Après la révélation d’Amit Segal, Netanyahou ne s’y attendait pas : le bloc pro-Netanyahou se renforce dans les sondages

La scène politique israélienne connaît un nouveau retournement après la révélation faite par le journaliste Amit Segal concernant une possible recomposition du camp d’opposition. Selon un sondage publié ce vendredi dans le quotidien Maariv, le bloc soutenant le Premier ministre Benjamin Netanyahou enregistre une progression et atteint désormais 50 mandats, contre 57 pour l’opposition, sans inclure les partis arabes. Un résultat qui surprend jusqu’au sein du camp gouvernemental, et que Netanyahou lui-même n’aurait pas anticipé à ce stade.

Contrairement au précédent sondage, qui annonçait un renforcement du camp anti-Netanyahou, la nouvelle enquête d’opinion montre une dynamique inverse. Le bloc de droite et ses alliés gagnent un mandat supplémentaire, signe d’une consolidation progressive malgré un contexte politique et sécuritaire tendu. Cette évolution intervient peu après la révélation d’un scénario politique porté par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, exposé publiquement par Amit Segal, et qui visait à créer une alliance stratégique entre plusieurs figures majeures de l’opposition.

L’un des enseignements les plus marquants du sondage concerne précisément cette hypothèse d’union. Selon les données publiées, une fusion entre Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Yair Lapid – présentée par certains comme une carte maîtresse pour renverser Netanyahou – ne profiterait pas à l’opposition. Pire encore, une telle alliance ferait perdre un mandat à ce bloc. Dans ce scénario, la liste commune obtiendrait 37 sièges, tandis que le mandat perdu reviendrait directement au Likoud, renforçant ainsi le parti de Netanyahou.

Ce résultat met en lumière une réalité politique complexe : l’électorat israélien ne semble pas automatiquement récompensé les unions artificielles, même lorsqu’elles rassemblent des personnalités de premier plan. L’idée d’un « super-bloc » de l’opposition, censé maximiser les chances de battre Netanyahou, pourrait au contraire brouiller les lignes idéologiques et démobiliser une partie des électeurs.

Dans la configuration actuelle, le Likoud de Benjamin Netanyahou apparaît comme le grand gagnant du sondage. Le parti se renforce et atteint 27 mandats, confirmant son statut de première force politique du pays. En deuxième position arrive le parti « Bennett 2026 », mené par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, avec 22 mandats. Cette performance place Bennett comme l’alternative principale à Netanyahou, mais sans pour autant lui permettre, à ce stade, de construire une majorité claire.

La liste commune des partis arabes devient la troisième force politique avec 13 mandats, un résultat stable qui confirme son poids électoral, bien qu’elle reste en dehors des principaux jeux de coalition dans la plupart des scénarios. Elle est suivie par le parti « Yashar! » de Gadi Eisenkot, crédité de 10 mandats, un score honorable mais insuffisant pour s’imposer comme un pivot central sans alliances solides.

Plus loin dans le classement, deux autres partis d’opposition se retrouvent à égalité avec 9 mandats chacun : « Les Démocrates » dirigés par Yaïr Golan, et « Israël Beitenou » d’Avigdor Lieberman. Les partis religieux Shas et Otzma Yehudit sont également à égalité, avec 8 mandats chacun, consolidant leur rôle traditionnel d’alliés potentiels dans une coalition menée par la droite.

Un autre point notable du sondage est le recul significatif de certaines formations politiques. « Yesh Atid » de Yair Lapid et « Judaïsme unifié de la Torah » obtiennent chacun 7 mandats, un résultat modeste pour des partis qui ont joué un rôle central ces dernières années. Plus frappant encore, plusieurs partis ne franchiraient pas le seuil électoral dans ce scénario : le parti des réservistes de Yoaz Hendel, « Bleu-Blanc » de Benny Gantz, ainsi que le parti du sionisme religieux de Bezalel Smotrich.

Ces chiffres traduisent une fragmentation persistante du paysage politique israélien, mais aussi une fatigue de l’électorat vis-à-vis des recompositions répétées et des alliances tactiques. La révélation d’Amit Segal, loin de renforcer l’opposition, semble avoir mis en évidence ses fragilités stratégiques. L’idée qu’une union de leaders suffirait à battre Netanyahou ne convainc manifestement pas une majorité d’électeurs.

Pour Netanyahou, ce sondage représente un signal encourageant. Alors que ses adversaires cherchent encore la formule gagnante, son bloc montre une capacité de résilience et une base électorale stable. Même sans majorité absolue, la tendance actuelle suggère que toute tentative de le marginaliser politiquement pourrait produire l’effet inverse et renforcer le Likoud.

À ce stade, aucun camp ne dispose d’une majorité claire pour former un gouvernement sans négociations complexes. Toutefois, la dynamique révélée par ce sondage montre clairement que les cartes ne sont pas redistribuées au détriment de Netanyahou, bien au contraire. L’opposition, quant à elle, devra sans doute repenser sa stratégie si elle souhaite transformer son potentiel électoral en véritable alternative de pouvoir.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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