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Après la guerre : l’Union européenne augmente la pression et menace de remettre en cause l’accord central avec Israël

L‘Union europĂ©enne s’efforce d’accroĂ®tre la pression sur IsraĂ«l dans le contexte de la guerre Ă  Gaza et des critiques de nombreux pays. Joseph Burrell, le ministre des Affaires Ă©trangères de l’Union europĂ©enne, qui est largement considĂ©rĂ© comme l’un des facteurs critiques d’IsraĂ«l, a annoncĂ© hier qu’il avait invitĂ© le ministre des Affaires Ă©trangères Israel Katz Ă  une discussion sur l’accord d’association, qui est considĂ©rĂ© comme l’accord le plus important entre IsraĂ«l et l’Union europĂ©enne.

Ces derniers jours, il est apparu pour la première fois qu’en raison de soupçons de violations des droits de l’homme par IsraĂ«l dans la guerre Ă  Gaza, l’avenir de l’accord d’association serait Ă  l’ordre du jour. Lors de la rĂ©union des ministres des Affaires Ă©trangères de l’Union europĂ©enne la semaine dernière, la question a Ă©tĂ© abordĂ©e, mĂŞme si la question des droits de l’homme n’est presque toujours pas abordĂ©e lors des rĂ©unions sur l’accord d’association. Les pays critiques Ă  l’égard d’IsraĂ«l, comme l’Irlande, la Belgique et l’Espagne, ont rĂ©cemment exprimĂ© leur intĂ©rĂŞt pour un rĂ©examen de l’accord avec IsraĂ«l.

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Cet accord, ou sous son nom officiel, « Accord d’association UE-IsraĂ«l », entrĂ© en vigueur en 2000, constitue la base juridique de toutes les relations entre l’État d’IsraĂ«l et l’Union europĂ©enne. Il rĂ©glemente entre autres les relations commerciales, l’économie et la coopĂ©ration dans de nombreux domaines.

Israel Katz et le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Sjournat (Photo : Reuters)
Israel Katz et Stéphane Sejourne, ministre français des Affaires étrangères Photo : Reuters

Le ministère des Affaires Ă©trangères n’a pas l’intention de participer Ă  une confĂ©rence sur ce sujet dans un avenir proche, mĂŞme s’il est clair que Burrell a l’intention de la tenir dans les semaines Ă  venir. En IsraĂ«l, ils prĂ©fèrent attendre au moins dĂ©but juillet, lorsque la prĂ©sidence de l’Union europĂ©enne passera de la Belgique, pays critique Ă  l’égard d’IsraĂ«l, Ă  la Hongrie, pays considĂ©rĂ© comme sympathique et favorable Ă  IsraĂ«l et Ă  sa politique.

Une autre considĂ©ration qui affecte la dĂ©cision de l’État d’IsraĂ«l d’attendre sa rĂ©ponse aux Ă©vĂ©nements est le fait que le Parlement europĂ©en, qui entamera son nouveau mandat Ă  la mi-juillet, devrait se montrer beaucoup plus sympathique Ă  l’Ă©gard d’IsraĂ«l. Lors des Ă©lections lĂ©gislatives qui se dĂ©roulent ce week-end dans les 27 pays de l’Union, une grande victoire est attendue pour les partis de droite, qui, selon les estimations, pourraient occuper jusqu’Ă  deux tiers des 720 sièges du scrutin du parlement. Avec le dĂ©but de ses travaux Ă  la mi-juillet, il est probable que le Parlement soutiendra davantage de rĂ©solutions soutenant IsraĂ«l et moins de rĂ©solutions opposĂ©es Ă  IsraĂ«l.

Dans environ deux semaines, le ministre des Affaires Ă©trangères Yisrael Katz devrait se rendre en Hongrie et mobiliser un soutien supplĂ©mentaire pour IsraĂ«l. Il devrait notamment rencontrer le ministre hongrois des Affaires Ă©trangères Petar Sierto, le prĂ©sident hongrois Tamas Soliuk et Ă©ventuellement le Premier ministre Viktor Orban. Dans le contexte de la volontĂ© de Burrell d’engager maintenant des discussions avec IsraĂ«l, le ministre des Affaires Ă©trangères Israel Katz a lancĂ© une activation politique aux missions israĂ©liennes dans l’Union europĂ©enne, dans le but d’influencer leurs positions et de les rallier aux cĂ´tĂ©s d’IsraĂ«l.

Dans quelques mois, Borrell devrait terminer son poste de commissaire européen à la politique étrangère. Les responsables israéliens l’attaquent pour cette démarche et prétendent qu’il tente d’obtenir un gain politique personnel, peut-être pour le prochain poste qu’il pourrait occuper à Bruxelles. Depuis le début de la guerre, l’Espagnol Borel est connu pour adopter une position critique à l’égard d’Israël.

Les responsables israĂ©liens estiment qu’en dĂ©pit des critiques adressĂ©es Ă  IsraĂ«l ces derniers mois, il n’y a aucune crainte d’annulation de l’accord d’association. Cet accord constitue, entre autres, la base juridique qui permet Ă  diffĂ©rents pays de l’Union de promouvoir les acquisitions de dĂ©fense avec IsraĂ«l, prĂ©cisĂ©ment Ă  un moment oĂą une course aux armements est Ă©vidente dans toute l’Europe, sur fond de crainte croissante d’un conflit direct avec IsraĂ«l. 

Par exemple, la semaine dernière, Willa Tabio, ministre du DĂ©veloppement et du Commerce extĂ©rieur de Finlande, a dĂ©clarĂ© que son pays s’opposait Ă  d’Ă©ventuelles sanctions commerciales de l’Union europĂ©enne contre IsraĂ«l. « Nous avons des raisons de nous opposer Ă  cela, c’est un pays de haute technologie avec une industrie qui mĂ©rite d’ĂŞtre mise Ă  la disposition de l’Union europĂ©enne, et nous avons Ă©galement un commerce de sĂ©curitĂ© avec IsraĂ«l », a-t-il dĂ©clarĂ©. Comme vous vous en souviendrez peut-ĂŞtre, en novembre, le ministère de la DĂ©fense a annoncĂ© la signature d’un accord pour la fourniture Ă  la Finlande du système de dĂ©fense aĂ©rienne israĂ©lien « David’s Slingshot », pour un coĂ»t d’environ 1,3 milliard de shekels.

Outre la Hongrie, qui devrait devenir prĂ©sidente de l’Union europĂ©enne Ă  partir du 1er juillet, plusieurs autres pays en IsraĂ«l devraient s’opposer Ă  des modifications de l’accord d’association ou Ă  l’imposition de sanctions contre IsraĂ«l. Entre autres, la Grèce, la RĂ©publique tchèque, Chypre, la Roumanie et l’Autriche devraient s’y opposer. L’Allemagne devrait Ă©galement se tenir aux cĂ´tĂ©s d’IsraĂ«l, mais elle considère le rassemblement comme une opportunitĂ© pour IsraĂ«l et non comme un problème, dans la mesure oĂą cela pourrait torpiller une initiative visant Ă  imposer des sanctions ou Ă  annuler l’accord.