Après la tempête : Israël pourra-t-il vraiment se défendre sans les États-Unis ?

Un tollĂ© public et politique s’est dĂ©veloppĂ© ce matin après que le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden a dĂ©clarĂ© qu’il n’inviterait pas le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu Ă  la Maison Blanche et a critiquĂ© la manière dont son gouvernement gère la lĂ©gislation.

Les commentaires ont provoquĂ© une vague de rĂ©actions de colère qui appelaient, entre autres, Ă  la rupture de la dĂ©pendance d’IsraĂ«l vis-Ă -vis des États-Unis. Le dĂ©putĂ© Nissim Vaturi du Likud a mĂŞme dĂ©clarĂ© dans une interview Ă  Radio 103FM : « Si nous devons nous dĂ©fendre, nous allons le faire sans les États-Unis, mĂŞme s’ils ne nous soutiennent pas. » Vaturi n’est pas le seul Ă  le penser et ses paroles ont suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions similaires.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Il convient de noter qu’au-delĂ  de l’aide civile et politique, par exemple le droit de veto amĂ©ricain Ă  l’ONU qui aide IsraĂ«l, l’alliance stratĂ©gique avec les États-Unis est considĂ©rĂ©e comme l’atout le plus important pour la sĂ©curitĂ© de État d’IsraĂ«l, de la zone iranienne Ă  la petite bande de Gaza.

A JĂ©rusalem, ils savent très bien qu’un scĂ©nario d’attaque des sites nuclĂ©aires en Iran sans l’aide et le soutien amĂ©ricains n’est pas possible. MĂŞme si une telle attaque n’est qu’israĂ©lienne, on s’attend Ă  ce qu’elle entraĂ®ne les États-Unis, dont les forces sont stationnĂ©es dans la rĂ©gion, dans une guerre rĂ©gionale qui devrait Ă©clater si une telle attaque se produit.

Au-delĂ  de cela, une telle attaque nĂ©cessiterait que les États-Unis envoient Ă  IsraĂ«l d’Ă©normes quantitĂ©s d’armes qui rempliraient les entrepĂ´ts d’urgence de Tsahal, qui seraient vidĂ©s selon tous les scĂ©narios testĂ©s par l’establishment sĂ©curitaire.

Des soldats ont-ils vraiment Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  cause d’un embargo amĂ©ricain Ă  Tsuk Etan?

Un autre argument avancĂ© par le dĂ©putĂ© Vaturi dans l’interview est qu’un embargo sur les armes sur les missiles Apache Hellfire par les États Unis a entrainĂ© la mort des soldats lors de l’opĂ©ration Tsouk Etan. » Vaturi a Ă©tĂ© interrogĂ© par l’intervieweur Gideon Oko : Des soldats ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  cause de l’embargo sur les armes lors de l’administration d’Obama ? A quoi Vaturi a rĂ©pondu : « Oui ».

En ce qui concerne cette affirmation, des sources bien informĂ©es du système de dĂ©fense affirment qu’il n’y a eu aucun cas oĂą un hĂ©licoptère n’a pas dĂ©collĂ© avec ces missiles parce qu’il y avait une pĂ©nurie. Ce qui s’est passĂ©, c’est un retard dans la livraison des missiles en raison de divergences d’opinion entre les gouvernements amĂ©ricain et israĂ©lien Ă  l’Ă©poque de Netanyahu et d’Obama, mais ils n’aurait jamais atteint le niveau oĂą l’armĂ©e de l’air n’avait pas de tels missiles. Mais ce retard volontaire de livraison peut avoir aussi eu des consĂ©quences indirectement sur le nombres de missiles limitĂ©s Ă  utiliser lors de cette pĂ©riode trouble.

Les États-Unis transfèrent chaque annĂ©e 3,8 milliards de dollars Ă  IsraĂ«l. Avec cet argent, nous avons achetĂ© des avions F-35I, des missiles, des bombes intelligentes, etc. En fait, ces jours-ci, il y a en fait des employĂ©s du fabricant de F-35 « Lockheed Martin » au Nabatim base de l’armĂ©e de l’air qui aide Ă  la mise en Ĺ“uvre et Ă  l’exploitation de ces avions.

MĂŞme si nous n’avions pas l’argent amĂ©ricain, IsraĂ«l n’abandonnerait pas les armes amĂ©ricaines, pour la simple raison qu’elles sont les meilleures et que l’establishment de la sĂ©curitĂ© veut que Tsahal ait les meilleures armes.

Au-delĂ  de cela, si les États-Unis dĂ©cident d’envoyer un message Ă  IsraĂ«l, ils ont la possibilitĂ© de dĂ©sactiver des formations entières dans l’armĂ©e de l’air, accessoirement aussi dans l’armement terrestre et en gĂ©nĂ©ral, les importations et exportations de dĂ©fense d’IsraĂ«l, comme par exemple, inclure des composants et une technologie amĂ©ricaine, sans parler du financement.

Tout cela est vrai non seulement pour le reste du monde. Les États-Unis sont un soutien stratĂ©gique pour IsraĂ«l et une partie de la dissuasion d’IsraĂ«l envers ses ennemis. Mais ils sont Ă©galement importants aux niveaux infĂ©rieurs. Par exemple, après l’opĂ©ration Wall Guardian, le stock de missiles intercepteurs de type Tamir du Dome  de fer a diminuĂ© au plus bas.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu s’est alors adressĂ© au prĂ©sident amĂ©ricain Biden avec une demande d’aide pour reconstituer le stock. Quelques mois plus tard, les AmĂ©ricains ont transfĂ©rĂ© un milliard de dollars Ă  IsraĂ«l pour reconstituer le stock d’intercepteurs. Et ce, après une petite opĂ©ration Ă  Gaza. Imaginez la situation dans une guerre contre le Liban ou une guerre multi-zones.

L’aide amĂ©ricaine Ă  la dĂ©fense est supĂ©rieure Ă  ces 3,8 milliards de dollars, car dans les grands cercles, la valeur de l’argent est bien supĂ©rieure et permet Ă  IsraĂ«l de fonctionner avec un budget de dĂ©fense qui ne reprĂ©sente que 5 Ă  6 % du PIB. Dans les annĂ©es 1980, le budget de la dĂ©fense reprĂ©sentait environ 25 % du budget de l’État, ce qui a entraĂ®nĂ© une inflation folle et le quasi-effondrement de l’Ă©conomie israĂ©lienne.

Le Premier ministre Netanyahu connaĂ®t ces donnĂ©es et certainement aussi celles qui sont classifiĂ©es. Nous savons  très bien que les États-Unis font Ă©galement partie de « l’ambiguĂŻtĂ© nuclĂ©aire » d’IsraĂ«l et de ses capacitĂ©s stratĂ©giques supplĂ©mentaires, y compris dans le domaine du renseignement . Il faut comprendre que des dommages aux relations avec les États-Unis nuiront directement Ă  la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l.

[signnoff]