensée comme un cadre global, susceptible d’intervenir sur d’autres théâtres de tension à l’avenir.

Des alliés assumés de Trump parmi les premiers participants

Parmi les dirigeants ayant déjà confirmé leur participation figurent plusieurs alliés politiques notoires de Donald Trump. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a été l’un des premiers à répondre favorablement, confirmant son alignement stratégique avec Washington. La Hongrie est rejointe par des pays d’Amérique latine et d’Asie, dont l’Argentine, le Paraguay, l’Albanie et le Vietnam.

Sur le plan régional, Trump a également convié des acteurs clés du Moyen-Orient : le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le roi Abdallah II, ainsi que le président turc Recep Tayyip Erdoğan. Leur participation souligne la volonté américaine d’impliquer à la fois des partenaires occidentaux et des puissances régionales directement concernées par les équilibres sécuritaires autour de Gaza.

L’invitation de Vladimir Poutine, un signal politique fort

L’entrée potentielle de la Russie dans ce Conseil constitue l’élément le plus sensible de l’initiative. Vladimir Poutine n’est pas le seul dirigeant issu de l’ex-espace soviétique à avoir été approché. Selon l’agence Reuters, le président biélorusse Alexandre Loukachenko aurait également reçu une invitation, tandis que le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev aurait déjà donné un accord de principe.

Pour l’administration Trump, l’intégration de Moscou vise à éviter toute marginalisation de la Russie sur les grands dossiers internationaux et à prévenir la création de canaux diplomatiques parallèles qui affaibliraient l’initiative américaine. Pour le Kremlin, l’invitation offre une opportunité de réaffirmer son statut de puissance incontournable, y compris sur des dossiers où son rôle n’est pas directement militaire.

Un « mini-ONU » selon certains analystes

En Israël, plusieurs experts militaires et diplomatiques décrivent le Conseil de la paix comme une tentative de refonte partielle de la gouvernance mondiale. Le lieutenant-colonel (réserve) Amit Yagur a ainsi qualifié l’initiative de « mini-ONU combiné à une sorte de nouvelle OTAN politique », soulignant que Trump chercherait à contourner les blocages récurrents des institutions onusiennes.

Selon les documents de travail évoqués par des sources diplomatiques, les membres du Conseil seraient nommés pour des mandats de trois ans. Toutefois, une clause prévoit que les États contribuant à hauteur d’un milliard de dollars au fonds de reconstruction pourraient obtenir un siège permanent, un mécanisme qui suscite déjà des critiques sur la possible « marchandisation » de l’influence diplomatique.

Gaza comme premier test

Le premier défi concret du Conseil serait la gestion du « jour d’après » à Gaza. Les États-Unis envisagent la nomination d’un haut-commissaire spécial, assisté d’un comité exécutif chargé de la reconstruction civile, de la coordination sécuritaire et de la supervision des flux financiers internationaux.

Parmi les figures pressenties pour jouer un rôle clé figurent le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le conseiller présidentiel Jared Kushner, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, déjà impliqué par le passé dans des missions internationales au Moyen-Orient.

Inquiétudes et résistances internationales

Cette initiative ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs diplomates européens expriment, en coulisses, leur crainte d’un affaiblissement supplémentaire de l’ONU. Certains États, dont le Canada, l’Italie et plusieurs pays nordiques, ont indiqué soutenir l’idée sur le principe, tout en demandant des garanties juridiques et financières avant toute participation formelle.

L’Union européenne, représentée par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, a reçu une invitation officielle mais n’a pas encore communiqué de position définitive.

Une recomposition diplomatique en gestation

Au-delà de Gaza, le Conseil de la paix apparaît comme un outil stratégique central du second mandat de Donald Trump, destiné à redéfinir les rapports de force internationaux. L’invitation adressée à Vladimir Poutine illustre la volonté américaine de rassembler, autour d’une même table, des dirigeants aux intérêts parfois opposés, mais jugés indispensables à la stabilité mondiale.

Reste à savoir si cette ambitieuse architecture diplomatique parviendra à dépasser les déclarations d’intention pour produire des résultats concrets, dans un contexte international marqué par une fragmentation croissante des alliances et une méfiance persistante envers les initiatives unilatérales de Washington.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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